2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
MONNE Paul (Ernest)
(24 mai 1879, Gruey-les-Surance - 11 décembre 1948, Bains-les-Bains)
• Conseiller général du canton de Bainsles-Bains de 1925 à 1931
• Commerçant
• Marié, deux enfants
De 1925 à 1931, Paul Monne a le grand privilège de représenter son canton au titre de conseiller général à l'assemblée départementale, à une période où la station thermale balnéenne est florissante. Né à Gruey-les-Surance en 1879, de l'union d'Eugène Monne et de Léonie Munier, il s'installe à quelques kilomètres de son village natal, afin de créer un négoce de broderie. Le commerçant de la place unit ensuite sa destinée à Marie-Louise Clerget et la famille s'agrandit rapidement d’une fille prénommée Suzanne.
Quand la Première Guerre mondiale éclate, Paul Monne perd son épouse. Il doit subvenir au besoin de sa fille et continue, à l‘Armistice, à exploiter son commerce. C'est à Paris qu'il trouve un second bonheur, en donnant son nom à madame veuve Fernande Bouet, employée au grand magasin parisien Dufayel. Cette union, scellée le 5 mai 1919, est marquée deux ans plus tard, par la naissance de Maurice. Etablie à Bains-les-Bains, la famille Monne poursuit la fabrication de broderies mains, lingerie et trousseau. C'est alors, qu'elle connaît la station thermale vosgienne dans sa splendeur où les affaires sont prospères et les clients aisés... comptant le maréchal Pétain, Monia Navarre, Françoise Rosay, Louis Citroën, parmi beaucoup d'autres venant des départements d'outre-Mer. À cette époque, Paul Monne est investi par la confiance de tout un canton afin de siéger au conseil général. Il succède à l'industriel thaonnais de la B.T.T. (blanchisserie et teinturerie de Thaon), Paul Lederlin, parachuté par ses amis à Bains-les-Bains. L'édile de la station thermale reste seulement un mandat et son héritage politique est transmis à un second commerçant en broderie, mais de Fontenoy-le-Château, Michel Mathieu.
Paul Monne disparaît le 11 décembre 1948, laissant son entreprise aux soins de son épouse, de son fils Maurice et de sa belle-fille. Devenue doyenne de Bains-les-Bains, madame Fernande Monne s'éteint dans sa 101e année, le 18 juillet 1990, et rejoint son mari dans leur sépulture familiale au cimetière communal. Néanmoins, l'acquis de Paul Monne sera perpétué. Sa petite-fille Christianne poursuivra son œuvre, marquant ainsi un siècle de présence de la broderie au cœur de la Vôge.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]