2021 —
Texte de Jean-Marie Roumieu.
Gérard, mon ami,
Á ton tour, tu nous quittes.
Nous nous sommes connus en sixième à Saint-Joseph en 1950 où tu es arrivé avec ton « jumeau » Joel Grisward et d’autres anciens élèves de Jean-Paul Marchal à l’école Saint-Goëry.
D’externe, tu es devenu interne et a suivi une scolarité résumée par notre chanoine Lacourt, professeur de seconde et poète :
De Gérard on répète :
« Quel excellent garçon ! »
« Hélas, ajoute-t-on,
Kopf manque un peu de tête. »
Parcours normal d’un sujet marqué par l’influence familiale, tes parents libraires t’ont donné le goût du livre et du papier ainsi que celui des Images d’Épinal. Ton père, officier de réserve et supporter du SAS football, t’a transféré ses valeurs et ses passions.
Tu as choisi d’intégrer la fac de médecine à Nancy. Après des premières années où tu fus plus militant UNEF avec ton ami André Rossinot que brillant étudiant, tu as découvert ta vocation au contact des malades où ton altruisme a pu se découvrir.
Lors de ton service militaire, alors que tu souhaitais le faire dans les rangs de la Légion Étrangère, tu as été affecté à La Réunion.
Revenu en France, tu es devenu médecin anesthésiste, puis tu as rencontré Marie, ton épouse bretonne, elle-même anesthésiste, qui t’a apporté son énergie et t'a stabilisé tout en respectant ton indépendance.
Père de deux enfants, ta carrière hospitalière à Vittel, Neufchâteau, Langres ne t'a pas empêché de mener de nombreux engagements : auprès des pompiers où tu as terminé médecin commandant, auprès de Médecins sans frontières qui t’a mené en Afrique puis en Serbie dans le cadre de missions militaires où tu es devenu médecin-colonel (er).
Tout cela parallèlement à une passion pour Jeanne d’Arc et Charles Péguy, ainsi que pour l’Imagerie d’Épinal dont tu fus un grand collectionneur et défenseur. Lors du décès de ton ami le docteur Jacquot, tu tentas de prendre sa succession au Conseil Général où tu aurais été un brillant, et unanimement apprécié, chargé de la Culture.
Résumer ta vie éclectique est difficile. Néanmoins, ta plus belle réussite fut d’avoir, grâce à ton épouse, accompagné tes deux enfants : ils t’ont apporté la confirmation que l’exemple et les valeurs transmises restent dans la lignée.
Merci Gérard.
Depuis nos retraites, les deux anciens de Saint-Jo se sont retrouvés et ont appris depuis vingt ans à mieux se connaitre, ayant de nombreux centres d’intérêts communs en particulier celui de notre ville d’Épinal. La solidarité face à la maladie nous a réunis avec Jean-Pierre qui nous a quittés il y a deux ans.
Toi qui en 2016 espérais pavoiser le 11 novembre 2018, tu as pu le faire. Et depuis, régulièrement, je t’ai soutenu dans ton combat face à ce « crabe » qui t'avait déjà enlevé ton épouse. Ton combat fut pour moi, et tous tes condisciples et amis, un exemple de courage et volonté.
Tous ensemble « Haut les cœurs ».
Ce n’est qu’un au revoir mes frères !
[Jean-Marie Roumieu.]
2021 —
Neufchâteau.- Disparition du docteur Gérard Kopf
Figure emblématique de la ville, le docteur Gérard Kopf, anesthésiste-réanimateur à l’hôpital de Neufchâteau de 1976 à 1995, est décédé le 24 novembre à l’âge de 83 ans, des suites d’un cancer de la prostate métastasé contre lequel il a lutté pendant 17 ans.
Né à Épinal, Gérard était marié à Marie-Thérèse née Le Jeloux, médecin anesthésiste-réanimateur comme lui et décédée en 2004. Ensemble, ils ont eu deux enfants, François, avocat au barreau de Paris et Catherine, cadre en entreprise dans les médias. Sept petits-enfants ont fait le bonheur de la famille.
Gérard était un féru d’histoire et notamment de celle de Jeanne d’Arc. Médecin colonel dans l’armée, engagé dans la vie associative (président du Rotary-Club en 1990 et 1991) et citoyenne (conseiller municipal à Neufchâteau de 1983 à 1989, vice-président du Syndicat d’initiative depuis mai 1989), il eut aussi une riche carrière au sein des sapeurs-pompiers, comme médecin-capitaine puis médecin-commandant au centre de secours principal de Neufchâteau, mais aussi médecin-chef adjoint chargé des affaires opérationnelles du service de santé et de secours médical des Vosges. Il assura aussi des missions d’urgence dans différents pays avec Médecins du monde.
Ses grandes collections d’images d’Épinal, d’affiches, de vieux papiers, de cartes postales ou de journaux, attestaient encore de son goût pour le patrimoine au sens large. Les musées, les monuments, les fortifications ou ses lectures d’ouvrages sur les deux Guerres mondiales occupaient ses temps libres. C’est une mémoire de la ville qui s’en va.
[Vosges Matin, 26 novembre 2021.