1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
FALATIEU (Joseph-Louis, dit Falatieu le jeune), frère [de Joseph Louis François Xavier FALATIEU]
Bains, 1781 - Bains, 22 décembre 1846
Il hérite à la mort de son frère des forges de Grurupt, la Pipée et le Moulin-au-Bois.
Conseiller général du canton de Bains de 1838 à 1846.
Bibl. : Dictionnaire de biographie française, publié sous la dir. de M. Prévot, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert, Paris, Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome XIII, col. 502.
Annuaire des Vosges, 1842 p. 163-164.
Robert.- Dictionnaire des parlementaires, tome II, p. 594-595.
Bouvier. p. 404-405.
Starck (Chantal), Ritter (Remi).- Du fer blanc de Bains au fer battu de Fontenoy..., in Annales de la Société d’Emulation des Vosges, 1986, p. 49 et r.v.
Olivier (Abbé).- Bains-les-Bains, in Annales de la Société d’Emulation des Vosges, 1909 et 1911.
[
Pierre HEILI
, Les Vosgiens célèbres ]
2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
FALATIEU Joseph (Louis François Xavier)
(19 mai 1781, Bains-les-Bains - 23 décembre 1846, Bains-les-Bains)
• Conseiller général du canton de Bains-les-Bains de 1838 à 1846
• Maître de forges
• Marié, quatre enfants.
Dernier des treize enfants du couple Claude-Thomas Falatieu et Jeanne-Marie Moynier, Joseph-Louis Falatieu est le seul enfant de cette famille à voir le jour à Bains-les-Bains. Il a 27 ans quand il épouse, le 13 juin 1808, Marie-Anne-Emerentianne-Sophie Laurent, fille d’Alexis-Xavier Laurent, avocat du syndicat des abbesses de Remiremont. À ce titre, ce dernier est l’objet de multiples vexations de la part des révolutionnaires.
Quatre enfants naissent à Bains-les-Bains de ce mariage : Marie-Anne le 11 mai 1809, Joseph-Jules le 2 septembre 1811, Joseph-Henri le 27 août 1815, et Marie-Sophie le 17 décembre 1817. Au décès de son épouse, il dresse une plaque au cimetière de Bains-les-Bains avec cette inscription : Sous ce tombeau élevé par les soins d’un époux plongé à jamais dans les douleurs et les regrets que partagent ses enfants, gages d’une union dont aucun nuage n’altéra jamais la douceur et une mère privée de sa fille chérie, est déposée la dépouille mortelle de dame Sophie Laurent, née le 1er juillet 1783, épouse de Joseph-Louis-François-Xavier Falatieu, ornée de toutes les vertus qui caractérisent une excellente fille, une vertueuse épouse, une tendre mère, aimée des pauvres et des malheureux dont elle a soulagé la misère, elle fut enlevée à l’amour de tous, le 4 mai 1830, chérie et honorée pendant sa trop courte vie, elle fut pleurée à sa mort par l’époux, les enfants et la mère dont elle faisait l’honneur, par sa famille entière, affligée d’une si cruelle séparation et par tous ceux qui l’ont connu.
À la mort de son frère, homme politique vosgien et copropriétaire de la manufacture de Bains-les-Bains, il hérite des forges de Grurupt, de la Pipée et du Moulin-au-Bois. Très proche en aval de la manufacture, la petite forge de Grurupt est aussi son annexe la plus ancienne. Elle est établie sur le ruisseau du même nom, immédiatement avant son confluent avec le Coney. Créée en 1733, peu de temps après l’usine mère, son extension est limitée par la faiblesse des eaux du ruisseau. Entre Fontenoy-le-Château et Bains-les-Bains, la forge de la Pipée est établie sur le Coney, deux kilomètres en aval de la manufacture. En 1769, Joseph-Antoine Vallet, propriétaire de la manufacture royale de Bains, achète les bâtiments d’une papeterie qui existe déjà en 1635, pour en faire une annexe de son usine. L’usine de la Pipée sort de la tutelle de la ferblanterie en 1859. Après cette date, le nouveau propriétaire Charles Lévy y installe une clouterie.
La forge du Moulin-au-Bois est installée sur le Bagnerot, à quelques centaines de mètres à l’est de la manufacture. Elle est établie sur l’emplacement d’une ancienne forge fondée au XVIe siècle, devenue papeterie, puis ruinée au début de la guerre de Trente Ans. En 1742, Jean-François Rochet y installe un martinet. Rachetée par Joseph-Antoine Vallet, en 1769, elle devient un satellite de la ferblanterie, ayant pour fonction de fournir des fers affinés à l’usine voisine. Le lent déclin de la manufacture aboutit à une cession. Le Moulin-au-Bois devient une clouterie dépendant de la société Béjo-Plaisance. Comptant jusqu’à une centaine d’ouvriers, elle fonctionne encore plus d’un siècle et ferme ses portes définitivement en 1980.
Joseph-Louis Falatieu, devenu une personnalité dans le milieu politique départemental, est élu conseiller général de son canton le 12 août 1838, suite à la démission de son frère le baron Falatieu. Il décède le 23 décembre 1846, au cours de son mandat électoral. La tradition familiale sera respectée. Son fils Joseph-Jules, également maître de forges (cité précédemment), est élu au mois de janvier 1847 en remplacement de son père au conseil général des Vosges.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]