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Constant VERLOT

[ Paris (75) , 21/02/1876 – Senones (88) , 15/04/1933 (57 ans) ]

enseignant , maire , conseiller général , député

Président du conseil général des Vosges (1928-1931).

Biographie vosgienne Sur Wikipédia ↗ Sur la BnF ↗ Sur Wikidata ↗

Notices documentaires

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

VERLOT (Constant), homme politique
Paris, 21 février 1876 – Senones, 15 avril 1933

Constant Verlot est le fils de Claude Constant Verlot, né à Vaudoncourt, près de Bulgnéville. En remontant jusqu’à 1650, on trouve dans ce village vosgien ses ascendants qui exercent de père en fils la profession de charpentier. Il se destine très jeune à l’enseignement. À l’issue de ses études à l’École normale du département de la Seine, il obtient son diplôme d’instituteur.

Il occupe ensuite plusieurs postes dans des localités situées autour de Paris. Après avoir été répétiteur à l’école Turgot, il obtient un poste de professeur au lycée Chaptal. Pendant ce temps, il fonde dans le 2e arrondissement de Paris les Jeunesses républicaines dont les statuts sont publiés en 1902. L’idée lui vient bientôt de procurer à tous les jeunes Parisiens dont il s’occupe des vacances au grand air. Pour ce faire, il choisit Senones, où il achète une petite ferme située à La Combe, à mi-chemin du sommet de la Roche Mère-Henry. Cette Cure d’air devient en 1920 le préventorium de la Combe-Senones qu’il s’efforce de développer sans cesse au cours des années suivantes, avec l’aide de son épouse.

Sollicité par de nombreux amis, il pose sa candidature à la succession du député Fleurent, dans la première circonscription de Saint-Dié. Il est élu en avril 1910 au premier tour. Il est sans cesse réélu jusqu’à sa disparition. En 1919, il devient à la fois conseiller général du canton de Saint-Dié et conseiller municipal de Senones. Il est élu maire de cette ville au cours de la même année. Il est choisi par ses pairs pour présider le Conseil général des Vosges en août 1928.

En raison de ses nombreux services et de son dévouement, il est fait chevalier de la Légion d’honneur le 27 décembre 1917. À l’issue de la Grande guerre, il contribue puissamment à la reconstruction de l’industrie textile de notre département. Sur le plan municipal, il fait reconstruire au fond de la place du château l’imposant immeuble qui abrite les bains-douches municipaux et il fait procéder à l’agrandissement de l’hôpital.

Quand il disparaît, la ville de Senones lui fait des obsèques solennelles. Il repose depuis cette époque au milieu de la partie supérieure du cimetière. Son buste en bronze domine sa pierre tombale en granit du pays. Le 18 novembre 1934, un autre buste est érigé à sa mémoire sur la place du château des princes de Salm, en présence notamment d’Henri Verlot, son fils, disparu il y a quelques années à l’issue d’une carrière militaire qui lui a permis d’obtenir le grade de colonel d’aviation et de nombreuses décorations.

Bibl. : Souvenirs personnels.
Journal La Liberté de l’Est du 28 mars 1963, du 13 avril 1963 et des jours suivants.
Billand (M.).- Histoire de Senones et de la principauté de Salm, s.d., p. 48 à 52.
Bulletin des amis bibliothèque de Senones, N°2, avril 1983, 32 p.

[ Georges POULL , Les Vosgiens célèbres ]

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

VERLOT Constant (Joseph)
(21 février 1876, Paris (2) - 15 avril 1933, Senones)

© Le Grand Livre des élus vosgiens, éd. Gérard Louis, 2003
• Maire de Senones de 1919 à 1935
• Conseiller général du canton de Saint-Dié de 1919 à 1933
• Président du conseil général des Vosges de 1928 à 1931
• Député des Vosges de 1910 à 1933
•Professeur de collège
• Marié, deux enfants

Bien qu'issu d'une ancienne souche vosgienne, Constant Verlot voit le jour à Paris dans le second arrondissement. Son père, Claude-Constant, comme sa mère d'ailleurs, est né à Vaudoncourt, petit village du canton de Bulgnéville, à vingt kilomètres environ au sud-est de Neufchâteau. La famille Verlot est installée dans cette commune depuis 1650, et ce jusqu'à Claude-Constant, venu à Paris pour raisons professionnelles. Ses ancêtres sont toujours charpentiers, de père en fils. Constant Verlot est élève des écoles publiques. De 1889 à 1892, il s'instruit à l'école Turgot et, de 1895 à 1896, à l'École normale du département de la Seine. Constant Verlot en sort instituteur, tient trois postes dans la Seine, est nommé répétiteur à l'école Turgot où il a été élève, avant d'être professeur au collège Chaptal. Il y reste jusqu'à son élection à la députation.

Des œuvres de jeunesse l'amènent à faire des conférences. Aussi revient-il dans les Vosges où il passe des vacances et s'installe à Senones. La politique le tente. Sollicité, il pose sa candidature à la succession du scientifique et parlementaire Émile Fleurent. Constant Verlot est élu en avril 1910 député des Vosges face à l'historien Louis Madelin, dans la première circonscription de Saint-Dié, qui alors compte deux députés. Réélu constamment jusqu'en 1933, le maire de Senones compte au Palais-Bourbon parmi les plus anciens députés. Ayant fait de Senones sa commune d'adoption, il en est élu premier magistrat le 15 décembre 1919, succédant à Louis Parisot. Une lourde tâche lui incombe, celle de relever tant de ruines accumulées sur la contrée lors de la Grande Guerre.

