Pierre-Augustin CARON DE BEAUMARCHAIS
[
Paris (75) , 24/01/
1732 –
Paris (75) , 18/05/ 1799 ]
Auteur vosgien
Passage vosgien
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1775
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Beaumarchais à la papeterie d’Arches
Le nom de Beaumarchais est associé à la papeterie. Chacun sait ici que l’auteur du Barbier de Séville en fut un des directeurs.

L’aventure commença en 1775, quand Beaumarchais voulut éditer les œuvres complètes de Voltaire dont la moitié était interdite en France. Pour réussir cet ambitieux projet, il était décidé à investir d’importants moyens. Il devient le correspondant général de la société littéraire et typographique qui englobait une papeterie, une imprimerie et une maison d’édition, parmi les meilleures du Royaume. Cette société n’est composée que d’amis, de disciples et d’adorateurs de M. Voltaire et notre intention est d’élever à sa mémoire le plus beau monument littéraire et typographique du siècle, écrit-il au marquis de Bièvres.
Une enquête minutieuse confiée à un maître papetier de Rouen révéla que de toutes les papeteries de Champagne, Alsace et Lorraine, ce sont celles d’Arches et d’Archettes qui paraissent le mieux appropriées à la fabrication des beaux papiers dont la société a besoin. Arches ne pouvant suffire à assurer la fourniture du papier nécessaire, des engagements furent pris avec d’autres papeteries dont une achetée à Plombières. L’imprimerie fut installée à Khel, en Allemagne. Elle était équipée de deux presses achetées à Birmingham.
Beaumarchais ne lésina pas non plus sur les moyens promotionnels. Il organisa un véritable réseau de vente et de souscription complété par une loterie, la première loterie nationale de l’édition, dotée de 750 lots composés de prix et de médailles et par 25 000 livres de publicité dans les gazettes.
Deux éditions étaient prévues : l’édition courante tirée à 6 000 exemplaires et l’édition de luxe tirée à 1 400 exemplaires. Seule la première vit le jour ; il s’agit de la célèbre édition de Khel, bien connue des bibliophiles. En tout, 285 000 exemplaires furent produits, ce qui nécessita 70 tonnes de papier.
Deux volumes seulement de l’édition de luxe parurent. Le nombre insuffisant de souscripteurs pour la première édition empêcha de poursuivre l’entreprise.
La papeterie d’Arches fut vendue à la fin de l’année 1788 aux frères Desgranges, papetiers à Luxeuil. En 1790, la dissolution de la société littéraire et typographique mit fin à une formidable aventure d’édition.
[Vosges Matin, 21 août 2014].
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