2008 —
L’Est républicain
Monde et ville
Décès de René Picardel
L’ancien maire de Chantraine s’est éteint subitement dans la nuit de mardi à mercredi.
René Picardel, l’ancien maire de Chantraine, s’en est allé dans la nuit de mardi à mercredi pendant son sommeil à la veille de son 90e anniversaire.
Durant de nombreuses années, il avait sillonné le département au volant de sa voiture pour proposer aux collectivités, syndicats, associations et autres amicales, des duplicopieurs puis les photocopieurs de la marque Gestetner. Infatigable et passionné, il avait tissé des centaines de relations dans toutes les Vosges. René Picardel, c’était aussi un élu proche et au service de ses concitoyens.
Il s’était engagé, dès 1959, comme conseiller municipal. Deux mandats d’adjoint, puis un de premier magistrat de 1989 à 1995 à la tête de la cité chantrainoise, étaient venus couronner 36 années au service de ses concitoyens. Un long bail qui lui avait valu de devenir maire honoraire.
C’est cependant en Meuse, précisément dans le petit village d’Érize-la-Brûlée, que René Picardel a vu le jour le 31 janvier 1919. Un village où il avait grandi et où ses parents tenaient une épicerie-tabac-restaurant à l’enseigne des Coopérateurs de Lorraine, et qui faisait également guinguette chaque fin de semaine. C’est sans doute là qu’il a été touché par le virus du commerce car, dès son plus jeune âge, il allait livrer à vélo ou donnait la main à ses proches. C’est sans doute aussi dans cet univers qu’il s’était épris de la musique car c’était un excellent joueur de clarinette, saxophone et accordéon.
Mobilisé en 1939, il avait alors 20 ans, il fut fait prisonnier entre Charmes et la Meurthe-et-Moselle. Durant cinq ans, il travailla alors dans une ferme à Mutterstadt, en Allemagne.
Après la Libération, il a épousé, en septembre 1947, une jeune fille de Saint-Dizier, Madeleine Benicy, avec qui il a eu la joie d’avoir trois enfants : Alain, en 1948, retraité de l’Education nationale, trois filles, qui demeure à Golbey ; Maryse, en 1949, employée au conseil général des Vosges, qui habite Chantraine, et Marie-Claude, malheureusement décédée après quelques jours. Il a également connu la joie de devenir arrière-grand-père à sept reprises.
C’est dans cette même ville de Saint-Dizier qu’il avait débuté sa vie professionnelle comme caissier principal chez Pomona avant d’arriver à Chantraine en 1958 à l’heure de ses premiers pas de VRP. Une cité qui le verra d’abord habiter au groupe Ellen puis, à partir de 1969, au 5bis route des Forges. Son veuvage précoce - René Picardel avait perdu son épouse en 1966 - l’avait conduit à se dévouer encore plus pour les autres. Il passait ainsi de nombreux week-ends auprès des organisateurs de cross ou d’épreuves de ski pour permettre aux concurrents et accompagnateurs de repartir avec les listes de résultats.
Au plan communal, au-delà de son dévouement quotidien, on lui devait quelques réalisations qui faisaient sa fierté, comme le câble avec Golbey et Épinal, ou bien encore la maison Charles-Grandemange, ce projet ayant pu être mené à bien grâce à Philippe Seguin avec lequel entretenait une belle amitié.
La cité chantrainoise lui devait aussi une fête folklorique qui fit la renommée de la ville. Dans les années 80, il avait acquis le restaurant La Chaumière. Un élément du patrimoine chantrainois qu’il entretenait et où il se rendait chaque midi depuis sa retraite. Fidèle lecteur de
L’Est Républicain, René Picardel était un amoureux de la chose publique. Sa plus grande fierté était sans doute d’avoir aussi fondé un des premiers bulletins communaux, il y a près de cinquante ans. C’était enfin un membre assidu des réunions de la classe 39 d’Épinal-Chantraine.
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Vosges Matin , 28 novembre 2008 ]