Prune ANTOINE

[ Epinal , 18/06/ 1981 – , ]

journaliste, autrice

Auteur vosgien

1981
Prune Antoine, née le 18 juin en 1981 à Épinal, est une journaliste française indépendante spécialisée dans les pays européens de l’Est et de l’ancienne URSS.

Elle est la fille du journaliste et romancier Jean-Louis Antoine.

Elle est titulaire d’un Master de Droit international et de science politique .
2008
Après avoir résidé en France, Hongrie, Espagne et Angleterre, elle s’installe en 2008 à Berlin comme journaliste indépendante.
Écrivant exclusivement en français, elle s'intéresse principalement au monde post-soviétique. Elle réalise de fréquents déplacements de l’Europe centrale à l’Europe de l’Est, des Balkans à la Russie et au Caucase, s'attachant à en dépeindre les contradictions ou les conséquences des conflits récents, notamment sur les femmes.
Ses articles qui traitent également de l'Allemagne sont publiés dans divers journaux et magazines : GEO, L’Obs, Médiapart, M, le magazine du Monde, Madame Figaro, Elle, The Guardian, Le Monde diplomatique. Elle travaille pour la chaîne de télévision Arte, où l’émission Karambolage a diffusé plusieurs de ses récits.
Son style littéraire a été qualifié de brut, vif et authentique et de précis, direct et volontiers trempé dans un humour ravageur et impertinent. Il s'exprime aussi sur le web dont elle apprécie la liberté de ton et le côté terrain vierge : tout est à inventer, on peut être créatif, audacieux, irrévérencieux.
2009
Dès 2009, elle travaille sur le sujet des armes chimiques et conventionnelles immergées par les Alliés en 1945 en mer Baltique, au moment de la construction du Nord Stream, gazoduc reliant la Russie à l'Allemagne.
2009-2015
Les reportages de Prune Antoine lui ont valu le Young European Journalist Award en 2009, deux Prix Louise-Weiss en 2010 et 2014, et le Prix Éco-Reportages en 2015.
2012
Avec son récit dans les coulisses des Pussy Riot à Moscou en 2012, elle a également été sélectionnée pour le European Press Prize.
2013
En 2013, elle bénéficie d'une bourse journalistique Brouillon d'un rêve de la Société civile des auteurs multimédia (SCAM) qui lui permet de poursuivre des investigations entre l'île de Bornholm au Danemark, les côtes polonaise et lituanienne et sur les plages allemandes.

Elle reçoit par ailleurs une bourse du Journalism Fund qui lui permet de mener, en tandem avec une journaliste polonaise et pendant deux ans, une enquête sur les trafics d'organes au Kosovo. Son long format, Cadavre exquis au pays des merles noirs, est publié en douze chapitres, de juillet à octobre 2014 sur Cafébabel. Pour celui-ci, elle se voir décerner pour la deuxième fois le Prix Louise-Weiss, catégorie décryptage.
Dans le même temps, elle couvre d'autres sujets, comme les femmes violées durant la guerre en Bosnie ou l'opposition féminine à Vladimir Poutine en Russie.
2015-2016
Lauréate d'une autre bourse du Journalism Fund, elle se lance dans une nouvelle enquête européenne. Avec un journaliste lituanien et un photographe allemand, elle s'intéresse à la re-militarisation de l'enclave de Kaliningrad et à la nouvelle rhétorique de guerre froide qui affole la région, entre déclarations belliqueuses, rétablissement du service militaire ou nouveaux systèmes de surveillance des frontières.
Entre 2015 et 2016, elle se rend en Lituanie, en Pologne et en Russie, afin de sonder des habitants devenus otage de cette guerre hybride, faite d'escalade militaire et rhétorique. Le fruit de cette collaboration transnationale, le long format Bruits de la guerre en plein coeur de l'Europe, sera publié par Médiapart  en juillet 2016 et récompensé par le Prix Philippe Chaffanjon du Reportage multimédia 2017.
2017
Avec Gil Skorwid et Jan Zappner, elle reçoit en 2017 le Prix Chaffanjon du Reportage multimédia.
2019
Finaliste du Prix Goncourt du premier roman avec L'Heure d'été.
Elle co-fonde et dirige le projet Sisters of Europe, une plateforme qui regroupe une équipe de 70 journalistes et photographes indépendants pour documenter la condition féminine dans l'Europe post #MeToo : 27 portraits de 27 femmes dans 27 pays, une série de débats dans diverses capitales et deux nominations, au Prix franco-allemand du journalisme 2020 et au European Press Prize 2021, catégorie Innovation.
2020
Sur son blog Plumaberlin.com, Prune Antoine évoque l’époque et les soubresauts de l’actualité qu’elle interprète avec un ton décalé et un style affuté. Elle déroule par exemple une chronique jubilatoire #MyFunnyQuarantine, durant la pandémie de Covid 19 en 2020 où elle raconte son quotidien de confinée allemande avec sa petite fille Nil et son compagnon. Teintée d’un humour corrosif qui est sa marque de fabrique, la série profite de son regard féminin facétieux et plein d’autodérision.
2023
A Berlin, Prune Antoine est finaliste du Prix du journalisme franco-allemand avec le podcast « Peut-on vivre avec la guerre ? », réalisé avec Louie Media.

