1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
VALDENAIRE (Marie-Anne) , dite la Moscovite, cantinière- vivandière de la Grande armée
Bitche, 1788 – Ventron, 13 novembre 1852
Marie-Anne Valdenaire est née à Bitche, où son père originaire de Ventron était lieutenant des douanes. Elle épouse très jeune un sergent major de la garde impériale nommé Hess, qui est né en Belgique. Tous deux participent à la campagne de 1812, en Russie.
Durant celle-ci, tout va bien jusqu’à Smolensk. Au-delà de cette ville, le ravitaillement devient difficile. Un jour, au camp, on constate la disparition de la cantinière, de deux de ses commis et de quatre voitures. Ils reviennent une semaine plus tard. La disparue et ses aides sont allés chercher des vivres dans la campagne environnante.
Plus tard, au cours de la désastreuse retraite qui suive l’incendie de Moscou, Marie-Anne Valdenaire, dite maintenant la Moscovite, rend de grands services. Avec les vivres qui remplissent ces quatre voitures, elle permet à de nombreux soldats de s’alimenter. Trois de ces charrettes parviennent à franchir la Bérézina ; la quatrième tombe dans cette rivière.
Après la chute de Napoléon, elle suit son mari en Belgique. Épuisé par ses campagnes, ce dernier meurt quelques mois plus tard. Mère d’un jeune enfant, l’ancienne cantinière se retrouve sans ressources. Elle revient en France et échoue en Haute-Marne.
C’est dans ce département qu’elle épouse en secondes noces un capitaine nommé Naudet, qui est aussi un fougueux bonapartiste. Rayé des cadres à la suite d’une discussion, celui-ci vient à Saulxures où Jean Thiébaut Géhin, parent de son épouse, lui procure du travail dans sa manufacture.
Mais l’ex-capitaine ne peut rester longtemps enfermé. Il se rend à Bar-le-Duc où le général Jacquemin, qu’il connut aux armées, accepte de l’employer dans la petite industrie qu’il a créée. Après la Révolution de 1830, tous deux reprennent du service dans l’armée. Lieutenant au 73e régiment de ligne, Naudet et sa femme partent pour l’Algérie. Durant cette campagne, le premier d’entre eux redevient capitaine. À l’heure de la retraite, il vient habiter Ventron et son épouse disparaît. Il lui survit durant quelques années et meurt à Cornimont.
Bibl. : Robin (R.).- Cantinière à la Grande armée : Marie-Anne Valdenaire, dite la Moscovite, était originaire de Ventron. In journal La Liberté de l’Est.
[
Georges Poull
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