Marie Prosper Auguste STOFFEL

[ Wissembourg (67) , 03/11/ 1861 – Beaulieu-sur-Mer (06) , 02/04/ 1940 ]

magistrat

Maire de Sélestat (1918-1925). Officier de la Légion d’Honneur (1920).

Biographie vosgienne

1898 — Les Alsaciens-Lorrains, tome 2 / Louis Jouve

STOFFEL Marie Prosper Auguste.- Né à Wissembourg le 3 novembre 1861, est substitut du procureur de la République près le tribunal de première instance de Nancy.

Une fois docteur en droit, M. Stoffel entra dans la magistrature.

Il avait été avocat à Nancy ; il fut juge suppléant à Bar-le-Duc le 20 mai 1890 ; puis substitut du procureur à Saint-Dié le 22 mars 1892, ensuite à Lunéville le 24 novembre 1895, à Épinal le 5 janvier 1895 et au poste qu’il occupe actuellement.

1980 — Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne

Marie-Prosper-Auguste STOFFEL

Magistrat. Maire de Sélestat.

Né le 3 novembre 1861 à Wissembourg, décédé le 2 avril 1940 à Beaulieu-sur-Mer.

Fils d’Auguste Stoffel (né à Sélestat le 11 juillet 1828 et décédé le 25 octobre1914), conseiller honoraire à la Cour d’Appel de Nancy et d’Anne-Marie Charlotte Mélanie Demontzey de Saint-Dié. Épouse Marguerite Alice Lallement (née en 1866, décédée le 21 novembre 1936 à Nancy). Deux enfants, dont Robert, président de l’Automobile-Club de Lorraine.

École primaire à Sélestat jusqu’en 1870, puis -sa famille ayant opté pour la France- à Lure ; études secondaires au Collège des jésuites de Dôle. Études de droit avec doctorat à Nancy suivant ainsi les différentes étapes de la carrière paternelle.

Entra dans la magistrature en 1890. Après un court passage au Tribunal de Saint-Dié, sa carrière toute entière se déroula à Nancy, où il fut successivement substitut du procureur, juge d’instruction puis juge (1902).

Comme son père, il joua un rôle important dans les milieux alsaciens à Nancy après la guerre de 1870, maintenant l’espoir de revenir dans la province perdue. Avec ses parents d’abord, puis avec ses enfants, il revenait chaque année en vacances dans le Ritterhof, la maison familiale de Sélestat.

Lorsque la ville de Nancy prépara sa grande exposition industrielle et commerciale de 1909, il convainquit les organisateurs a créer un village alsacien. Grâce à une souscription à Nancy, mais aussi auprès de négociants strasbourgeois et mulhousiens, il put acquérir une maison typique alsacienne à Zutzendorf non loin d’Ingwiller, qui fut démontée avec tous les bâtiments d’exploitation attenants. L’ensemble fut remonté pierre par pierre et poutre par poutre dans la section alsacienne de l’exposition dont Stoffel fut l’animateur. La maison fut meublée dans le strict respect de la tradition grâce à l’aide de Léon Dollinger, le Directeur du Musée alsacien de Strasbourg. Après un nouveau démontage, elle fut installée définitivement dans la parc Ste-Marie où elle fournit le cadre du Musée et conservatoire d’art populaire alsacien fondé à l’initiative de Stoffel et inauguré en juin, à la veille de la 1ère Guerre mondiale.

Quelques jours après l’armistice, Stoffel retourna à Sélestat et fut en date du 7 décembre 1918 président de la commission municipale de sa ville natale par Mr Maringer, haut-commissaire du gouvernement à Strasbourg. A ce titre, il reçut en gare de Sélestat, le 10 décembre, le président de la République Raymond Poincaré qui se rendait avec sa suite de Strasbourg à Colmar pour son premier voyage officiel en Alsace et en Lorraine du 7 au 11 décembre 1918). Dans son allocution de remerciement, le président le salua d’un cher cousin. En effet, son arrière cousin était apparenté par sa mère à la famille Poincaré. Une plaque commémorative apposée sur la façade de la gare de Sélestat rappelle cette visite. Il fut élu Maire de Sélestat le 10 décembre 1919. Il accueillit encore le Président Poincaré (20 août 1919) ainsi que le Président Alexandre Millerand (29 mai 1923) venu remettre à la Ville de Sélestat la Croix de Guerre.

Dès le début de sa magistrature, il fit adopter par le Conseil Municipal de la Ville l’appellation définitive de la ville : Sélestat à la place de l’ancien Schletstadt. Au cours de son mandat, Stoffel eut a gérer l’adaptation de la cité dans le cadre de l’administration française. Entre autres travaux, il fit entreprendre une restauration extérieure de l’église St-Georges. Aux élections municipales de 1925, il dut laisser sa place à son successeur, le Docteur Auguste Bronner. A la déclaration de la guerre, il se retira définitivement à Beaulieu-sur-Mer.

Il ne fut inhumé dans le carré familial du cimetière de Sélestat que le 19 mai 1949. Nommé maire honoraire et citoyen d’honneur de la Ville en 1933. Officier de la Légion d’Honneur. Officier de l’Instruction publique.

Il était Docteur en Droit.

[Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, 1980-2007], notice de Jean-Claude Hahn. Résumé de ses services figurant dans son dossier de demande de la Légion d’Honneur :
Services militaires : du 7 novembre 1879 au 7 novembre 1880, engagé conditionnel d’un an au 9ème régiment de Hussards de Belfort.

Services Judiciaires :
- 20 mai 1890 : juge suppléant à Bar-le-Duc.
- 24 mars 1892 : substitut à Saint-Dié.
- 20 novembre 1894 : substitut à Lunéville.
- 5 janvier 1895 : substitut à Épinal.
- 25 juillet 1895 : substitut à Nancy.
- 30 avril 1902 : juge d’instruction à Nancy.

Services extra-judiciaires :
- secrétaire de la commission administrative du Conservatoire de musique de Nancy.
- secrétaire-trésorier de la Caisse de secours des musiciens de l’Orchestre du Conservatoire de Nancy.
- administrateur et secrétaire de la société de secours mutuels d’Alsace-Lorraine.
- membre de la Commission du bureau de bienfaisance de Nancy pour les habitations de familles nombreuses.
- Vice-Président de l’Automobile Club de Lorraine.
- Organisateur du village alsacien de l’Exposition de Nancy.
- Trésorier de l’association du musée alsacien de Nancy.

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