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Jean Joseph Alexandre WEHRLE

[ Rambervillers (88) , 12/03/1798 Nancy (54) , 06/01/1881 (82 ans) ]

négociant

Biographie vosgienne

Notices documentaires

1881 — La Semaine religieuse de Saint-Dié

NÉCROLOGIE. — M. ALEXANDRE WEHRLE. — Nous devons une mention spéciale à la mémoire de cet éminent homme de bien et de bonnes œuvres ; d’autant plus qu’il appartient d’une certaine manière à notre diocèse, étant né et ayant passé la première partie de son honorable existence à Rambervillers.

Nous empruntons à M. Vagner, son illustre collaborateur dans les œuvres de charité, ces quelques lignes qu’il lui a consacrées dans l’Espérance du 8 janvier :
« Le jeudi 6 janvier est décédé à Nancy, dans sa 83ᵉ année, un homme dont la mémoire restera longtemps en vénération au milieu de ses concitoyens.
« M. Jean-Joseph-Alexandre Wehrle, chevalier de Saint-Grégoire-le-Grand, ancien négociant, ancien juge au Tribunal de commerce, un des fondateurs de la Maison des Apprentis et vice-président de sa commission d’administration, président honoraire des Conférences de saint Vincent de Paul de Nancy, de l’Association catholique des Patrons, membre de la commission de surveillance des Écoles chrétiennes, etc., s’est endormi doucement dans le Seigneur, laissant à tous un modèle de travail laborieux, d’honneur commercial, de foi intrépide, de charité persévérante, d’initiative intelligente, et d’énergique résolution dans le bien. Quand vint sa 80ᵉ année et, avec elle, les infirmités de cet âge avancé, il se retira des Œuvres actives, sans pourtant s’en désintéresser et il resta pour toutes un conseiller aimé et écouté. Mais sa pensée principale fut de se disposer mieux encore à l’acte le plus important de la vie du chrétien, au grand passage du temps à l’éternité. Et certes il s’y était préparé et nous ne l’avons guère rencontré depuis, sans qu’il nous dît : « Je suis prêt et je répète chaque jour au Bon Dieu : Comme vous voudrez et quand vous voudrez. »
« Avec de tels sentiments, la mort n’a rien qui effraie ; et il ne devait pas être troublé, l’homme qui pouvait présenter à son juge une si riche corbeille de mérites.
« Mérites acquis dans les Œuvres de saint Vincent de Paul où il prit successivement une part des plus importantes, comme trésorier général, comme président de la Conférence de saint Sébastien et comme président du Conseil particulier. En cette dernière qualité, il fut souvent appelé à prendre la parole dans des allocutions fraternelles et ils sont nombreux les témoins qui s’étonnaient de l’onction de sa parole, de la netteté de ses idées, et de l’élévation de sa pensée. Car M. Wehrle, dont la jeunesse s’était dépensée en travaux manuels, et la maturité de l’âge dans les chiffres commerciaux, n’avait point été préparé au ministère de la parole par des études littéraires. Mais son esprit était juste, son désir de connaître grand, sa mémoire remarquable. Il lut beaucoup, et il ne lut que des ouvrages dignes d’un esprit sérieux et il y acquit une érudition, une connaissance des hommes et des choses, qui l’eussent conduit haut, si, dès sa jeunesse, il avait été dirigé vers une vocation publique et libérale.
« Mérites acquis dans les Œuvres de jeunesse. Il commença, à saint Vincent de Paul, à s’occuper des apprentis que cette Société avait adoptés. L’expérience lui prouva bientôt que ce qui n’était qu’un accessoire de l’Œuvre des Conférences méritait plus et mieux. C’est alors qu’avec quelques hommes d’élite, M. l’abbé Harmand, M. Élie-Baile et autres cœurs dévoués, il jeta les bases de cette belle institution de la Maison des Apprentis, qui est un modèle dans son genre et qu’une foule de villes nous envient. Si l’on essayait de dire tout ce qu’il a dépensé de temps, de soins inquiets, d’intelligence, de sages conseils et de dévouement, on exciterait certainement l’admiration de beaucoup d’hommes qui ne connaissent pas cette création merveilleuse, si visiblement bénie par la Providence ; mais pas n’est besoin d’en rappeler le souvenir impérissable ni à ses excellents collaborateurs, ni aux nombreux ouvriers qui doivent à la Maison des Apprentis leur éducation morale et religieuse, leur instruction professionnelle et leur avenir.
« Qu’ajouter à cet aperçu rapide des mérites du vénérable patriarche que nous pleurons ? Par ce que nous venons de dire, on peut supposer déjà qu’il ne voulait rester étranger à rien de ce qui s’est fait de bien et de bon dans notre cité. Ainsi on le vit sans cesse tout à tout, tout à tous. S’agissait-il des patrons catholiques ? M. Wehrle s’inscrivait des premiers. S’agissait-il de la surveillance des Écoles chrétiennes ? Il ne manquait à aucune visite, remplissant son rôle avec l’aplomb d’un vieux professeur. S’agissait-il de manifestations religieuses ? Sa signature et sa personne étaient là ; de souscriptions au profit de telle ou telle Œuvre ? Il apportait de bon cœur son offrande. Et comment, dans sa modeste aisance, trouvait-il le moyen de se livrer à toutes ces générosités ? En s’imposant à lui-même des privations et en vivant avec une sobriété d’anachorète.
« Aussi sa mémoire sera précieuse devant les hommes, et sa couronne belle devant Celui qui ne laisse pas sans récompense le verre d’eau donné en son nom. »

Sources structurées

  1. La Semaine religieuse de Saint-Dié 1881
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Jean Joseph Alexandre WEHRLE », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=5117 (consultée le 27 août 2026).

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