1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
PITON (Aimé), militant socialiste, député des Vosges
Epinal, 25 juillet 1883 – Epinal, avril 1925
Né d’un père chef d’équipe à la Compagnie des chemins de fer de l’Est, mort en service le 19 juin 1904, et d’une mère brodeuse, Aimé Piton fréquente les écoles primaires de Saint-Laurent et d’Arches. Il apprend ensuite le métier de tailleur ; il est apprenti puis ouvrier, enfin artisan.
Dès 1903, résidant à Epinal, il collabore à l’Ouvrier Vosgien et est secrétaire du groupe socialiste d’Epinal. Il publie dans ce journal les statuts de l’Union socialiste vosgienne en novembre 1903. Infatigable conférencier de sa cause, fondateur de sections dans tout le département, il est l’un des principaux animateurs des manifestations antimilitaristes, dont le rassemblement franco-allemand pour la paix organisé par la fédération socialiste des Vosges et le parti socialiste alsacien à Bussang le 17 septembre 1911. Il est délégué assidu des congrès nationaux du parti socialiste ; disciple de Jaurès, il y prend des positions modérées.
Il est élu conseiller municipal d’Epinal en 1913. En 1914, il est mobilisé dans le service auxiliaire eu égard à sa santé fragile et il est réformé en 1916. Le 16 novembre 1919, il est élu député socialiste des Vosges. Rédacteur en chef du Courrier des Vosges, il l’abandonne en 1922 et fonde Les Vosges socialistes. Au congrès de Tours, malgré la scission, il reste fidèle à la minorité et à la S.F.I.O. comme son concitoyen Pernot. Accusé d’être moins ardent en 1921 qu’en 1914 à soutenir les grèves du Textile depuis qu’il est député, à la fois par la tendance socialiste du Courrier des Vosges et par le parti communiste, Piton conserve néanmoins la confiance de la majorité de ses camarades socialistes.
A la chambre des députés, il est membre de la Commission d’Alsace-Lorraine et prend position pour la Société des Nations, le désarmement de l’Allemagne, pour le droit de vote des femmes, etc… Il ne se représente pas aux élections législatives de 1924 et meurt l’année suivante.
Bibl. : Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, publié sous la direction de Jean Maitron, Paris : les Éditions ouvrières (30 vol. parus de 1964 à 1989), tome 14, p. 276-278.
Jolly.– Dictionnaire des parlementaires, tome VII, p. 2707-2708.
[
Albert RONSIN
, Les Vosgiens célèbres ]
2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
PITON Aimé (Charles)
(25 juillet 1883, Epinal - 25 mars 1925, Paris)
• Conseiller municipal d'Epinal de 1912 à 1919
• Député des Vosges de 1919 à 1924
• Journaliste
• Marié
Fils de Jean-Baptiste et de Marguerite Quié, Aimé Piton voit le jour à Epinal, où son père est chef d'équipe au chemin de fer à une époque où le rail est en pleine expansion. Domicilié dans la capitale et exerçant le métier de publiciste, Aimé Piton prend pour épouse, le 18 avril 1918, Alice-Marguerite Bourgon, la fille d'un chef de gare à la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée. Au lendemain de son mariage, il revient dans sa ville natale auprès de sa mère, devenue veuve.
Installé à Epinal et demeurant rue Saint-Michel, Aimé Piton fonde en 1919, le journal Le Courrier des Vosges. Un journal hebdomadaire dont le premier numéro date du 2 mars 1918. Rédacteur en chef, Aimé Piton écrit dans son premier éditorial : En fondant ce journal, nous avons la certitude de répondre aux aspirations d'un très grand nombre de nos concitoyens. Certes, la route sur laquelle nous nous engageons ne sera point toujours bordée de fleurs. Nous y rencontrerons souvent des épines. Mais notre ardeur n'en sera que stimulée et nous tiendrons… La fin de l'année 1922 est tumultueuse et l'imprimerie spinalienne est en grève. Le Courrier des Vosges, après une éclipse de cinq semaines, est de nouveau en vente le samedi 4 février 1923. Aimé Piton n'est plus le rédacteur, car certains problèmes internes surgissent.
Le nom de Aimé Piton, c'est aussi un engagement permanent dans la vie publique. Très jeune, il vient à la politique et au socialisme. Dès l'âge de dix-huit ans, il participe à la constitution des premières organisations socialistes, nées à la faveur du mouvement syndical créé par L'Ouvrier Vosgien. Non encore éligible, Aimé Piton est candidat en 1906 dans la première circonscription de Saint-Dié puis, quatre années après, dans la deuxième circonscription du même arrondissement, mentionnant la profession d'ouvrier-taillandeur. Elu conseiller municipal d'Epinal en 1912, il le demeure pendant toute la guerre, jusqu'en 1919. Son jour de gloire arrive le 16 novembre de la même année, aux élections législatives. Chef du groupe socialiste unifié des Vosges, ancien rédacteur au journal L'Humanité où il a collaboré à la chronique parlementaire, puis au mouvement social, il est le seul élu de sa liste dite de La Fédération Socialiste des Vosges.
Epuisé par la maladie, le journaliste, à la mandature suivante, n'est plus candidat au Palais-Bourbon. Aimé Piton s'éteint à son domicile de Paris le 25 mai 1925, et non pas à Epinal comme le soulignent les archives de l'Assemblée nationale. Ses obsèques ont lieu au cimetière parisien du Père-Lachaise où il est incinéré. Son existence fut entièrement consacrée au socialisme et à la défense de la classe ouvrière.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]