La ville de Senones reçoit la croix de guerre avec cette citation : Demeurée pendant toute la guerre dans la zone de bataille, a eu ses usines presque complètement détruites ; malgré ses deuils et ses ruines, a gardé un moral intact, faisant preuve du plus bel esprit de sacrifice. De nombreuses personnalités, grâce aux relations de Constant Verlot, viennent à Senones : Alexandre Millerand et Raymond Poincaré, présidents du Conseil ; le 18 octobre 1925, le maréchal Joffre et les plus hautes autorités politiques et militaires d'après guerre, honorent de leur présence l'inauguration du monument aux Morts dédié à la mémoire des valeureux senonais tombés au champ d'honneur.

En 1919, Constant Verlot est également élu conseiller général du canton de Saint-Dié. Vice-président du Conseil général des Vosges, il est porté à la présidence de cette assemblée en 1928, au départ de René Porterat. Le 30 juin 1929 est l'une des dernières réceptions importantes organisées à Senones par Constant Verlot en faveur d'André Maginot, ministre de la Guerre. Ce jour a lieu l'inauguration de l'école du préventorium de la Combe. Constant Verlot est frappé peu après par un mal terrible, que les fatigues de ses multiples occupations lui ont occasionné. Il se soigne dans le Midi. Mais il revient dans la clinique parisienne rue Boileau où il y reste cinq semaines en observation. C'est ensuite le retour à Senones dans l'espoir d'une convalescence possible. Cependant, une grave hémorragie se déclare le 14 avril 1933. Le lendemain, Constant Verlot expire au milieu des siens en son château de la Louvière. Dans Senones en deuil où flottent aux fenêtres des drapeaux cravatés de crêpe ont lieu ses obsèques civiles. Au cimetière, aucun discours n'est prononcé, Constant Verlot ayant manifesté le désir de simples funérailles.

Pour honorer sa mémoire, la municipalité de Senones prend immédiatement trois importantes décisions : faire assumer à la caisse communale tous les frais des obsèques, donner deux places au cimetière communal avec construction d'un caveau aux frais de la collectivité, donner le nom de rue Constant-Verlot à la rue du Pont. L'année suivante, André Larue qui lui succède à la mairie organise aussitôt un comité en vue de lui rendre hommage en lui érigeant un monument. Ce dernier qui se trouve sur la place du château des princes de Salm est inauguré solennellement le 18 novembre 1934 par Paul Reynaud, ancien président du Conseil. Mais l'œuvre dont Constant Verlot et son épouse Mathilde sont les plus fiers est le préventorium de la Combe.

En 1902, Constant Verlot fonde dans le second arrondissement de Paris Les Jeunesses Républicaines. Il songe immédiatement à sortir de l'atmosphère parisienne ces jeunes gens qui, pendant leurs vacances, ont besoin de grand air. Tout naturellement, il pense à son pays d'origine, les Vosges. Senones est choisie pour sa situation dans la montagne. Les jeunes gens sont d'abord logés chez l'habitant. Mais cela ne lui suffit pas, il voit plus grand. Il achète une petite ferme et la met en société civile, La Cure d'Air. Là est l'embryon qui donne, en 1920, le préventorium. Au décès de Constant Verlot, le préventorium de la Combe-Senones est considéré un des premiers de France.

Ce père exemplaire est la fierté de ses deux enfants, Henry et Germaine. À celle-ci, Constant Verlot laisse un émouvant testament moral : Je te laisserai, ma Germaine chérie, comme principal héritage, un nom respecté de tous les braves et honnêtes gens qui m'auront connu. Conserve-le et unis-toi avec un digne garçon qui aura comme moi la religion de l'honneur et du travail, le sentiment profond du devoir. Quand je n'y serai plus, pense quelquefois à ton papa, et dis-toi bien que malgré des obligations qui l'ont éloigné trop souvent, hélas, du foyer familial, il a toujours placé au-dessus des honneurs et des succès éphémères, sa famille, sa femme, ses enfants, ses vénérés parents. Je te souhaite tout le bonheur que tu mérites. Trouve un bon compagnon, fonde avec lui un foyer, et dirige tes enfants sur le chemin de la vertu, sur la route du devoir. À toi, ma chérie, les affectueux et tendres baisers de ton vieux papa.

 


Constant Verlot et Jules Ferry caricaturés par le journal <em></a><figcaption>© Le Grand Livre des élus vosgiens, éd. Gérard Louis, 2003</figcaption></figure>La Pie vosgienne</em>.
 

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

Sources structurées

  1. Dictionnaire des Vosgiens célèbres 1990 — Georges POULL — Les Vosgiens célèbres
  2. Le Grand livre des élus vosgiens 2003 — Bertrand MUNIER
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Constant VERLOT », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=4866 (consultée le 16 octobre 2026).

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