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Jean POIROT

[ Saulxures-sur-Moselotte (88) , 08/03/1914 – Nancy (54) , 19/05/1981 (67 ans) ]

médecin , maire , conseiller général , conseiller régional

Chevalier de la Légion d'honneur.

Biographie vosgienne Sur la BnF ↗ Sur Wikidata ↗

Notices documentaires

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

POIROT (Jean), médecin neuro-psychiatre, conseiller général
Saulxures-sur-Moselotte, 8 mars 1914 – Nancy, 19 mai 1981

Après ses études à Mattaincourt, à l’Institution Saint-Joseph d’Epinal, puis à la Faculté de médecine de Nancy, il est reçu docteur en médecine le 9 février 1940. Auparavant, il a été interne à l’hôpital psychiatrique de Maréville à Laxou.

Il s’installe médecin généraliste à Corcieux de mai 1942 à octobre 1954, date à laquelle il ouvre à Epinal un cabinet de médecin neuro-psychiatre. Il conçoit que son rôle de médecin doit s’exercer au-delà de son cabinet. Il est à l’origine de la fondation de dispensaires d’hygiène mentale et de psychiatrie dans les principales villes des Vosges. Il est le promoteur de la création de plusieurs établissements pour enfants inadaptés et déficients : I.M.T. à Rouceux, Centres de Châtel-sur-Moselle, de Belval près de Portieux, des Trois-Scieries à Saint-Dié, de Droiteval, de Razimont, Fontenoy-le-Château, Golbey. Il est depuis 1958 président de l’Association pour l’Enfance et l’Adolescence inadaptées.

Cette œuvre énorme n’absorbe pas toute l’énergie et le besoin d’agir de Jean Poirot.

Médecin du maquis de Corcieux, il est arrêté ainsi que sa femme à la suite du combat de Taintrux le 6 juin 1944 et déporté, puis libéré. Revenu à Corcieux, il reprend son activité de résistant et, sur dénonciation, il est à nouveau arrêté le 20 septembre 1944 et déporté à Schirmeck, puis à Gaggenau, au tunnel d’Haslach. Il s’évade au cours d’un transfert en Autriche et se cache en attendant la libération du territoire vosgien.

Elu maire de Corcieux du 26 octobre 1945 au 30 juillet 1948, il le redevient du 28 mars 1971 au 23 juin 1972. Aussitôt, il s’engage dans la politique départementale. Il est élu conseiller général du canton de Corcieux le 15 octobre 1945. Il le restera et travaillera à la commission des affaires sociales et de l’instruction publique dont il prend la présidence de 1955 à 1965. Il est élu président de la Commission départementale en 1976. Il a son heure de célébrité nationale lorsqu’il part en guerre contre le tiercé et les jeux de loterie.

Il est le fondateur de la commission interdépartementale des conseils généraux de Lorraine qu’il préside en 1965, 1973, 1974 et 1981. Il siège au conseil de l’établissement public régional dès sa création en 1972. Il crée l’amicale des conseillers généraux de Lorraine en 1961 et l’Union des conseillers généraux de France en 1973.

Enfin, il contribue activement à la rénovation de la maison de Claude Gellée et à sa transformation en centre culturel à Chamagne, acquise par le département à son initiative.

Retiré à Nancy depuis 1978, il est élu président de l’Académie lorraine des Sciences.

Président d’honneur de l’Association vosgienne des combattants volontaires de la Résistance, Jean Poirot a reçu la croix de guerre avec palme, la croix du combattant 1939-1945, la croix du combattant volontaire de la Résistance et des Déportés Résistants.

Il était officier de la Légion d’honneur à titre militaire.

Bibl. : Poncelet (C.).– Eloge de Jean Poirot.– in Bulletin du Conseil Général, procès-verbal de la séance du 1er juin 1981.
La Liberté de l’Est, 20 mai 1981.

