2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
RAVINEL (de) François (Charles Dieudonné)
(7 avril 1867, Lunéville, Meurthe-et-Moselle - 25 octobre 1944, Saint-Jean d'Ormont)
• Maire de Nossoncourt de 1905 à 1944
• Conseiller général du canton de Rambervillers de 1919 à 1925
• Propriétaire
• Marié, six enfants
Premier enfant de Charles de Ravinel et de Marie-Anne-Charlotte-Émilie Guérin, François de Ravinel naît à Lunéville et non pas comme beaucoup de ses parents au château de Villé à Nossoncourt. La raison est simple. Sa mère appartient à une importante famille de faïenciers lunévillois. Comme pour tous les de Ravinel, son dernier prénom est Dieudonné (Dieudonnée pour les femmes). Cette appellation aurait comme signification donné à Dieu.
Officier de chasseurs à cheval, Saint-Cyrien, il est propriétaire et évidemment maire à Nossoncourt. Marié à Solange Chaudru de Rayral (1873-1918) le 11 février 1896 à Paris, François de Ravinel est père de six enfants : Étienne (1896, tué au champ d'honneur en 1917), Charles (1897-1963), Anne (1899-1986), Remy (jésuite, 1901-1990), Marguerite-Marie-Louis-Jeanne-d'Arc (visitandine, 1909-1989) (la famille de Ravinel étant apparentée avec l'héroïne de Vaucouleurs), René (1913-1966).
Résidant avec sa famille dans la propriété de Villé, il est obligé de se fixer à Saint-Jean-d'Ormont suite à la réquisition de son château par les Allemands.
Malheureusement, il assiste impuissant à la destruction de son domaine. Sa maison brûlée en 1914 par faits de guerre est reconstruite ; mais elle est de nouveau bombardée en 1944 par les Français, afin de déloger les Allemands qui y avaient établi leur quartier général, comme trente années auparavant. Le plus regrettable pour le patrimoine de la famille de Ravinel, c'est que l'occupant a tout saccagé avant son départ.
De nouveau habitable en 1960, le château de Villé est la propriété des Ravinel où réside notamment le petit-fils Étienne, qui est maire de Nossoncourt. Son grand-père François ne reviendra jamais sur les terres de ses ancêtres. Il s'éteint le 25 octobre 1944 à Saint-Jean-d'Ormont, petite commune du canton de Senones dans l'arrondissement de Saint-Dié. Outre sa fonction de premier magistrat, François de Ravinel perpétue la tradition familiale en franchissant le seuil du conseil général des Vosges. Aux premières élections d'après-guerre, le 14 décembre 1919, François de Ravinel est confronté à Gabriel Bailly, élu sortant. C'est un véritable triomphe que font les électeurs rambuvetais au maire de Nossoncourt. Au terme de son mandat, il remet son poste en jeu face à Gabriel Bailly, mais les rôles sont désormais inversés. Le premier magistrat de Rambervillers retrouve son fauteuil à la Chambre du département.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]