1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
COLLENNE (Joseph Désiré), journaliste, maire d’Épinal
(Raon-aux-Bois, 27 mars 1801- Épinal, 1856 ?)
Après ses études à Épinal, Strasbourg et Paris, il s’inscrit au tableau des avocats d’Épinal et le 3 janvier 1828, il est nommé conseiller de préfecture. Révoqué en 1830 par le gouvernement de Louis Philippe, il revient au barreau et en 1832 participe à la fondation du Journal des Vosges, organe de presse libéral qui paraîtra jusqu’en 1853. Collenne en est le rédacteur principal.
En 1834, il est élu conseiller municipal d’Épinal et nommé maire par ordonnance royale du 20 octobre 1843. Il conserve son poste jusqu’en 1848.
De tendance conservatrice modérée, il accepte mal les perturbations dues à l’avènement de la Seconde République et il se range du côté des bonapartistes. Néanmoins, il est à nouveau destitué le 2 février 1854 du poste de conseiller de préfecture qu’il avait recouvré après février 1848. Il se retire de toute vie publique et s’intéresse au droit et aux sciences.
Il a publié :
- Du droit de pêche et de la propriété des cours d’eau.
- De la numération décimales et du système métrique (1839).
- Le Système octaval ou la numération des poids et mesures réformés (1840).
Bibl. : D.B.F., tome IX, col. 261.
[
Albert RONSIN
, Les Vosgiens célèbres ]
2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
COLLENNE Joseph (Désiré)
(6 mars 1801, Raon-aux-Bois – 11 janvier 1868, Épinal)
• Conseiller municipal de Raon-aux-Bois.
• Maire d’Épinal de 1843 à 1848.
• Avocat.
• Marié.
Le 11 janvier 1868, à huit heures du soir, à son domicile spinalien, rue de la Préfecture, Joseph Collenne n’est plus. Son décès est déclaré par son voisin et ami, l’avocat Eugène Jeanmaire, futur parlementaire vosgien qui donnera son nom à la prison de la ville.
Né à Raon-aux-Bois près de Remiremont le 6 mars 1801, de l’union de Dominique Collenne et de Marie-Anne Picard, Joseph est le fils d’un homme honorable et estimé dans le pays qui, après avoir exercé les fonctions d’administrateur de son département dans la période difficile de 1790 à 1792 et longtemps celles de maire de sa commune, est mort en 1812. Joseph Collenne a onze ans lorsque décède ce père respecté. Sa mère se fixe à Épinal afin de surveiller de plus près l’éducation, on ne peut plus libérale, qu’elle veut donner à ses fils.
Placé au collège, le jeune Joseph-Désiré s’y fait bientôt remarquer par une aptitude peu ordinaire pour les lettres, et surtout pour les sciences mathématiques. Chaque année, sa mère a le bonheur de le voir revenir à elle chargé de prix et de couronnes. En 1820, il fait sa philosophie à Strasbourg, puis il y commence de sérieuses études de droit qu’il termine à Paris. Licencié en 1824, il est admis au stage, après avoir prêté le serment d’avocat à la Cour royale de Paris le 24 avril de cette dernière année. Aussitôt, Joseph Collenne exerce à Épinal la profession qu’il vient d’embrasser.
Deux ans plus tard, il est nommé conseiller de préfecture du département des Vosges. Ayant été révoqué en 1830 par le gouvernement de Louis-Philippe, il retourne au barreau et devient, en 1832, l’un des fondateurs et le principal rédacteur du Journal des Vosges, organe libéral et indépendant, qui ne cesse de paraître qu’en 1853. Ses anciens concitoyens n’ont pas oublié le fils d’un maire toujours regretté. Aussi l’élisent-ils membre du conseil municipal de leur commune malgré son absence du village depuis vingt ans. L’avocat Collenne conserve ce mandat qui lui est renouvelé en 1854 mais il est appelé à faire partie du conseil municipal d’Épinal. Il opte pour ces dernières fonctions, et par ordonnance royale du 20 octobre 1843, il est nommé maire afin de succéder à Charles Adam. Cinq ans plus tard, il abandonne son poste de premier magistrat au profit du futur conseiller général du canton, Jules Mougin.
Dès son entrée en fonction à la mairie, Joseph Collenne a fait ouvrir au secrétariat de la commune un registre qu’il appela historique, lequel était destiné à recevoir la relation des événements les plus remarquables qui se présentaient dans la cité confiée à son administration. Un événement considérable pour tous les archivistes. Ce registre se divise annuellement en deux parties. La première contient les faits simples, c’est-à-dire tous ceux dont le souvenir peut se conserver au moyen d’une date ou de l’ordre chronologique dans lequel ils y ont été transcrits, à mesure de leur réalisation comme les inondations, les incendies, le décès d’hommes remarquables... La seconde, rédigée à la fin de chaque année seulement, embrasse les faits complexes comme les constructions d’édifices publics, les épidémies...
Cet avocat à la cour d’Épinal avait accepté la République, mais le spectacle des troubles et la crainte du socialisme lui font désirer le retour d’un gouvernement autoritaire. Il se prononce de bonne heure en faveur de Napoléon. Il n’en est pas moins destitué le 7 février 1854 du poste de conseiller de préfecture qu’il avait recouvré. Depuis, s’occupant de jurisprudence et des sciences, Joseph Collenne laisse de nombreux écrits : Du droit de pêche et de la propriété des cours d’eau ; De la numération décimale et du système métrique ; Le système octaval ou la numération et les poids et mesures réformés (par la suppression de la computation décimale). Ce dernier ouvrage étant analysé et commenté dans un grand nombre de journaux et de revues.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]