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Jean Nicolas BONNET

[ Remoncourt (88) , 17/05/1794 Remoncourt (88) , 29/10/1877 (83 ans) ]

notaire , conseiller général

Biographie vosgienne

Notices documentaires

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

BONNET Jean (Nicolas)
(17 mai 1794, Remoncourt - 29 octobre 1877, Remoncourt)

• Maire de Remoncourt.
• Conseiller général du canton de Vittel de 1852 à 1858.
• Notaire.
• Marié.

Jean Bonnet, né le 17 mai 1794 à Remoncourt, de l’union de Jean-Claude, négociant et de Marie-Libaire Garnier, suit avec succès des études de droit. Il s’installe notaire le 2 octobre 1822, tout d’abord à Domjulien suite à maître Louis Martin, puis il est autorisé à changer de résidence et se fixe dans son village natal le 20 octobre 1834. Il se retire le 19 septembre 1874, au profit de maître François Hoffmann.

Au début du XIXe siècle, Vittel n’est pas encore la prestigieuse station thermale du département des Vosges. Pourtant, la future patrie de la famille Bouloumié est, depuis la Révolution française, chef-lieu de canton. Un statut que lui combat la cité voisine de Remoncourt. Depuis des années, la rivalité est grandissante entre les deux communes et les querelles de clochers sont omniprésentes. Ces différents se traduisent bien sûr au niveau politique.

Aux élections cantonales de 1852, maître Jean Bonnet, notaire et maire de Remoncourt, est élu conseiller général du canton de Vittel. Il y reste six ans. Un mandat... mais un mandat de trop pour l’administration départementale et son représentant Gaétan Delmas (futur maire et conseiller général de Saint-Menge), sous-préfet de l’arrondissement de Mirecourt.

Maître Bonnet est considéré comme un homme honnête, de peu d’instruction, de peu d’éducation, mais doué d’une certaine finesse paysannesque qui lui vaut sa popularité. Sa réélection ne paraissait pas possible en 1858. En outre, l’administration préfectorale le savait très déplacé au conseil général où son isolement était complet, où sa parole, ses allures, son costume même, provoquaient des sourires, des moqueries. Et puis... d’un autre côté, à cette époque, l’ancienne rivalité entre la commune de Remoncourt et la ville de Vittel s’est brusquement réveillée. Remoncourt a depuis longtemps la prétention de remplacer Vittel comme chef-lieu de canton.

Dans la lutte qui allait s’ouvrir, les communes voisines de Remoncourt voulaient un candidat différent de celui que choisiraient les communes suburbaines de Vittel. Jean Bonnet, élu en majorité par les électeurs de sa commune, ne se retire de la compétition qu’à grand regret. Dans des circonstances assez délicates, toujours, l’administration départementale, crut devoir indiquer et soutenir François Bastien comme candidat du gouvernement. Le choix est habile. En sa qualité de président du tribunal civil de Mirecourt, François Bastien rayonne sur tout l’arrondissement. Son nom est partout connu. Cette candidature supprime aussi celle de l’infortuné maître Bonnet dont François Bastien est le vieil ami. Et pourtant, la combinaison est repoussée par un grand nombre d’électeurs, qui persistent à considérer le président du tribunal comme étranger et demandent un candidat domicilié dans le canton. Ils improvisent une candidature locale, celle du maire d’Estrennes, Jean-Baptiste Perrin, membre du conseil d’arrondissement de Mirecourt, personne âgée très riche, très connue dans la contrée, très honorable, très charitable... mais sans aucune prétention politique. Sur l’invitation de la préfecture, il déclare publiquement qu’il n’accepte pas la candidature. Son nom obtient cependant un tiers des suffrages. François Bastien est élu et Jean Bonnet retourne à sa chère étude notariale.

Marié à Victoire-Joséphine Maire, il est père notamment d’une fille, Marie-Félicie. Celle-ci épouse le 23 octobre 1877 à Remoncourt, Ambroise Bouloumié, le fils de Louis Bouloumié, fondateur de la station thermale vittelloise. Jean Bonnet ne connaîtra jamais ses illustres petits-enfants, Jean et Germaine Bouloumié. Six jours après le mariage de sa fille, il décède à son domicile à l’âge de quatre-vingt-deux ans.

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

Sources structurées

  1. Le Grand livre des élus vosgiens 2003 — Bertrand MUNIER
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Jean Nicolas BONNET », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=5195 (consultée le 2 septembre 2026).

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