En 1900, il devient rédacteur en chef de l’Indépendance vosgienne, journal républicain imprimé à Remiremont, et se mêle aux chaudes luttes politiques locales. Une affaire de grelons pseudo-miraculeux, tombés à l’heure d’une procession de la Vierge interdite par la municipalité, lui donne la trame d’un roman à clef, Le Miracle de Courteville (1908) où sont renvoyés dos à dos cléricaux et laïcs.
Monté à Paris dès 1907, il adopte le pseudonyme de Jacques Nayral et obtient une place de fonctionnaire à l’Assistance publique au bureau de bienfaisance de la capitale. Décidé à faire carrière, il fréquente les milieux littéraires et artistiques. Le peintre luxovien Jules Adler fait son portrait. Il offre ses œuvres à Guillaume Apollinaire et épouse en 1913 la sœur du peintre cubiste Gleizes. Son portait, réalisé par ce dernier, est exposé au salon des Indépendants en 1911 : il marque une étape importante dans le cubisme et fait connaître cette école au public « grâce à un joli succès de scandale pour cause de modernisme ». Jacques Nayral poursuit son œuvre poétique avec A L’ombre des marbres (1909), et la Dentelle des heures (1910) et s’essaye à nouveau au roman avec l’Etrange histoire d’André Leiris (1911).
A des fins alimentaires, il se compromet dans le vaudeville et fait jouer à la Comédie royale, le 24 janvier 1909, un acte en prose sous le titre « Un Jobard ». En 1910, le Théâtre des Arts donne l’Eclipse, pièce en trois actes. Mais c’est la représentation le 9 février 1911, au Théâtre Dejazet, des Camelots du 201ème qu’il a écrit avec Henri Clerc, qui font de lui un auteur à succès. La pièce sera imprimée chez Stock. Dès lors, jacques Nayral semble lancé, en 1911, il est secrétaire du Comité des lecteurs dramatiques de l’Odéon et en 1912, il devient directeur littéraire et de collection chez Figuière. Ses collaborations à la presse parisienne sont multiples. Il écrit dans Gil Blas, La Petite République, Paris-Journal, Excelsior, le Soleil du dimanche, les Sports, l’Aéro, le Penseur, Alceste, la Revue indépendante, Madame et Monsieur…
La guerre vient interrompre une carrière prometteuse. Bien que n’ayant pas fait de service militaire pour cause de réforme, il s’engage à l’âge de 38 ans et tombe au combat, en décembre 1914, sur les pentes de l’Hartmannswillerkopf en Alsace.