2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
HEINRICH Michel (Lucien Émile)
(14 février 1946, Thann, Haut-Rhin)
• Conseiller municipal d’Épinal de 1983 à 1989
• Adjoint au maire d’Épinal de 1989 à 1997
• Maire d’Épinal depuis 1997
• Député des Vosges depuis 2002
• Pharmacien
• Marié, deux enfants
En novembre 1997, la cité des Images est en ébullition. Son maire,
Philippe Séguin, vient de donner sa démission d'élu spinalien. Une ville qui lui apporte un soutien indéfectible depuis un probant succès aux élections municipales de 1983. Pourtant réélu quelques mois auparavant, l'ancien énarque tourne la page du chef-lieu vosgien. C'est dans ce contexte d'étonnement pour les uns, de logique pour les autres, que son premier adjoint Michel Heinrich est appelé à lui succéder et à accéder aux plus hautes fonctions municipales.
Sans surprise, Michel Heinrich reçoit les clés de l'hôtel de ville d’Épinal... avant d'attendre le verdict de ses administrés aux échéances électorales de mars 2001. À cette occasion, il est magistralement conforté dans sa mission locale avec sa formation
Ensemble pour Épinal. Un succès (plus de 65 % des suffrages exprimés) qui était loin d'être acquis, en raison d'une importante opposition municipale et surtout pour une première confrontation personnelle avec les électeurs. Ce résultat est attentivement scruté par la classe politique vosgienne et ouvre des horizons nouveaux au pharmacien de la Loge-Blanche.
Les élections législatives de juin 2002 lui offrent l'opportunité de gagner le Palais-Bourbon... si Philippe Séguin n'est pas candidat à sa propre succession. En cette année palindrome, la première circonscription des Vosges suscite donc une attention toute particulière. Le lundi 15 avril, Philippe Séguin annonce à ses électeurs qu'il renonce à son fauteuil de parlementaire, transmettant ainsi le relais à Michel Heinrich.
J'ai consulté, j'ai attendu et j'ai réfléchi. Tels sont les propos du maire d’Épinal en confirmant sa présence aux élections législatives... face à une liste pléthorique de candidats dont certains noms retiennent l'attention : maître Gérard Welzer, son malheureux adversaire aux municipales de mars 2001, Christine Marthelot, Odile Delhaye-Marche, Bernard Freppel ou
Serge Thibers.
Pour optimiser ses chances de succès, il s'associe le concours de Colette Marchal, maire de Nomexy. Au terme des deux tours de scrutin, les électeurs des quatre-vingt-trois communes sur les cantons de Châtel-sur-Moselle, Épinal-Est, Épinal-Ouest, Rambervillers et Xertigny le conduisent triomphalement à l'Assemblée nationale. Après le notaire Donat Vosgien, l'industriel
Charles Guthmüller, puis Philippe Séguin, Michel Heinrich devient le quatrième maire du chef-lieu à gagner
ses galons de député. Sa formidable aventure politique débute comme conseiller municipal en 1983, sur la formation opposée au tandem
Pierre Blanck et André Henry. Philippe Séguin qui vient de succéder au parlementaire Marcel Hoffer, part à la conquête de la mairie spinalienne. Il enrôle Michel Heinrich. Trois ans plus tard, le nouvel édile spinalien rejoint la formation du Gérômois Jean-Pierre Thomas pour les premières élections régionales aux suffrages universels. Au final, seul le futur député de la Plaine sera élu. Se consacrant uniquement à son mandat local, Michel Heinrich reçoit au terme de sa première mandature municipale, le poste d'adjoint aux sports et à l'éducation. Devenu premier adjoint en 1995, il est élu maire deux ans plus tard, dans les conditions citées précédemment. Pourtant, rien ne lui laissait entrevoir une vie et surtout une ascension politique aussi rapide.
C'est dans le Haut-Rhin, à Thann, que voit le jour Michel Heinrich. La disparition prématurée de son père le conduit auprès de son oncle, afin de poursuivre ses études au lycée, puis à la faculté de pharmacie de Toulouse. Il fréquente seulement un an cet établissement d'enseignement supérieur et regagne son Alsace natale. À la faculté de Strasbourg, il obtient son diplôme de docteur en pharmacie, après avoir donné son nom à Martine Bihr. Assistant dans une officine de Thann, Michel Heinrich décide de franchir le pas... et de s'installer à son propre compte. Après de multiples pérégrinations tant dans sa région natale que dans les Alpes, il se fixe professionnellement à Épinal... en novembre 1976, grâce à l'aide financière d'un banquier, convaincu d'un résultat positif de la future pharmacie de Michel et Martine Heinrich.
D’Épinal, il ne connaissait jusqu'alors que le Petit Champ-de-Mars, pour avoir assisté en spectateur au succès du cycliste François Mahé, remportant une étape du Tour de France le 19 juillet 1954. Pratiquement inconnu politiquement en 1983, ce père de deux enfants ne tarde pas à se faire un nom, malgré l'écrasante personnalité de l'édile de la place des Vosges, Philippe Séguin. Quatorze années plus tard, la succession est a priori difficile à assurer mais Michel Heinrich, à sa manière, a su négocier coup sur coup l'important tournant municipal et législatif.