Dans le même style, la journaliste-romancière livre des séries d’été désopilantes et graves à la fois pour la presse magazine et notamment pour le Nouvel Obs où elle brosse la destinée nuancée des femmes d’aujourd’hui, libérées par #MeToo et soucieuses de pimenter leurs vies d’aspirations trempées d’hédonisme et d’humour. Paraissent MILF, le grand réveil érotique en 2023 et Moi et mes Toy boy en 2026 où elle explore ce que #MeToo a changé dans les corps, les relations, et jusqu’au désir en temps de guerre.
Entretemps, Prune Antoine représentée par Laurence Laluyaux, de l’agence RCW Literary à Londres, poursuit ses recherches sociétales pour nourrir ses reportages et son oeuvre littéraire.
Invitée en tant que journaliste à l’Institut Max Planck de droit international de Heidelberg, Prune Antoine bénéficie de la bourse Milena Jesenska à l’Institut des Sciences Humaines de Vienne.
En préparant La Mère diabolique, j’ai commencé à m’intéresser aux biais de genre dans la justice pénale et dans la psychiatrie, explique-t-elle. J’ai cherché à comprendre comment les femmes sont jugées, expertisées, évaluées. A l’automne 2023, j’ai obtenu une bourse de recherche à l’Institut des Sciences humaines de Vienne pour travailler sur les femmes et la psychiatrie. Quels critères sont utilisés pour évaluer les troubles psychiques au féminin ? Sont-ils justes ? Adaptés ? Et les traitements ? J’ai alors découvert la psychiatrie reproductive…
2024
C’est l’une des missions de l’Europe : pousser les États membres à prendre des mesures exemplaires pour l’égalité et contre le harcèlement sexuel. Mais au sein de son instance la plus démocratique, le Parlement, la débauche a fait place au silence. Officiellement, il n’y a jamais eu d’agressions sexuelles (ou alors une seule ?). Publié en juin 2024 par le média belge Médor, l’enquête de Prune Antoine (Parlement européen, la partouze est finie…) entraîne une onde de choc au sein de l’administration européenne. Sous l’omerta perce la mauvaise conscience. Son investigation est nominée au True Story Award 2025, prestigieuse reconnaissance internationale qui le déniche parmi les 1049 reportages sélectionnées sur la planète journalistique.
2025
A Bern, elle est finaliste du True Story Award pour son enquête La partouze est finie, publiée par le média belge Médor.

Hôte de la Villa Albertine aux Etats-Unis en 2025, Prune Antoine profite de sa résidence au Texas pour approfondir sa quête… Aux États-Unis, la psychiatrie reproductive est une discipline médicale récente en plein boom, qui se concentre sur les liens entre le cycle menstruel, les bouleversements hormonaux et la psychiatrie. Il existe des thérapeutes, des cursus universitaires, des unités psy spéciales. En Europe, nous n’en avons quasiment pas entendu parler. D’où cette question que j’aimerais traiter de manière très incarnée dans un nouveau projet de non-fiction littéraire : est-ce que la psychiatrie reproductive pourrait révolutionner la prise en charge de la santé mentale des femmes (en chute libre depuis la pandémie) ? Pourquoi ? Comment ?  Mon idée est de m’immerger dans une clinique pendant plusieurs semaines et d’observer ce qui s’y passe : qu’est-ce que ces femmes en souffrance mentale nous disent aussi de l’Amérique ? Implanter ce projet dans l’un des Etats les plus conservateurs des Etats-Unis, le Texas, n’est pas un hasard : je veux comprendre à quel point la politique influence la vie des femmes, leurs histoires les plus intimes. On voit déjà combien l’agenda conservateur porte atteinte aux droits des femmes, comme avec l’interdiction de l’accès à l’IVG.
Au terme de sa résidence américaine, Prune Antoine synthétise son expérience lors d’une conférence qu’elle donne à la chapelle Rothko de Houston, dont elle entend s’inspirer pour l’un de ses prochains ouvrages.

Prune Antoine développe sa ligne éditoriale singulière sur Substack, où ses posts réguliers évoquent ses interrogations sur les modes d’expression littéraires, les débats fiction/non-fiction, les paradoxes et les contradictions des sociétés contemporaines.
2026
Breaking Bad en Europe centrale.- La drogue, miroir déformant des sociétés ? La méthamphétamine qui gangrène la MittelEuropa n’ouvre pas les portes d’autres mondes possibles, mais aide à supporter les cadences à l’usine, à oublier la dureté du présent, à repousser un avenir sinistre. Dans les zones frontalières, les laboratoires clandestins éclosent partout, la production se professionnalise et profite au grand marché européen. Publié dans Le Monde diplomatique en juillet 2026, le grand reportage de la journaliste lève le voile sur l’essor de la Meth, cette cocaïne du pauvre qui inonde le Marché unique depuis l’Europe centrale. Ce Breaking Bad agit comme un révélateur qui fait froid dans le dos.

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