2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
LEDERLIN Paul
(9 mai 1868, Rothau, Bas-Rhin - 11 mars 1949, Paris 16e)
• Maire de Thaon-les-Vosges de 1919 à 1924
• Conseiller général du canton de Bains-les-Bains de 1920 à 1925
• Sénateur des Vosges de 1920 à 1927
• Sénateur de la Corse de 1930 à 1945
• Industriel
• Marié, quatre enfants
Paul Lederlin est le second enfant du couple
Armand Lederlin et Adèle Lobstein. Armand Lederlin est à l'origine de la construction et de l'essor de la gigantesque entreprise de
Blanchisserie et Teinturerie de Thaon (B.T.T.). Né à Rothau dans le canton de Schirmeck, tout comme son frère Armand et sa sœur Anna, Paul Lederlin espère suivre les traces de son illustre père. Après des études au collège Sainte-Barbe, au lycée Saint-Louis, puis à l'Institut polytechnique de Lausanne, il prend la succession de son père aux blanchisseries et teintureries thaonnaises et devient dans le secteur du textile où il donne la mesure de son esprit d'entreprise, une des personnalités industrielles les plus en vue de l'entre-deux guerres.
Il accentue le rayonnement de l'industrie de la blanchisserie et de la teinturerie, non seulement dans toute la France, mais encore dans l'Europe entière, au-delà des mers, dans les colonies françaises et sur de nombreuses possessions étrangères. Il sait conquérir les marchés d'exportation, imposer au monde des affaires son autorité et accroître la renommée des exploitations industrielles dont il a la lourde charge. Deux ans après la Grande Guerre, sa société est à son apogée et possède le quasi monopole du blanchiment et de la teinture sur le territoire français.
Paul Lederlin, paré du titre de
Roi du blanchiment, exerce de multiples activités. Sa réussite sociale le conduit à briguer des mandats municipaux, départementaux et nationaux, comme la plupart des industriels de la région. Paul Lederlin s'assoit, au décès de son père, dans le fauteuil de premier magistrat de Thaon-les-Vosges, le 10 décembre 1919. En revanche, contre toute attente, il est défait le mandat suivant par un de ses anciens protégés,
Louis Guillon. Paul Lederlin trouve cependant une place à l'assemblée départementale et succède à Gilbert Renaud au titre de conseiller général du canton de Bains-les-Bains.
Couvert de lauriers, le fils d'Armand Lederlin réalise son rêve d'entrer à la prestigieuse chambre du Sénat. Le 11 janvier 1920, il est élu à la Haute-Assemblée et s'inscrit au groupe de la gauche démocratique radicale et radicale-socialiste. Membre de plusieurs commissions, douanes et conventions commerciales, comptabilité, aucune question intéressant le département des Vosges ne lui est étrangère. Mais les succès qu'il obtient provoquent de nombreuses jalousies. Il en souffre énormément et renonce, en 1927, à solliciter le renouvellement de son mandat de sénateur des Vosges. Le début des années 1930 lui est fatal. Victime de graves problèmes financiers, il perd le contrôle de la B.T.T. et démissionne du conseil d'administration de l'entreprise.
Paul Lederlin reprend goût à la politique et, le 11 mai 1930, il rejoint de nouveau le Palais du Luxembourg mais au titre de sénateur de la Corse. Au congrès de Vichy le 10 juillet 1940, il ne prend pas part au vote des pouvoirs constitutionnels. Sur les 850 députés et sénateurs présents au casino de Vichy, il renonce (comme 80 de ses collègues) à donner tous les pouvoirs au maréchal Philippe Pétain. L'avenir lui donnera raison. L'ancien industriel se retire dans le petit port breton de Saint-Guénolé. Là, il s'intéresse au sort des pêcheurs et il est nommé président de l'amélioration du port de Saint-Guénolé. Paul Lederlin se marie le 25 mars 1892 à Thaon-les-Vosges avec la princesse russe Belski Skouratoff Olga Petrovna qui lui donne quatre enfants : Paulette, Serge, Paul-Alexandre (appelé familièrement Sacha, diminutif affectif russe d'Alexandre) et Jean-Yves. Ce mariage avec une illustre famille tsarine est l'occasion de grandes festivités à Thaon-les-Vosges. C'est grâce aux nombreux voyages professionnels de son père en Russie qu'il rencontre sa première femme. Son frère aîné épousera même la sœur de sa femme, la princesse Belski Natacha Skouratoff.
En secondes noces, le 23 décembre 1919, Paul Lederlin unit sa destinée à Marthe Hatt. Commandeur de la Légion d'honneur, officier de l'instruction publique, chevalier du Mérite agricole, grand-officier du Nichan-lftikhar, Paul Lederlin s'éteint le 11 mars 1949 à Paris.