Gaston ZINCK

[ Epinal (88) , 24/12/ 1887 – Camp d’Ellrich (Allemagne) , 1945 ]

coiffeur

Résistant. Il n’y a pas de date précise pour son décès, d’après le jugement du 6 juillet 1951.

Biographie vosgienne

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

ZINCK (Gaston), résistant
Épinal, 24 décembre 1887 – Camp de Ellrich, 1944


Il perd de bonne heure ses parents, Emile Zinck, coiffeur, et Virginie Delon, et ouvre à son tour un magasin de coiffure à Épinal. Réformé pendant la première Guerre mondiale, il fait preuve, au cours de la seconde, d’un courage étonnant et de beaucoup de ruse dans l’aide qu’il apporte aux détenus pour faits de résistance rassemblés dans la prison dite de la Vierge, à Épinal.

C’est sa profession de coiffeur qui lui donne ses entrées dans les geôles nazies. Pour les prisonniers, la venue du coiffeur est plus qu’une distraction, car Gaston Zinck apporte les nouvelles du dehors, les messages des amis et de la famille au prix de mille subterfuges :

Il mettait les petits bouts de papier contenant les missives dans la bouche des détenus en les débarbouillant ; il glissait de petites feuilles de papier à cigarettes dans les plis des serviettes ou entre la peau et la chemise, dans les ourlets du linge… Il savait en peu de mots enseigner aux jeunes indiscrets et bavards la prudence du langage. À ceux qui, abattus et meurtris, désespéraient, il remontait le moral par un mot d’espoir. À tous, il donnait en quelques traits rapides le schéma des combats de la délivrance.

Lorsque la répression allemande se fit plus dure, à partir de 1943, il passe d’un prisonnier à l’autre les consignes, donne des réponses déjà faites et les réponses à faire et permettent ainsi à beaucoup de tirer leur épingle du jeu. C’est lui qui sert d’intermédiaire entre le résistant André Vitu et ses amis du dehors dans l’affaire qui allait aboutir à l’attentat contre Borchard, le responsable spinalien de la Gestapo.

De plus en plus surveillé par les Allemands, il est finalement arrêté le 12 février 1944, non sans avoir brûlé au préalable de nombreux papiers compromettants. Interné à la Vierge, puis à la prison Charles III de Nancy, il est ensuite transféré à Compiègne avant d’être déporté à Buchenwald et finalement à Ellrich. Son nom a été donné à la rue d’Épinal où il vécut.


Bibl. : Bossu (Jean).- Chronique des rues d’Épinal, tome III, p. 233.


[ Pierre Heili ]

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