Julia BERTRAND

[ ? (88) , 14/02/ 1877 – Romainville (93) , 25/03/ 1960 ]

institutrice

Militante anarchiste.

Biographie vosgienne

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

BERTRAND (Julia), institutrice, militante anarchiste
( ?, vers 1877 - Romainville, vers 1960)

Elle est institutrice à Gerbépal en 1905, à Biffontaine en 1911, à Harol en 1913, à Charmois-l’Orgueilleux en 1915.

Militante de la Libre Pensée, elle est déléguée au congrès international de ce mouvement à Paris en 1905. Elle accueille à Biffontaine la conférencière féministe Gabrielle Petit en 1911 ; elle écrit dans La Femme affranchie, journal dont Gabrielle Petit est la directrice, et en 1913 dans La Vrille, journal publié par l’anarchiste Loquier à Épinal. C’est dans ce périodique qu’elle lance, le 30 novembre 1913, un appel pour la création d’une section lorraine de l’Institut franco-allemand pour la réconciliation.

Julia Bertrand milite également au sein du syndicat des instituteurs. Pacifiste engagée dans l’action contre la guerre de 1914, elle est dénoncée par le maire de Charmois-l’Orgueilleux et envoyée dans un camp de suspects en 1915. Remise en liberté à la suite de la protestation de la fédération de l’enseignement, elle est cependant révoquée par le conseil départemental et exerce alors à La Ruche, établissement scolaire fondé par Sébastien Faure au Pâtis à Rambouillet accueillant des enfants orphelins ou en situation familiale difficile, jusqu’à la fermeture en novembre 1917. Elle n’est réintégrée dans l’enseignement public qu’en 1925, à l’issue d’une campagne active menée par le S.N.I.

Elle exerce alors dans la région parisienne, tout en collaborant au Libertaire où elle prend position contre le tabagisme, la vivisection, l’objection de conscience, et à plusieurs autres revues anarchistes dont l’En Dehors. Elle devient, en 1924, secrétaire pour la région parisienne de la Ligue d’action anti-catholique fondée par Lorulot en 1919.

Ayant tout perdu durant la seconde guerre mondiale dans le bombardement de Noisy-le-Sec où elle habite, elle meurt en avril ou mai 1960.


Bibl. : Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, publié sous la dir. de Jean Maitron, Paris : les Éditions ouvrières (30 vol. parus de 1964 à 1989), tome X, p. 282.


[Albert Ronsin].

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