1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
VALENTIN (Léo) , as de l’aviation
Uxegney, 1920 – Liverpool, 21 mai 1956
Léo Valentin est né dans une famille modeste d’Uxegney. À l’issue de ses études primaires, il devient apprenti boucher, puis serrurier. Il était âgé de 18 ans quand il s’engage dans l’Armée de l’air. Il espère devenir pilote. Il opte cependant pour le parachutisme qu’il pratique au camp de Blida, en Algérie. À la suite de l’invasion allemande en 1140, il se rend en Angleterre où il est affecté notamment au groupe Bourgoin. En juin 1944, il est parachuté en Normandie, derrière les lignes allemandes. Il est blessé dès son arrivée au sol. Après la Libération, il est nommé instructeur au centre de formation de parachutisme militaire de Pau. Il perfectionne cette technique. Il est même à l’origine d’un système qui est toujours appelé position Valentin, qu’il met au point en 1947. Cette méthode permet de tomber de n’importe quelle altitude sans jamais perdre le contrôle de sa chute et de se mouvoir dans l’air avec aisance.
Il atteint ainsi le sommet de son art, concrétisé en 1948 par deux records du monde de chute libre sans inhalateur. Il bat le premier en tombant de 7260 m pendant 113 secondes : il n’ouvre son parachute qu’à 610 m du sol. Largué ensuite 5200 m, il effectue une chute vertigineuse de 80 secondes et ouvre son parachute à 450 m du sol. Après sa démobilisation en 1950, il décide de devenir homme-oiseau à l’instar de l’Anglais Clem Sohn, qui s’est pourtant tué à Vincennes, devant 100 000 personnes en avril 1937. Il commence à planer avec des ailes de toile sur le dos. Leur rigidité lui pose des problèmes. Pour y remédier, il fait confectionner des ailes de balsa d’une envergure de 2,50 m fixées à un corset métallique. Le 15 mai 1954, il parvient à planer sur cinq kilomètres au-dessus de Gisy-les-Nobles, en battant le record du monde d’une spécialité qui compte cependant peu d’adeptes. Il est désormais célèbre. Les organisateurs de meetings aériens s’arrachent sa participation.
Quand il heurte la queue du Dakota d’où il vient de sauter, au-dessus de Liverpool, il effectue son 701e saut. Son parachute se mettre en torche et il tombe comme une pierre au milieu d’un pâturage. Sa mort est instantanée.
Le 1er juillet 1951, il avait participé notamment au meeting de Dogneville, à proximité d’Épinal et de son village natal. Au cours de cette journée, il s’était mesuré à deux de ses confrères italiens : Rinaldi et Cannazoro. Il était sorti vainqueur de cette sorte de match, après avoir failli heurter l’arrière du Junkers 52 qui l’avait élevé à l’altitude convenue.
Bibl. : Journal La Liberté de l’Est du 15 février 1985.
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Georges Poull
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