1897 —
Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

LAILLET Jacques Eugène Édouard.- Né à Bains le 20 mars 1853.
Ingénieur civil, administrateur délégué de la Société métallurgique d’Amiens.
M. Édouard Laillet, ses études terminées, entra à l’École centrale en 1873 et en sortit en 1876 avec le diplôme d’ingénieur. La même année, il fut envoyé à Madagascar par la maison Roux et Fraissinet, de Marseille, pour fonder sur le sol malgache la première usine française. Chargé d’une mission du gouvernement, il explora les mouillages de la côte Est de Madagascar et le fleuve le Mongourou, à la suite de laquelle il fit paraître, en 1877,
Les Ports et mouillages de la côte Est de Madagascar.
Il publia ensuite en 1884,
La France Orientale, volume ayant pour but de renseigner le colon et l’émigrant se rendant à Madagascar ; en 1884, une
Carte de Madagascar au 1/5 000 000, Challemel éditeur ; et en 1889, une
Carte de Madagascar au 1/1 000 000, Challemel éditeur, qui eut une seconde édition en 1895.
Cette carte maritime et terrestre est la plus complète de toutes celles parues à ce jour ; elle a été faite par M. Laillet, en collaboration avec son beau-frère, M. L. Suberbie, dont la grande influence près du gouvernement malgache est si appréciée de tous ceux qui s’intéressent de près à notre expansion coloniale. Elle a été publiée avec l’aide des ministères des Affaires Étrangères et de la Marine.
Auteur d’ouvrages littéraires d’après des documents pris en voyage.
Qui n’a pas lu avec délices ces captivantes descriptions de
L’Ami Grandfricas, du
Mariage de Robinson, des
Rires aux larmes,
Les Revanches de la vie, et d’autres pages charmantes où le pittoresque des situations se complait dans des cadres tout ensoleillés de cette luxuriante nature des tropiques !
Fondateur et président d’honneur de la Société des colons français de Madagascar, société ayant pour but là colonisation, l’extension de notre légitime influence et le soulagement des français nécessiteux habitant Madagascar.
Fondateur et président d’honneur du Syndicat de la Presse coloniale française, syndicat formant un lien entre tous les journaux français publiés à l’étranger.
Lauréat du salon en 1894 (section d’architecture).
Organisateur pour la France, de la souscription destinée au monument qui est édifié à Tamatave, à la mémoire des soldats et marins français morts pendant la campagne de Madagascar, et auteur des plans et dessins de ce monument.
Fondateur et ancien directeur du Journal
L’Expansion coloniale, revue illustrée consacrée à la propagation de notre influence et à la défense des intérêts français aux colonies et à l’étranger.
Auteur des projets pour l’établissement des ports, docks et phares de Tamatave et de Majunga.
Principal associé de M. L. Suberbie, de Madagascar, pour ses exploitations aurifères de Madagascar où ils occupent plusieurs milliers, d’indigènes et près de deux cents employés et ingénieurs français.
Seul associé de la maison Leprince et Cie de Raismes (Nord) où il créa avec M. Paul Leprince, ingénieur et son ami, la première usine modèle existant en Europe, dont le but est de livrer au commerce, des cafés verts ou torréfiés, nettoyés et triés mécaniquement. Tous les appareils qui sont de leur invention, ont été exécutés et montés d’après leurs plans.
Ancien président du conseil d’administration du journal
Le Progrès de la Somme, organe républicain du département. Il est resté membre de ce conseil.
Membre adhérent de la société des Gens de lettres.
Officier de l’Instruction publique.
Patriote éprouvé, il a donné des preuves de sa courageuse conduite pendant l’année terrible et s’est distingué au combat devant Épinal contre le général Werder, où il a contribué, à la tête d’une poignée de braves résolus comme lui, à maintenir l’ennemi pendant près de trois heures, et a empêché tout un train de munitions et de blessés français d’être saisi par l’armée allemande.
Industriel éclairé et actif, à la tête d’importantes affaires, il consacre tout son temps à leur développement et à en assurer la prospérité. Très aimé de tous, il est considéré à juste titre, comme étant d’un caractère aimable et d’une extrême obligeance.