2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
FRANQUEVILLE Christian (Georges Wulfran)
(14 mai 1949, Saulxures-les-Bulgnéville)
• Conseiller municipal de Bulgnéville de 1977 à 1983
• Maire de Bulgnéville depuis 1983
• Conseiller régional de Lorraine de 1988 à 1992
• Conseiller général du canton de Bulgnéville de 1994 à 2001
• Député des Vosges de 1997 à 2002
• Marié, trois enfants
À Bulgnéville où demeure présent le souvenir de Joseph Marant, Christian Franqueville va inscrire, deux siècles plus tard, son nom aux côtés de celui de son illustre prédécesseur à l’Assemblée législative. Qui plus est, il offrira à sa ville le portrait sur toile de l’élu bulgnévillois sous l’Empire et la Restauration. C’est donc sous le regard attentif de Joseph Marant que Christian Franqueville mesure à chaque instant le parcours et la vie d’un homme politique.
Son père, Narcisse, originaire de Baucan-le-Vieux, sa mère, Madeleine Prudhomme, native de Saulxures-les-Bulgnéville, gardent en eux les stigmates morales du second conflit mondial. La famille Franqueville a pratiquement tout perdu dans les bombardements perpétrés dans la région du Nord. Propriétaire d’une fabrique de chaises, elle connaît les affres de la guerre après l’incendie de l’entreprise et le décès lors de ce drame, de Réjane, tante du futur édile de Bulgnéville. C’est au sortir de la guerre et dans de difficiles conditions, que Christian Franqueville voit le jour en 1949 à Saulxures-les-Bulgnéville. Second enfant d’une famille qui en compte six, il quitte les bancs de l’école communale à quatorze ans pour entrer dans la vie active à l’Union Laitière Vittelloise.
De 1963 à 1989, il gravit les échelons de cette société qui prend l’appellation de Fromagerie de l’Ermitage. Un parcours professionnel entrecoupé par son service militaire effectué à Neuf-Brisach en Alsace, en 1969. Marié à Monique Delarue et père de trois enfants, Sandrine, Estelle et Olivier, le nom de Christian Franqueville, c’est aussi un engagement depuis 1977 dans la vie publique bulgnévilloise et de sa région. À cette date, il sollicite la confiance de ses concitoyens afin de ravir l’hôtel de ville au maire sortant, Georges Colin. Élu conseiller municipal, il prend en mains les destinées de la commune au terme de sa première mandature. Bien sûr, cette entrée avec célérité dans le giron politique vosgien ne sera pas sans lendemain...
En sixième position sur la liste conduite par Christian Pierret, Christian Franqueville rejoint le conseil régional de Lorraine, quand le député déodatien est victime de la loi sur le cumul des mandats. Il y reste quatre ans. Aux élections cantonales de mars 1982, il tente de faire échec au sénateur Albert Voilquin venu se fixer dans son village natal de Médonville. Congédié avec les honneurs, Christian Franqueville est de nouveau le challenger du parlementaire de la Plaine à la consultation électorale suivante. Le bilan est identique. Abattu mais nullement résigné, il profite du retrait d’Albert Voilquin et s’engouffre dans la brèche laissée ouverte !
Désormais reconnu par ses administrés, Christian Franqueville part à la conquête du Palais-Bourbon dans la quatrième circonscription des Vosges. Les élections législatives de 1993 lui offrent une belle opportunité de gagner l’hémicycle parisien. Outsider de cette consultation électorale, il laisse les lauriers de l’actualité à ses deux adversaires, Jacques Cablé et Jean-Pierre Thomas. Quatre ans après, épaulé par le maire de Vincey, Gilbert Didierjean, il déjoue tous les pronostics et ravit le fauteuil de député à Jean-Pierre Thomas. Mais le métier de politicien n’est pas de tout repos. Après avoir bataillé durant quinze années afin de s’octroyer le poste de conseiller général du canton de Bulgnéville, il est battu aux premières élections du XXIe siècle. Reconduit à l’assemblée départementale, Christian Franqueville est par contre conforté dans sa mission de premier magistrat local.
Le temps d’analyser les résultats des dernières élections, que se trame déjà le renouvellement de l’Assemblée législative. La quatrième circonscription des Vosges est l’objet de nombreuses convoitises. Le nom du ministre Jack Lang, enfant de Mirecourt, en congé politique forcé de Blois, revient avec insistance. Finalement, rien de tout cela ! Le député sortant est au départ des élections législatives de juin 2002, avec comme suppléant Gilbert Claudel, maire de Charmes. Parmi les seize candidats à battre campagne dans la circonscription de Neufchâteau, le maire de Bulgnéville arrive en tête au soir du premier tour de scrutin... face au docteur vittellois Jean-Jacques Gaultier. Au terme d’un suspens de sept jours, Christian Franqueville ne peut renouveler son contrat à l’Assemblée nationale pour 656 voix... Désormais, il se consacre à sa mairie et à la Communauté de communes de Bulgnéville, Entre Xaintois et Bassigny, dont il assume la présidence. Par ailleurs, Christian Franqueville est président fondateur de la première Communauté de communes des Vosges... C’était en 1992.
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Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]