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Joseph FLEUROT

[ Le Val-d’Ajol (88) , 15/10/1804 Le Val-d’Ajol (88) , 03/06/1865 (60 ans) ]

teinturier , maire , conseiller général

Biographie vosgienne

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Référence suggérée

ecriVOSGES, « Joseph FLEUROT », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=5296 (consultée le 16 septembre 2026).

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Bibliographie et sources

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Notices documentaires

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

FLEUROT Joseph
(15 octobre 1804, Val d’Ajol – 3 juin 1865, Val d’Ajol)

• Maire du Val d’Ajol de 1857 à 1865
• Conseiller général du canton de Plombières-les-Bains de 1852 à 1864
• Teinturier
• Marié, trois enfants

Joseph Fleurot, qui voit le jour en 1804, appartient à une famille qui a porté très loin la renommée du Val d’Ajol... dans la médecine dite parallèle. Les Fleurot, dynastie très ancienne de rebouteurs sont originaires de Hérival, commune du Val d’Ajol. C’est vers l’année 1600, qu’un chef de cette famille de guérisseurs, Colas Fleurot, plus connu sous le surnom du Val dajou, a acquis ses surprenantes connaissances d’ostéologie. Le secret, pour certains, il le tient des chanoines d’Hérival, tandis que d’autres assurent qu’il a été initié en son art par un médecin suédois qu’il a hospitalisé lors de l’invasion lorraine, ou encore par un médecin de Charles IV qui est venu au Val d’Ajol avec le duc de Lorraine.

Colas Fleurot fait bénéficier ses héritiers de sa science et dans le milieu du XVIIIe siècle. Les Fleurot ont chez eux une grande chambre renfermant des livres de chirurgie, des squelettes d’hommes et de femmes de différents âges dont les os sont reliés, puis d’autres démontés et également des mannequins artistement faits pour l’étude du fonctionnement des muscles. Napoléon III, étant aux eaux à Plombières-les-Bains, vient à plusieurs reprises à Hérival. Les Fleurot en profitent pour lui demander de leur accorder, comme sous l’ancien régime, le droit d’exercer sans aucune inquiétude et sans diplôme, l’art du reboutage. Mais l’empereur, tout en les félicitant de leur dévouement pour les miséreux, regrette de ne pouvoir déroger aux lois de l’Empire.

Les Fleurot, qui se servaient pour les massages d’onguents spéciaux, ont pu cependant continuer le reboutage de père en fils, sans que la moindre protestation ne s’élève dans les rangs du corps médical. Les résultats obtenus sont tels que la renommée des Fleurot parvient jusqu’à la cour de Lorraine. Ils exercent leur métier à Lunéville auprès du monarque polonais Stanislas Leczinski et également auprès de son gendre, le roi Louis XV. Ce dernier, en signe de reconnaissance, veut anoblir Jean-Joseph Fleurot... mais il refuse.

Ce n’est qu’à partir de Joseph, que la famille Fleurot devient fabricant-manufacturier. Fils de Jean-Nicolas Fleurot et de Anne-Françoise Paris, il développe considérablement à la section de la Laître son entreprise de teinturerie. Il associe à cette réussite son épouse Anne-Baptiste Laffond, native de Haute-Saône, dont les deux frères sont eux-mêmes teinturiers ; l’un à Luxeuil-les-Bains, l’autre à Fougerolles. La société Fleurot devient de plus en plus prospère, et en 1846, il entreprend la construction d’une filature. Implanté professionnellement, Joseph Fleurot devient ensuite maire du Val d’Ajol, puis il est conduit par ses concitoyens à l’assemblée départementale des Vosges. Suite au départ du maître de forges de Jarménil, Alcide Febvrel, il est élu conseiller général du canton de Plombières-les-Bains. Il reste sur les bancs de l’Hôtel du département durant douze ans.

L’industriel ajolais ferme les yeux le 3 juin 1865, laissant son héritage à son épouse et à ses trois enfants, François (1835-1900), Charles-Ernest (1837-1902) et Charles Aymé (1840-1870). Son fils aîné quitte le giron familial pour devenir négociant à Fougerolles ; le second décide de franchir les frontières et trouver exil à la prestigieuse ville martiniquaise de Saint-Pierre où il meurt sur un lit d’hôpital. Quant à Charles-Aymé, il reste le seul maître de l’entreprise familiale Fleurot au Val d’Ajol, après la disparition de sa mère, le 10 novembre 1881. Lui même décède le 9 mai 1902, et sa succession revient à ses trois fils, Joseph, Émile et Léon. Mais la crise du textile vosgien sonne le glas de l’ère Fleurot au Val d’Ajol.

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Joseph FLEUROT », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=5296 (consultée le 16 septembre 2026).

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