Au lendemain de la Grande Guerre, Jean Videau, son épouse Nancie Létoile et leurs trois enfants, quittent le département de la Charente pour venir s'installer dans les Vosges. Maçon de profession, Jean Videau participe à la reconstruction d'Épinal où il se fixe, quai de Dogneville, avec sa famille. L'un de leurs fils, Léonide, est préparateur à la pharmacie Schmidt. Tout en exerçant, il poursuit des études à la faculté de pharmacie de Nancy afin d'obtenir le diplôme d'herboriste. Reçu brillamment à ses examens, Léonide Videau ouvre son premier magasin d'herboristerie au chef-lieu, rue Rualménil. Il est efficacement secondé par sa compagne Marie-Louise, née L'Humbert, originaire de Gircourt-les-Viéville (Vosges), qu'il épouse le 26 novembre 1922.
Le commerce Videau est connu et apprécié à Épinal, mais la Seconde Guerre mondiale anéantit des heures et des années d'efforts. Alors que Léonide Videau est mobilisé, la rue Rualménil est bombardée le 19 juin 1940 par l'aviation allemande. Restée seule au foyer et à l'entreprise avec son unique fils Jean, Marie-Louise Videau assiste péniblement à la destruction de son commerce. Toutefois, le couple décide de poursuivre leur activité, mais rue de l'hôtel de ville, dans une ancienne pharmacie désaffectée. Jusqu'à l'heure de sa disparition, Léonide Videau reste fidèle à l'herboristerie. Il s'éteint à Épinal la veille de Noël 1979, et repose au cimetière de Chantraine où son ami de toujours, le maire de la cité des Images Pierre Blanck lui rend un dernier hommage. Son épouse décédée à l'âge de quatre-vingt-seize ans le rejoint en 1993.
Hormis son activité professionnelle, la renommée de Léonide Videau dépasse le cadre du chef-lieu, par son entrée au conseil général des Vosges. Pour la durée d'un mandat, il succède à l'ancien parlementaire et ministre Marc Rucart, en tant que représentant du canton d'Épinal. Plus modestement, son fils Jean siège de 1958 à 1983 à l'assemblée municipale, aux côtés de Charles Guthmüller, André Argant, puis Pierre Blanck.