Montézuma Alban GOGUEL

[ Saint-Dié (88) , 20/10/ 1842 – Saint-Dié (88) , 16/12/ 1903 ]

entrepreneur de grands travaux

Ingénieur civil des chemins de fer en Tunisie. Chevalier de la Légion d’Honneur (1886).

Biographie vosgienne

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

GOGUEL (Montezuma Alban), entrepreneur de grands travaux

Saint-Dié, 19 octobre 1842 - Saint-Dié, 17 mars 1903


Montezuma Goguel est le cinquième fils de Jean Frédéric Auguste, dit Fritz Goguel, capitaine au long cours puis distillateur (1803-1872), et de Salomé Henriette Caroline Boyer. Cette dernière est la fille de Jean-Baptiste Boyer, baron d’Empire, lieutenant-colonel de cavalerie, originaire de Phalsbourg et de Gertrude Caroline Vacheron.

La carrière de Montezuma Goguel est marquée par de grands événements. A l’issue de ses études, il devient ingénieur civil et il collabore à de grandes entreprises internationales, telles le percement du massif des Pyrénées. Il travaille ensuite à titre de chef de chantier durant la finition du canal de Suez, qui est inauguré le 17 novembre 1869. Au cours de l’année suivante, il fait la campagne de Kabylie comme engagé volontaire dans les chasseurs d’Afrique. Il quitte l’armée en 1872 et reprend ses voyages à travers le monde. En 1878, il construit le chemin de fer qui traverse les gorges de la Medjerdah en Tunisie. Il se rend plus tard en Syrie pour effectuer un travail semblable. Le 2 mars 1888, il revient d’Alep et de Damas, quand il assiste à Paris aux obsèques de Nicolas Claude, sénateur des Vosges.

Son existence est aussi marquée par sa rencontre avec Émile Erckmann, le célèbre ami et collaborateur d’Alexandre Chatrian. L’arrivée des Allemands à Phalsbourg empêche l’écrivain d’y revenir. Il se réfugie à Paris où il fait la connaissance de Montezuma Goguel, au cours de l’été de 1872. Il accepte de venir passer huit jours à Saint-Dié, dans la vaste demeure que ce dernier y possède. Il s’agit de l’Ermitage, situé au milieu d’un parc au pied de la côte Saint-Martin. Il y arrive le 6 septembre 1872 et y reste neuf ans. Dans ses souvenirs publiés en 1922, il dit notamment : J’étais à l’Ermitage, chez la veuve Goguel et la baronne Boyer, fille du boulanger Vacheron, de Phalsbourg. Je causais du pays avec ces vieilles femmes..., puis j’avais mon chien, mon fusil de chasse et je courais les bois de la côte Saint-Martin ; enfin je lisais, j’écrivais sans aucune relation avec les habitants de la ville. C’est ainsi qu’à l’Ermitage j’écrivis encore les Contes vosgiens, Le Brigadier Frédéric, Le Banni et Quelques mots sur l’esprit humain.

Montezuma Goguel lui sert de guide quand il entreprend un grand voyage en Orient. Tous deux quittent Saint-Dié le 13 Janvier 1873 et s’embarquent à Marseille pour gagner Alexandrie, en Égypte. Ils effectuent ensuite un long périple à travers la Palestine, la Syrie et la Turquie. Après avoir visité Constantinople, ils se rendent à Athènes où Jules Ferry, ambassadeur de France, les reçoit. Ils rentrent en France par Gênes et arrivent à Saint-Dié le 5 avril 1873. Au cours de ce voyage, Montezuma Goguel converse souvent avec Émile Erckmann, qui ne revient pas les mains vides. Il ramène d’Orient une nouvelle intitulée Une campagne en Kabylie et l’idée d’un ouvrage dont le titre est Souvenirs d’un chef de chantier du Canal de Suez. Il quitte l’Ermitage en 1881, définitivement brouillé avec son ancien ami.

Montezuma Goguel publie de son côté : Quelques mots sur le transsaharien en 1880.

Il épouse à Saint-Dié le 13 octobre 1884 Frédérique Elisabeth, dite Fryda Lemoine, fille d’un chef d’escadron d’artillerie, qui décède en 1943. Huit enfants sont issus de leur mariage.


Bibl. : Goguel (Robert).- Les Goguel et leurs alliés, éditions Christian, Paris.
Souvenirs d’Émile Erckmann, Paris, 1922.
Poull (G.).- Les Vosges, éditions France-Empire, 1985, p. 296 à 298.


[ Georges Poull ]

Nouvelle recherche