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André Armand HENRY

[ Fontenoy-le-Château (88) , 15/10/1934 ]

enseignant , syndicaliste , ministre , inspecteur général

Légion d'honneur.

Biographie vosgienne Sur la BnF ↗ Sur Wikidata ↗

Notices documentaires

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

HENRY André (Armand)
(15 octobre 1934, Fontenoy-le-Château)

• Ministre du Temps libre de 1981 à 1983
• Marié, deux enfants

Le petit village de Fontenoy-le-Château, situé aux confins des Vosges et de la Haute-Saône, est présent dans de nombreux manuels d'Histoire de France, grâce à Julie-Victoire Daubié. Première bachelière de France en 1861, elle est le porte-drapeau, aux côtés du poète Gilbert, de cette ancienne cité médiévale. Au lendemain des élections présidentielles de mai 1981, un autre enfant du pays va projeter Fontenoy-le-Château sous les rampes de l'actualité nationale. André Henry est nommé, sur proposition du Premier ministre Pierre Mauroy, ministre du Temps libre.

L'écrivain Boris Vian avait toujours rêvé de voir un ministère du Temps libre avant de mourir. Le parti politique de André Henry, à peine parvenu au pouvoir, crée ce département qui ne durera en fait que quelques années. L'action du ministre vosgien, du 22 mai 1981 au 22 mars 1983, faute d'attributions clairement définies, a été des plus discrètes. Un Vosgien, fier de l'être, avec ses qualités et ses défauts. Un Vosgien qui aime le rappeler à Paris. Ainsi aimait se présenter André Henry, le 22 mai 1981, lorsqu'il prenait possession de son maroquin. Deux années après cette nomination, l'âpreté du contexte économique a raison de l'éphémère ministre du Temps libre. La France a la tête ailleurs et plus envie de rêver. Avec la montée du chômage, c'était plutôt mal vu de conserver un tel ministère. Il a donc fallu le supprimer. André Henry n'avait jamais eu de prédécesseur et n'aura sans doute pas de successeur. Ce qu'il regrette : Finalement, nous étions trop en avance.

Fort de son fauteuil ministériel, il part à la conquête de la mairie d'Epinal comme le député de la circonscription, Philippe Séguin. En ce printemps politique de mars 1983, la cité des Images est en ébullition. Cette élection municipale s'est préparée dans la fièvre d'une campagne où journalistes parisiens et leaders politiques nationaux ont rivalisé de commentaires et d'allocutions, consacrés à la capitale vosgienne. Au final, le tandem André Henry-Pierre Blanck ne fissure pas la forteresse Séguin, promise dès lors à un bel avenir. Pour son unique consultation électorale sur son sol natal, André Henry avait une position mal définie. Sa seconde et inconfortable place sur la liste du maire sortant contribuait à en faire, soit un attentiste pour le fauteuil de maire (en cas de démission de celui-ci), soit un commis voyageur de Pierre Blanck. Dans les deux cas, une situation peu enviable pour un ministre de la République.

Elevé à Fontenoy-le-Château, chez une tante qui a la garde d'une écluse sur le canal de l'Est, le futur ministre fréquente l'école primaire de la Manufacture, puis le cours complémentaire de Bains-les-Bains. De l'école normale d'instituteurs de Mirecourt, ce bachelier se trouve en poste, en 1955, à l'école de sa ville natale, puis à Thaon-les-Vosges pour une durée de quatorze années. Marié le 2 avril 1956 à Odile Olivier et père de deux enfants, Véronique et Renaud, l'enseignant se dirige vers le syndicalisme. Secrétaire général du puissant Syndicat national des instituteurs, André Henry présidera une fédération qui regroupe plus de 530.000 enseignants, de la maternelle à l'université, soit près de la moitié des personnes travaillant dans les différents secteurs de l'éducation. Il jouera également un rôle dans l'instauration de la semaine des 39 heures et œuvrera pour la création de chèques-vacances destinés aux plus défavorisés.

Retiré des sphères présidentielles après son escapade élyséenne, il défend toujours les valeurs de l'école et devient, entre autres, inspecteur général de l'administration de l'Education nationale, puis président de l'Association laïque pour l'éducation et la formation professionnelle des adolescents (Alefpa). André Henry est chevalier de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre national du Mérite et chevalier des Palmes académiques.

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

Sources structurées

  1. Le Grand livre des élus vosgiens 2003 — Bertrand MUNIER
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « André Armand HENRY », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=5338 (consultée le 21 septembre 2026).

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