1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
BOURLÉMONT (Famille de)
La famille des sires de Bourlémont est issue de l’ancienne lignée des sires de Brixey qui a porté le titre comtal durant deux générations au cours du XIème siècle. Au début du siècle suivant, la forteresse de Bourlémont est attribuée par un évêque de Toul à Pierre de Brixey, chevalier époux d’Hersende. Leurs trois enfants, Pierre, Simon et Hersende, épouse d’Hugues, sire de Bauffremont, apparaissent pour la première fois dans un document en juin 1149.
Le premier d’entre eux devient le mari d’Ide de Froville, mais il meurt sans avoir eu d’enfant. Le second contracte un mariage brillant. Agnès de Commercy, sa femme, est en effet la petite-fille de Renaud 1er, comte de Bar et de Gisèle de Lorraine-Vaudémont. Son patronyme primitif s’efface après 1172, et il est nommé désormais Simon, sire de Bourlémont dans tous les actes. Les domaines qu’il abandonne à l’abbaye naissante de Mureau de 1149 à sa disparition survenue vers 1188, sont très nombreux.
Pierre, sire de Bourlémont, son fils et successeur est vassal du comte de Champagne pour ses châteaux de Bourlémont et de Rorthey. En février 1220, il se déclare homme-lige du comte de Bar pour l’un de ses autres fiefs. Il s’agit sans doute de la seigneurie de Domremy où il dispose d’une maison forte que ses successeurs reprendront plus tard des souverains du Barrois. Il figure également parmi les bienfaiteurs de l’abbaye de Mureau. Son mariage avec Félicité de Joinville lui permet de devenir l’oncle du célèbre Jean de Joinville, sénéchal de Champagne et ami du roi saint Louis. Il décède prématurément vers 1225-1230, après avoir eu deux enfants : Joffroi, sire de Bourlémont, dont nous parlerons plus loin et Elisabeth de Bourlémont, épouse d’Hugues IV, sire de La Fauche, mort en Égypte durant la septième croisade.
Pierre, sire de Bourlémont, fils de Joffroi, dilapide le patrimoine de ses prédécesseurs. En février 1275, il vend son fief de Chermisey pour 1400 livres à Huon Tripotel, chevalier, ancien bourgeois de Neufchâteau. Son désaccord avec l’abbaye de Mureau entretenu en sous-main par le roi Philippe le Bel dure plus de vingt ans. Finalement, en juillet 1291, il renonce à son droit de garde du monastère et de ses dépendances, lesquelles sont situées à Avranville, Mont-lès-Neufchâteau, Bourlémont, Frebécourt, Greux, Domremy, Bréchainville, Housselmont, Charmes-la-Côte, Pargny-devant-Toul, Toul, Moncel, Gouécourt, Rouceux, Chermisey et aux Roises. Tout ce que l’abbé de Mureau possède en fief et arrière-fief de lui doit être désormais gardé par le roi de France qui s’implante ainsi profondément dans cette région. A titre de dédommagement, Pierre reçoit une somme de 900 livres. Son comportement frappe suffisamment l’opinion pour qu’il devienne le héros d’un roman de chevalerie. Il meurt entre 1309 et 1310. Jeanne de Choiseul, son épouse lui donne huit enfants.
Jean, sire de Bourlémont, l’aîné, assure la continuation de la lignée. Nous parlerons plus loin de Thomas de Bourlémont, évêque de Toul, son frère.
A partir du milieu du XIVème siècle, l’important patrimoine foncier qui dépend du château de Bourlémont est divisé. Henri, sire de Bourlémont, fils de Jean, obtient la moitié de ces biens qui reviennent ensuite à sa fille Jeanne, épouse de Jean Saladin d’Anglure. L’autre partie est dévolue à Jean de Bourlémont, écuyer, sire de Domrémy, marié avec Catherine de Bauffremont-Ruppes.
Pierre de Bourlémont, l’aîné de leurs quatre enfants, disparaît sans descendant le 4 avril 1412.
Bibl. : Poull (G.).- Le Château et les seigneurs de Bourlémont, tome I, Les sires de Bourlémont, 1962, p. 11 à 116. Catalogue des actes, p. 119 à 166.
Poull (G.).- Le Sire de Bourlémont et la fée, in Les Cahiers d’histoire de biographie et de généalogie, N° 1, 1965.
Poull (G.).- Les Sires de Parroye, 1972, p. 13 et 14.
[Georges Poull].