2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
PEDUZZI Livio (Dominique)
(18 octobre 1931, Thillot - 27 janvier 1993, Remiremont)
• Maire de Fresse-sur-Moselle de 1965 à 1993
• Conseiller régional de Lorraine de 1982 à 1986
• Entrepreneur de travaux publics
• Marié, six enfants
À l'heure de sa tragique disparition en janvier 1993, Livio Peduzzi laisse un impressionnant héritage industriel à ses deux fils Dominique (biographie précédente et même prénom que le grand-père paternel) et Frédéric, et peut également s'enorgueillir d'avoir la plus importante entreprise de bâtiment des Vosges. Le mariage de la famille Peduzzi avec le département des Vosges débute en 1920, lorsque l'aïeul Dominique Peduzzi, maçon (et son épouse), quitte l'Italie et les montagnes des bords du lac de Côme afin de venir exercer son métier en Lorraine, à Rambervillers.
Il s'associe en premier lieu en 1929 avec son beau-frère au Thillot, puis en 1938 décide de créer seul son entreprise à Fresse-sur-Moselle. Constructeur uniquement pour les particuliers, Dominique Peduzzi n'a que cinq employés pour le seconder. En 1950, à l'âge de quarante-huit ans, Dominique Peduzzi décède et son fils Livio, âgé seulement de dix-neuf ans, décide de reprendre l'affaire familiale artisanale. Rapidement, il réussit à la développer, jusqu'au jour où il est appelé en Algérie. Durant son absence longue de vingt mois, son entreprise est gérée par ses ouvriers. À son retour, Livio Peduzzi trouve une situation délicate et doit assurer au plus vite l'avenir de ses quelques quarante employés. Avec force et détermination, il redonne espoir à de nombreuses familles.
En 1962, l'entreprise se transforme en société anonyme et l'effectif est grandissant. Livio Peduzzi obtient de nombreux marchés dans les ouvrages de génie civil (ponts, stations d'épuration...). Malgré la crise économique, il parvient à monter des pavillons préfabriqués en Algérie en 1981. En six ans, trois mille maisons sont signées Peduzzi de l'autre côté de la Méditerranée. Dix ans plus tard, la société reprend les établissements stéphanois Grégoire et Dinkel, Ferreti de Remiremont et, en 1992, l'entreprise bressaude Valdenaire. À l'aube de la même année, Livio Peduzzi passe le relais à ses deux fils : Frédéric au commercial et Dominique dans la partie technique.
Un an après avoir assuré sa succession, Livio Peduzzi s'éteint dans la soirée du mercredi 27 janvier 1993, victime d'un malaise à La Bresse où il se trouve en repas d'affaires avec son fils Frédéric. Ses obsèques sont célébrées en l'église Saint-Brice de Fresse-sur-Moselle par l'abbé ramoncenais, Bernard Dieudonné. À l'issue de l'office, Livio Peduzzi, porté par ses ouvriers et devant une foule considérable, est conduit à sa dernière demeure. Il repose auprès de ses parents Dominique et Catherine. Marié à Eloyes, le 7 septembre 1959 à Janine Thiriet, Livio Peduzzi est père de six enfants : Catherine, Véronique, Dominique, Frédéric, Bénédicte et Séverine.
Outre son ascension professionnelle, il prend les rênes de sa ville en 1965, et siège également de 1982 à 1986 au conseil régional de Lorraine. Son entrée au sein de l'hémicycle régional se déroule au conseil général des Vosges. En effet, Livio Peduzzi, maire d'une commune, peut postuler au fauteuil de conseiller régional. Avec 18 voix sur 18 votants, il est élu le quatrième représentant vosgien à l'assemblée régionale. Il abandonne ce mandat lors des premières élections au suffrage universel, en 1986. Par contre, il ne réussit pas à rejoindre la Chambre du département, laissant les lauriers du succès à son beau-frère Christian Spiller.
À son décès, son adjoint Claude Babel est élu maire de Fresse-sur-Moselle et la commune lance une souscription pour financer une stèle en hommage à son maire disparu. Cette imposante sculpture, inaugurée en 1994 et due conjointement au talent du Fressiot Michel Naegelen et du Bressaud Christian Claudel, prend place devant la mairie. Son fils Dominique perpétue la tradition familiale en devenant à son tour maire de Fresse-sur-Moselle et conseiller général du canton du Thillot. De son côté, sa sœur Marguerite prend pour époux le commerçant et parlementaire de Saint-Maurice-sur-Moselle Christian Spiller, plus amicalement appelé Coco.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]