1932 —
Semaine religieuse du diocèse de Saint-Dié
BENOIT René-Nicolas.- Nous avons le regret d’annoncer la mort de M. l’abbé BENOIT, aumônier de l’hospice de Vichibure.
M. l’abbé René-Nicolas BENOIT, né à Aydoilles le 28 avril 1898, et ordonné prêtre le 16 juillet 1925, fut nommé quelques jours après vicaire à Saint-Martin. Après six années d’un vicariat très laborieux et très dévoué, l’état de sa santé le contraignait, le 21 juillet 1931, à devenir aumônier de l’hospice de Vichibure. Il y est décédé le 24 octobre dernier.
Après un service célébré à l’église de Corcieux, il a reçu, au cimetière d’Épinal, les honneurs de la sépulture chrétienne.
[La Semaine religieuse du diocèse de Saint-Dié, vendredi 28 octobre 1932, N° 44, p. 525-526].
1932 —
Semaine religieuse du diocèse de Saint-Dié
M. l’Abbé Benoit.
Nous extrayons du très bel éloge que fit de lui M. le Curé de Notre-Dame d’Épinal, à la cérémonie de ses obsèques, le passage suivant :
« Le voici à Saint-Dié, à la cure de Saint-Martin. Combien aimé, ce champ de sa première activité, cette église où il glorifie Dieu, enseigne et sanctifie les âmes, les salles d’œuvres où il se dévoue à la jeunesse, ce presbytère si familial où il est traité comme un enfant qu’on aime et où son affection filiale se donne en retour, cette paroisse en son entier, où son aménité, sa simplicité lui conquièrent vite tant et de si fidèles sympathies.
« Aux rares et courtes journées de détente qu’il s’accordait au sein de sa famille, il me faisait l’amitié de venir m’entretenir de ses travaux apostoliques, de ses espoirs. J’étais frappé de la maturité de son jugement, qui était comme en avance sur son âge et sur les expériences encore limitées que les circonstances lui avaient permises. Dans ce qu’il pensait, dans ce qu’il disait, il y avait une note de calme, de pose, que soulignaient la gravité et la lenteur de sa voix. Il était de ceux qui font du bien déjà par leur simple présence, parce qu’on sent en eux l’exclusion de toute suffisance, de toute complication, de toute prétention. Ils se montrent tels qu’ils sont, en sincère cordialité, en noble franchise, en vraie simplicité.
« C’est dans la pleine activité de son ministère que la maladie le terrassa.
« Demeurer à sa chère paroisse, c’était tout son vœu. Et l’on voulait d’autre part tout tenter pour l’y garder, dut~il n’y exercer qu’un ministère infime et très réduit.
« Cette réciprocité dans l’attachement, n’est-ce pas le plus bel éloge du presbytère qui en était le cadre, un témoignage de l’excellence d’esprit qui y régnait ? »
Citons encore l’édifiante lettre qu’il écrivit le 21 octobre, quatre jours avant sa mort, à M. le chanoine ÉVRARD qui l’avait invité à ses récentes fêtes : elle donne la mesure de sa vertu.
« Il a peine à reprendre un peu de ton, mon pauvre coeur, « et m’impose présentement encore, de vivre très au ralenti. « La messe le matin, le reste de la journée au lit.
« Ce n’est pas « passionnant », mais Dieu ne refuse pas « ses grâces, et en particulier celle de comprendre qu’il est plus d’une manière de le servir, de procurer sa gloire « et de faire son propre salut.
« On se sent un peu sur La Croix, on n’y est jamais à son aise et parfois on y est très mal à l’aise. Mais nos croix ne sont que l’ombre de Celle du Calvaire, et le Crucifié innocent s’entend fort bien à encourager le larron qui veut se convertir.
« Me convertir ! tout est là, soit pour préparer mon éternité, soit pour assurer le succès de mon ministère futur, si Dieu daigne encore se servir un peu de moi ».
[La Semaine religieuse du diocèse de Saint-Dié, vendredi 11 novembre 1932, N° 46, p. 550-551].