À l’évocation des tragiques affaires judiciaires Papon, Touvier, Barbie, Weiber ou Grégory, il est impossible de ne pas associer le nom de maître Gérard Welzer. Depuis son inscription au barreau d’Epinal le 3 janvier 1977, le parcours professionnel et politique de l’avocat est fertile en événements. Son père, Martin Welzer, originaire de la Tchécoslovaquie, est mobilisé au début de la Seconde Guerre mondiale. Prisonnier de guerre en Autriche, il recouvre la liberté à la fin des hostilités et son pays d’accueil est la France. Il épouse une Vosgienne, Renée Lang, qui lui donne cinq enfants dont Gérard, futur avocat. Ce dernier est né à Mirecourt le 13 décembre 1954. La famille Welzer quitte la cité des Luthiers pour la cité des Images où leurs enfants poursuivent leur scolarité.
Après l’obtention de son baccalauréat au lycée Louis-Lapicque d’Epinal, Gérard Welzer fréquente la faculté de droit de Nancy. L’année 1976 est le couronnement de ses études universitaires par son diplôme d’avocat. Âgé de vingt-et-un ans, il peut s’enorgueillir d’être le plus jeune avocat de France. C’est à Epinal qu’il effectue ses premiers pas dans la profession, au cabinet de maître Georges Cousin. Tous deux ont une passion commune, le football et le stade athlétique spinalien. Sous l’égide de maître Cousin, Les Boutons d’Or vont porter très haut les couleurs d’Epinal et faire vibrer pendant plusieurs saisons les tribunes du stade de la Colombière : Jacky Charron, Robert Perlato, Alain Serpoix ou René Barret, autant de noms et de souvenirs indélébiles qui restent dans le cœur des afficionados du ballon rond vosgien.
Cependant, si les années 1970 sont synonymes de succès, les années 1980 sont plutôt synonymes de défaites. Aussi, l’ancien club cher à maître Cousin est au creux de la vague. Gérard Welzer, ancien joueur de football à Epinal, reprend les rênes de la maison du S.A.S. moribonde. Avec l’appui et la détermination d’un certain Patrick Weiss, oublié dans le club de Jean-Paul Nicot à Thaon-les-Vosges, Gérard Welzer redresse la situation et les résultats sont éloquents.
Abandonnant le milieu du football, il se consacre à son étude et se présente pour la première fois aux élections municipales de 1983, aux côtés du maire sortant Pierre Blanck. La palme revient à la formation du nouveau député de la circonscription Philippe Séguin. Par contre, au départ pour raisons de santé de Pierre Blanck en 1984, maître Welzer rejoint l’assemblée municipale. Dès cette date, il est réélu sans interruption et tente même de ravir la mairie à Michel Heinrich aux premières municipales du troisième millénaire. Il échoue dans son entreprise. Toutefois, sur son passeport politique figure son titre de député des Vosges, acquis aux élections législatives à la proportionnelle de 1986. À cette date, maître Welzer accompagne au Palais-Bourbon Christian Pierret, Philippe Séguin et Maurice Jeandon. Deux ans plus tard, il quitte l’Assemblée nationale pour la rue de Solférino à Paris et devient directeur de cabinet de Pierre Mauroy, Premier ministre et maire de Lille.
Après son escapade parisienne, maître Gérard Welzer regagne son département et se consacre à son cabinet d’avocats. Toutefois, en juin 2002, il repart à la conquête d’un fauteuil de député sur la première circonscription vosgienne, toujours aux côtés de Monique Brunner, devenue conseillère régionale de Lorraine. Son adversaire direct n’est plus Philippe Séguin mais le maire du chef-lieu, Michel Heinrich. Dans un environnement et dans un contexte difficile, surtout après une élection présidentielle qui ne lui est point favorable, Gérard Welzer revient en seconde semaine. Comme un an auparavant, face au même candidat, il échoue dans son entreprise... Néanmoins, ses plaidoiries dans les différents palais de justice de l’Hexagone retiendront une attention toujours aussi méritée.