[ Albert RONSIN , Les Vosgiens célèbres ]

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

POIROT Jean (Albert)
(8 mars 1914, Saulxures-sur-Moselotte - 19 mai 1981, Nancy, Meurthe-et-Moselle)

• Maire de Corcieux de 1945 à 1948 et de 1971 à 1972
• Conseiller général du canton de Corcieux de 1945 à 1981
• Conseiller régional de Lorraine de 1974 à 1977
• Médecin
• Marié

La vie de Jean Poirot peut-être résuméee en quatre mots : un médecin, un citoyen, un élu et un homme. Il commence ses études à Rupt-sur-Moselle, les poursuit à Mattaincourt et part ensuite à Epinal préparer son baccalauréat à l'Institution Saint-Joseph. Après une année de B.C.M. à Nancy, il entre à l'école de santé annexe de Toulon dans le Var et revient l'année suivante pour terminer ses études de médecine. Passant brillamment le concours d'internat des hôpitaux psychiatriques, Jean Poirot se consacre en 1938 à l'étude de la psychiatrie et de l'âme humaine. Deux ans plus tard, il termine à Nancy son internat et obtient le diplôme en médecine légale et psychiatrique, d'hygiène industrielle et de médecine sociale. En 1942, le docteur Poirot s'installe à Corcieux, voulant appliquer dans les campagnes son programme médico-social.

Jusqu'en 1944, il fait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher, au risque de sa vie, les S.T.O. (service travail obligatoire) de partir en Allemagne. Le 6 juin 1944, malgré une blessure accidentelle, il devient médecin du maquis de Corcieux. Après le repli des troupes de choc, le docteur-résistant reste seul, grièvement blessé, en compagnie de quatre Allemands. Le surlendemain, il est arrêté de nouveau par les Allemands mais est relâché faute de preuves. Il refuse alors de partir et continue à prodiguer ses soins à la population civile et au maquis. Le 20 septembre, dénoncé par un milicien, Jean Poirot est arrêté avec son chef de section et sa femme. Il est déporté à Schirmeck. À la Libération, il rentre à Corcieux pour trouver sa maison complètement détruite. C'est au titre de la Résistance, qu'il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1948, puis officier dans cet ordre ; les insignes d'officier lui sont remises le 13 septembre 1971 par le colonel Gilbert Grandval, ministre.

Le docteur Poirot, médecin généraliste à Corcieux jusqu'en octobre 1954, gagne ensuite le chef-lieu en tant que neuro-psychiatre. Il trouve en ce domaine la possibilité de mettre à profit ses compétences. Fondateur de dispensaires d'hygiène mentale et des consultations de psychiatrie et de pédo-psychiatrie à Epinal, Remiremont, Saint-Dié, Gérardmer, Neufchâteau, Raon-l'Etape, Senones, Rambervillers, Vittel et Darney, Jean Poirot étend son œuvre bénéfique en étant le promoteur de la reconversion du préventorium de Rouceux en I.M.T. pour filles déficientes, promoteur de la création du centre pour enfants inadaptés profonds à Châtel-sur-Moselle, promoteur de la reconversion d'un établissement pour vieillards en centre d'inadaptés profonds à Belval, près de Portieux. Parmi les nombreuses actions du docteur Poirot, il y a bien sûr, les centres de Razimont, Fontenoy-le-Château et Golbey.

La vie du docteur Poirot, c'est aussi son engagement politique. Porté à la tête de l'administration communale de Corcieux le 26 octobre 1945, trois ans après, il laisse son poste pour le retrouver seulement une année de 1971 à 1972, en raison de son activité professionnelle. En revanche, il reste fidèle pratiquement pendant quarante ans au conseil général des Vosges. Bénéficiant de la loi de 1972 sur les régions, il siège également à la préfecture de Metz, de 1974 à 1977, au premier conseil régional de Lorraine aux côtés de son président vosgien Jean Vilmain. Sa seule défaite politique intervient aux élections législatives de 1946, sur une liste d'union des Républicains indépendants.

Pionnier dans de multiples domaines, le docteur Poirot est le fondateur en décembre 1961 et en juin 1973 de l'Amicale des Conseillers Généraux de Lorraine et de l'Union des Conseillers Généraux de France. Il s'est fait également connaître, en son temps, sur le plan national pour son action et ses prises de position contre les jeux de hasard. Au cours des années 1966, le médecin Poirot est devenu le docteur anti-tiercé. À son actif également, une opération spectaculaire lorsqu'il arrête l'autorail de la ligne Gérardmer-Bruyères pour protester contre les structures de cette ligne. Le docteur Poirot était le beau-père de maître Patrice Vicq, avocat au barreau de Nancy, ancien footballeur vedette du SAS-Epinal et de l'AS Nancy-Lorraine. Le talentueux édile forfelet décède à Nancy, le 19 mai 1981.

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

Sources structurées

  1. Dictionnaire des Vosgiens célèbres 1990 — Albert RONSIN — Les Vosgiens célèbres
  2. Le Grand livre des élus vosgiens 2003 — Bertrand MUNIER
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Jean POIROT », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=4756 (consultée le 22 octobre 2026).

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