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Paul ODINOT

[ Remiremont (88) , 07/10/1884 Fès (Maroc) , 20/04/1958 (73 ans) ]

/ pseudonyme : Jean FRAPELLE

Auteur vosgien

Biographie

1884
Paul Odinot en 1939.
Paul Odinot en 1939.
Fils de Nicolas Ernest Odinot, instituteur au Void-d’Escles puis au Thillot, professeur puis directeur d’école à Remiremont, et de Louise Émélie Brenier, Paul Odinot naît né à Remiremont, rue du Canton, le 7 octobre.
1907
Saint-cyrien.
1909
L’année 1909 marque le début de sa passion pour l’écriture.
1911-1912
Il sert dans les Affaires indigènes en Algérie (1911), puis arrive au Maroc (1912), avant de rejoindre le front du Rif (jusqu’en 1916).
1916
Il est fait chevalier de la Légion d’honneur le 7 novembre.
1918
De retour aux Affaires indigènes, il combat comme officier dans le pays zaian à Medagha.
1923
Marié à Nanterre (92) le 29 décembre 1923 avec Khdidja Bent Salah, lui 39 ans, elle 22 ans environ. Naissance de 6 enfants au Maroc.
1926
Il revient à Fès pendant la guerre du Riff.
1929
Il est nommé chef de bataillon.
1930
Il prend sa retraite de militaire (anticipée) avec le grade de commandant. Après son retour à la vie civile, il exploite un domaine agricole qui lui a été concédé dans la vallée de l’Ouergha sur les pentes de l’Arechgou, où il vit avec sa femme et ses six enfants.
Élu membre de la Société des gens de lettres.
1933-1939
Colon, prospecteur, journaliste, il est délégué du 3e Collège de Fès et collabore à divers périodiques. Il développe parallèlement une œuvre littéraire abondante inspirée de ses observations du monde marocain.
1934
Il fait partie de la Société des écrivains combattants, tout en étant membre du jury du Prix littéraire Maroc.
1938
Officier de la Légion d’honneur le 8 juillet.
1956
Il est élu membre correspondant de la 1re section de l’Académie des sciences coloniales le 20 avril.
1958
Il décède à Fès (Maroc) le 20 avril.
2020
En octobre, les Archives municipales de Remiremont achètent un Fonds Oudinot auprès de la librairie Le Monde à l’envers de Montargis. Ces manuscrits ont été acquis par le libraire auprès d’un particulier, pompier de profession qui, après avoir sauvé une femme des flammes lors de l’incendie d’un appartement parisien, hérite à son décès d’une résidence secondaire dans le Loiret, où il découvre ces manuscrits conservés au grenier.
Par ailleurs, les Archives municipales de Remiremont conservent une partie de sa correspondance avec Lyautey (1910-1929), des lettres d’officiers supérieures (1916-1934), de Redelsperger (1911-1918), de personnalités diverses dont les écrivains Roland Dorgelès (1940), Henri Barbusse (1921,1922), Colette, Maurice Barrès (1910,1914, 1923), Louis Bertrand (1922-1935), Emile Blémont (1923), Charles Sadoul (1928) (1910-1955).

Notices documentaires

1970 — ????

Paul Odinot est né en 1884 à Remiremont dans les Vosges. Officier des Affaires indigènes, arrivé au Maroc en 1911/1912, il quitte l’armée en 1930 : assez ouvertement critique, dans ses romans, à la politique du protectorat son avenir militaire était compromis !

Il écrit dès 1909, parfois sous le pseudonyme de Jean Frapelle, différents textes sur le thème du pourquoi vivre, du mariage ou plutôt contre le mariage, puis à partir de 1912  sur ses premières impressions du Maroc. Il publie dans la revue Le pays lorrain de courts textes sur son enfance.

En 1921, il publie Apprendre à mourir inspiré de la Grande Guerre à laquelle il a participé.

Son premier roman sur le Maroc, en 1923, est le Le Caïd Abdallah, roman suivi de Fathma Drissia, chanteuse de Fès. Ce roman, commencé en 1920, devait s’appeler Le Caïd Djilali.

Dans un Avertissement au lecteur en présentation du livre, Odinot évoque le pessimisme et le manque de confiance qui peuvent se dégager de son roman-fiction : c’est parce que nul ne peut affirmer que le mariage de raison France-Maroc, se transformera en mariage d’amour. Il ajoute : Le Maroc est une femme (par beaucoup de points), une femme arabe qui n’a pas choisi son mari, une femme dont il faut maintenant se faire aimer. Faut-il employer avec elle la douceur ou la violence ?
Doux – mais faible, ou violent – mais juste, l’amant sera toujours berné ! Mais il reste un espoir : c’est qu’ils ne se séparent pas avant d’avoir fait un enfant !
.

