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Jean-François DUPRÉ

[ Joué-lès-Tours (37) , 04/03/1928 Epinal (88) , 21/03/1997 (69 ans) ]

avocat , maire , conseiller général

Biographie vosgienne

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Référence suggérée

ecriVOSGES, « Jean-François DUPRÉ », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=5271 (consultée le 7 septembre 2026).

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Bibliographie et sources

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Notices documentaires

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

DUPRÉ Jean-François
(4 mars 1928, Joué-lès-Tours, Indre – 21 mars 1997, Épinal)

• Maire de Xertigny de 1959 à 1973.
• Conseiller général du canton de Xertigny de 1955 à 1973.
• Adjoint au maire d’Épinal de 1983 à 1997.
• Avocat.
• Marié, cinq enfants.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Jean-François Dupré entreprend des études de droit. Inscrit au barreau d’Épinal, il s’intéresse très tôt à la vie publique et au canton de Xertigny. Lors des élections cantonales de 1955, il affronte notamment le conseiller général sortant Pierre Rémy ainsi qu’un candidat socialiste et André Schlienger, conseiller municipal à Dounoux, directeur de société coopérative, candidat d’action sociale agricole et familiale. Au terme d’un premier tour de scrutin âprement disputé, Jean-François Dupré talonne Pierre Rémy — 258 voix de différence — et rappelle : « Bien que jeune, j’ai déjà, dans maintes circonstances, assumé de grosses charges et pris toutes mes responsabilités. J’en appelle à tous pour une rénovation agricole, artisanale, commerciale et économique du canton. » Au soir du dimanche 24 avril 1955, Jean-François Dupré devient le benjamin des conseillers généraux de France. Il est âgé de vingt-sept ans. Inscrit l’année suivante au barreau d’Épinal, l’édile de la Vôge s’engage aussitôt dans une compétition plus importante, mais dans un contexte délicat. Les élections législatives du 23 novembre 1958 lui offrent une belle opportunité de siéger sous les ors du Palais-Bourbon, sur la quatrième circonscription des Vosges, c’est-à-dire celle de Neufchâteau, à laquelle est rattaché le canton de Xertigny. Au fil des rencontres et des débats, le succès de Jean-François Dupré prend de l’ampleur et une prestigieuse victoire lui est promise. D’autant plus que certains médias et observateurs préfectoraux professent que son adversaire direct est pratiquement inconnu dans la région de la Plaine. Albert Voilquin, inspecteur central du Trésor à Vrécourt et ancien séminariste, convoite également un strapontin parisien. Au terme du premier tour de scrutin, le conseiller général certiniacien obtient 19 636 voix et Albert Voilquin 15 515 voix. La victoire finale de maître Dupré et de son suppléant, le pharmacien et maire néocastrien Gabriel Bodenreider, est pratiquement acquise. C’est bien mal connaître Albert Voilquin, dont la forte personnalité va influencer l’électorat. Au demeurant, les maquisards du secteur, quelles que soient leurs opinions politiques, ont toujours gardé beaucoup d’admiration, voire d’affection, pour celui qui fut, à une époque pleine de périls, le meneur d’hommes « Bébert ». Cette part d’affection, on la retrouve dans les voix des deux autres candidats en présence, Léopold Mathieu et Albert Varney. Quant au diocèse vosgien, il n’oublie pas celui qui a une foi profonde et qui avait toujours espéré revêtir la soutane. Enfin, Albert Voilquin obtient, entre les deux tours de scrutin, le concours de conseillers généraux locaux, Mme Marcelle Chanaux, élue de Lamarche, et Guy de La Motte-Bouloumié, élu de Vittel. Ainsi, à la surprise générale, Albert Voilquin renverse la tendance et réalise un score fleuve : 21 798 voix contre 18 634 à maître Dupré. Repartant en campagne électorale un an après, c’est plus aisément que Jean-François Dupré ceint l’écharpe tricolore de maire de Xertigny. Ce succès lui met un peu de baume au cœur, mais les stigmates de son revers législatif auront beaucoup de mal à se cicatriser. Adopté, courtisé au pays de la Vôge, Jean-François Dupré n’ambitionne plus de carrière politique nationale. Le 4 juin 1961, il renouvelle son bail à l’Hôtel du département après avoir souligné : « Votez et faites voter pour que votre candidat entre à nouveau au conseil général des Vosges avec le poids de tous vos suffrages et tout votre appui, ce qui lui permettra de travailler très solidement et permettra à notre canton de continuer à s’élever et prospérer. Je vous remercie par avance. » Six ans plus tard, le 24 septembre 1967, à une très forte majorité, l’avocat spinalien retrouve son fauteuil sous la présidence du tout-puissant Jean Vilmain. Au terme de ce mandat, maître Dupré prend congé de son électorat cantonal et donne également sa démission de premier édile certiniacien, malgré les sollicitations des différents maires du canton, laissant les rênes communales au docteur Michel Bidaud. Par contre, il espère rebondir dans sa ville spinalienne où est situé son cabinet d’avocat : « J’habite et j’exerce ma profession dans le canton d’Épinal-Est qui vient d’être créé ; j’ai donc pensé qu’il me serait plus facile de continuer d’exercer mon action de conseiller général des Vosges en tant que représentant de ce nouveau canton. » Le 23 septembre 1973, il échoue dans son entreprise face au premier adjoint de la cité des Images, Pierre Blanck. Mais la fièvre des élections lui manque considérablement. Aux élections municipales de mars 1977, il rejoint et épaule la candidature de l’architecte Paul Saunier. Maître Dupré est de nouveau défait par Pierre Blanck. Ce n’est qu’en 1983, avec la venue de Philippe Séguin, que Jean-François Dupré est de nouveau sous les feux de la rampe. Le succès du député de la circonscription lui permet d’être nommé adjoint au maire de la ville d’Épinal, chargé des affaires culturelles. Une confiance que lui réitère, à chaque mandat, Philippe Séguin. Le jour de ses obsèques, une foule considérable se presse à la basilique Saint-Maurice d’Épinal afin de rendre un ultime hommage à un homme, à un élu qui ne laissa personne indifférent. L’ancien maire et conseiller général de Xertigny repose au cimetière Saint-Michel d’Épinal. Une stèle est érigée à sa mémoire face à l’ancienne mairie de Xertigny.

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

 

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