2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
CHANAUX-VOILLEMIN Marcelle
(5 octobre 1917, Condes, Haute-Marne – 13 août 1979, Martigny-les-Bains)
• Maire de Martigny-les-Bains de 1953 à 1970.
• Conseillère générale du canton de Lamarche de 1951 à 1970.
• Institutrice.
• Mariée, deux enfants.
Les élections cantonales du 7 octobre 1951 entrent dans l’histoire du conseil général des Vosges. Pour la première fois, une femme franchit les portes du prestigieux hémicycle départemental.
L’heureuse élue est Marcelle Chanaux de Martigny-les-Bains. Un quasi événement dans le microcosme politique vosgien. Plébiscitée au second tour de scrutin face au docteur Alfred Legendre, adjoint au maire de Lamarche, elle déjoue tous les pronostics. Son élection est suivie par celle de Françoise Thomas, maire de Bois-de-Champ et conseillère générale du canton de Brouvelieures. Même si l’électorat féminin est présent au lendemain de 1945, ces deux dames feront malheureusement, durant de longues années, figurent d’exception au conseil général. Il faudra attendre les premières élections du troisième millénaire pour voir une Rambuvetaise, Martine Gimmillaro, les rejoindre sur les tablettes de l’assemblée départementale.
Née à Condes dans la banlieue de Chaumont en Haute-Marne, Marcelle Voillemin épouse, le 17 juin 1943, André Chanaux. De ce mariage naissent deux enfants, Anette et Francis. Installé dans la station thermale de Martigny-les-Bains, le couple Chanaux marque de son empreinte son passage à la tête de l’administration communale et départementale. Tout d’abord par André Chanaux, élu conseiller général au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avant que son épouse Marcelle Chanaux n’embrasse une carrière publique. Surchargé par ses occupations professionnelles, André Chanaux ne se croit plus le droit de demander les suffrages, en 1951, des électeurs du canton de Lamarche. Reprenant les grandes lignes du programme de son mari, madame Chanaux se lance dans l’arène politique et se met en congé de l’éducation nationale. Brillamment élue, elle poursuit dans cette voie. C’est ainsi que les élections municipales de 1953, lui permettent d’administrer la commune de Martigny-les-Bains.
Devant de tels succès, elle devient la suppléante du sénateur-maire mirecurtien Henri Parisot. Abandonnant tous ces mandats électifs en 1970, madame Chanaux s’éteint à son domicile de Lamarche le 13 août 1979. Le jour de ses obsèques, les principales autorités civiles vosgiennes lui rendent un dernier hommage. Cette présence symbolise véritablement que madame Chanaux avait réussi à faire l’unanimité, au sein du petit monde fermé de la classe politique... masculine !
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]