Ce livre lui vaut aussitôt la disgrâce : le maréchal Lyautey l’envoie sans délai dans une obscure garnison française avec sa femme marocaine et ses enfants ! Pourtant (ou peut-être à cause de cela !) Odinot avait dès le début de son Avertissement au lecteur écrit : Ce livre est un roman. La fiction s’y mêle à la réalité. Il m’est donc interdit d’y placer le nom auquel je songe, auquel tous songent quand on parle du Maroc et de l’œuvre accomplie au Maroc. Qu’il me soit permis cependant de dire mon immense respect, mon immense admiration pour le grand génie qui a su, contre vents et marées… présenter la France au peuple marocain avec un tel prestige. Si la cause de la France, associée pour l’avenir au Maroc, n’est pas gagnée, nul autre ne la gagnera.

Odinot revient à Fès en 1926 pendant la guerre du Riff. Sa valeur reconnue d’arabisant, sa connaissance de l’âme marocaine, son expérience des tribus du nord et du Riff (il avait écrit Le Caïd Abdallah à partir des souvenirs de son passage au poste des Affaires indigènes de Kelaa des Slees) rendent sa présence utile dans la région… et Lyautey a définitivement quitté le Maroc depuis le 10 octobre 1925.

Il publie, en 1926, Le Monde marocain dans la Collection Sociologique La vie musulmane et orientale publiée sous la direction d’Edmond Doutté.

Parce qu’il est plein de l’expérience vécue, parce qu’il est complexe et même sans ordre rigoureux, le livre de M. Paul Odinot est un document instructif : l’auteur s’est baigné dans le milieu musulman ; marié à une femme musulmane, père d’enfants dans l’esprit desquels deux civilisations se mêleront, son métier des Affaires indigènes l’a mis aux prises avec les passions du monde berbère et arabe ; il y a éprouvé l’amour et la haine, il y a essayé son jugement à en régler les conflits ; il a connu aussi le jeu des idées générales et il s’est même essayé à démonter le mécanisme de l’âme musulmane, croyant pouvoir la soumettre à l’analyse psychologique. Et ses interprétations, même contradictoires, même erronées peut-être parfois ont contribué à presser, à entourer, à délimiter la réalité de ce sujet difficile, pendant que son style personnel, ses phrases incisives, sa secrète sympathie font surgir la vision aux yeux du lecteur. Il dégage, en un mot, d’une façon sans doute encore imparfaite, mais combien attirante, la notion collective d’un monde « marocain ».

… En 1929, il traduit sous le titre Le Maroc disparu le livre du docteur Harris Morocco that was (cet ouvrage a été publié à nouveau en 1994 sous le titre Le Maroc au temps des sultans).

En 1929, il publie quelques souvenirs dans Le Pays Lorrain.

Pour une fois, Odinot ne déclenche pas l’ire de sa hiérarchie… Il n’est que traducteur d’un livre dont la version française est préfacée par le Général Gouraud et comporte une introduction d’Édouard Michaux-Bellaire ; tous deux félicitent le capitaine Odinot pour l’habileté et la qualité de sa traduction.

Quelques mois plus tard, en 1930, Odinot prend sa retraite avec le quatrième galon. Son sens critique, utile pour un écrivain, ou pour un homme politique ne peut que lui apporter déboires et désillusions dans le monde militaire… surtout à cette époque.

Après son retour à la vie civile, Odinot exploite un domaine agricole qui lui a été concédé dans la vallée de l’Ouergha sur les pentes de l’Arechgou où il vit avec sa femme et ses six enfants.

Il publie, occasionnellement, des monographies sur Fès, le Riff, les tribus de l’Ouergha et des chroniques d’ethnographie dans le Courrier du Maroc, et dans La Vigie marocaine.

Journaliste engagé, il écrit aussi chroniques et points de vue dans les journaux marocains pour dénoncer la politique de la France au Maroc, ce qui lui vaudra quelques fois des relations journalistiques délicates avec ses confrères aux idées plus conformes à l’air du temps !

Il est membre de diverses associations : Amis de Fès, Vieux marocains et est également délégué du 3ᵉ collège au Conseil de gouvernement où ses interventions et prises de position ne sont pas toujours du goût de la Résidence.

Il décède à Fès à l’hôpital Auvert, probablement d’une crise cardiaque, le 20 avril 1958 et repose au cimetière de Dar Mahrès à Fès.

Sources structurées

  1. ???? 1970

Bibliographie


Romans ↑ haut

Couverture : Le Caïd Abdallah, suivi de Fathma Drissia, chanteuse de Fès (1923) Couverture : Le Caïd Abdallah, suivi de Fathma Drissia, chanteuse de Fès (1932) Couverture : Le Caïd Abdallah, suivi de Fathma Drissia, chanteuse de Fès (2018)
Le Caïd Abdallah, suivi de Fathma Drissia, chanteuse de Fès ( 1923 )
1. 444 pages manuscrites (les cahiers sont numérotés de 1 à 87) .
Conservé aux Archives municipales de Remiremont.
2. Collection littéraire de la Renaissance du livre, 1923.
3. 1932
4. Dar Al Amane éditeur, 2018.- 282 p.- ISBN : 9789954701706.
C'est une belle histoire, mais le lecteur n'en trouvera ici que le dénouement, car je veux raconter seulement la vie du caïd Abdallah, que je rencontrai pour la première fois dans la tribu de Beni Mestara, le jour où fut capturé Bou Hamara, son père...

Et je me complais à regarder agir et vivre sous mes yeux ces hommes d'un autre âge, mais dont l'esprit affiné voit aussi clairement que le nôtre, car ils savent méditer, et parce qu'enfin, il n'est pas prouvé que la culture scientifique et la civilisation nous apprennent à bien penser.
Géranium ou la vie d’une femme marocaine ( 1932 )
1. Rabat : Éditions Félix Moncho, ?.- Illustrations Marguerite Delorme.
Ce roman est le plus intime et engagé de Paul Odinot. Il y dépeint, à travers le personnage de Géranium, le destin d'une femme marocaine mariée de force à un homme d'une autre culture. Il utilise cette histoire comme une allégorie directe du Maroc colonisé par la France, concluant par une interrogation lucide et rare pour un officier de l'époque sur l'avenir et l'issue inévitable de cette union forcée.
Mollets de coq ( 1955 )
1. 131 feuillets manuscrits recto verso représentant 259 p. (cahiers numérotés de 1 à 70), et 166 feuillets tapuscrits au recto portant de nombreuses corrections.
Conservé aux Archives municipales de Remiremont.

Nouvelles ↑ haut

Bruit du temps ( 1909 )
1. Cahier de 45 pages tapuscrites. Et 53 pages tapuscrites à double pagination.
Conservé aux Archives municipales de Remiremont.
Vivre ( 1910 )
1. édition Bibliothèque des Marches de l’Est, 1910.- 6 pages.
Conservé aux Archives municipales de Remiremont.
Le Maître des sables ( 1923 )
1. Publiée dans le journal Le Petit Marocain, 1923.- 16 pages.
Conservé aux Archives municipales de Remiremont.

Essais ↑ haut

Femme indigène
1. Sans date. 39 feuillets manuscits numérotés de 1 à 37.
Conservé aux Archives municipales de Remiremont.
Contre le mariage ( 1909 )
1. Manuscrit, vers 1909 : 60 feuillets tapuscrits portant quelques corrections manuscrites. Pamphlet/essai critique remettant en cause l’institution du mariage bourgeois.
Conservé aux Archives municipales de Remiremont.
La Maison du silence ( 1909 )
1. Manuscrit original, vers 1909. Texte intime et sombre de 107 pages articulé autour du thème du suicide.
Pourquoi je vis ou Apprendre à mourir ( 1909 )
1. Manuscrit, vers 1910, 181 feuillets tapuscrits avec corrections manuscrites. Essais et notes de jeunesse. Réflexions existentielles rédigées lorsqu’il était jeune sous-lieutenant en garnison à Épinal.
Conservé aux Archives municipales de Remiremont.
Premières impressions du Maroc ( 1912 )
1.
Conservé aux Archives municipales de Remiremont.
Apprendre à mourir ( 1918 )
1.
Essai/roman de réflexion philosophique écrit durant la Première Guerre mondiale.
Le Monde marocain ( 1926 )
1. Paris : Éditions Marcel Rivière, juin 1926.- In-16, 264 p. et gravures.- Collection sociologique La vie musulmane et orientale publiée sous la direction du sociologue et orientaliste Edmond Doutté.
Illustré de 12 planches photographiques hors-texte en noir et blanc prises directement sur le terrain par Odinot, qui immortalisent des scènes de la vie quotidienne, les paysages de l'Atlas, le monde berbère et les citadins de Fès.
2. Collection sociologique, Marcel Rivière éditeur, 1926.
La Première communion d’Abd-el-Kader ( 1927 )
1. Paris et Bruxelles : Eugène Figuière éditeur, 1927.
Récit ou essai historique s'intéressant à des thématiques coloniales et religieuses.

Traductions ↑ haut

Le Maroc disparu / docteur Walter B. Harris ( 1929 )
1. Titre original : Morocco that was.- Paris : Plon, 1929.
Anecdotes sur la vie intime de Moulay Hafid, de Moulay Abd-el-Aziz et de Raissouli, ouvrage historique de Walter Burton Harris.
2. Sous le titre Le Maroc au temps des sultans

Articles ↑ haut

Souvenirs ( 1929 )
1. Il publie quelques souvenirs dans Le Pays Lorrain.
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Paul ODINOT », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=5097 (consultée le 17 septembre 2026).

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