1987 —
Le Pays lorrain
Monsieur Pierre Marot, commandeur de la Légion d’honneur.
C’est le 7 avril 1987 que M. Marot reçut la cravate de Commandeur de la Légion d’honneur, au titre du Ministère de l’Education nationale, des mains de M. le doyen Jean Schneider, son ami et confrère de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres. La cérémonie eut lieu en effet dans les salons du palais de l’Institut, en présence de Mme de Romilly, présidente de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, de M. Leclant, son secrétaire perpétuel, de M. Edouard Bonnefous, chancelier de l’Institut, de M. Jean Favier, directeur des Archives de France et de nombreux représentants des sociétés savantes.
M. Schneider souligna l’érudition, le patriotisme et le sens du contact humain du récipiendaire. Il retraça également sa carrière. Né à Neufchâteau le 15 décembre 1900, M. P. Marot entra à l’école des Chartes en 1919 et fut nommé archiviste de Meurthe-et-Moselle en 1927. Son oeuvre au Musée lorrain est considérable, dès 1935 lorsqu’il présenta l’exposition du tricentenaire de Jacques Callot. Il s’attacha également à la restauration de la maison de Jeanne d’Arc à Domremy.
Nommé professeur, puis directeur de l’Ecole des Chartes (1941-1970), il fut élu membre de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres en 1958 et la présida en 1974. Il est membre ou président de multiples associations, intéressant l’histoire, l’art ou les musées, comme le Conseil international des musées, l’Association des conservateurs des collections publiques de France, la Société d’ethnographie française, la Société des Amis de Notre-Dame-de-Paris.
Il fut rédacteur en chef du Pays lorrain ainsi que de la revue internationale Archivum et reste l’auteur de nombreux ouvrages, en particulier sur la Lorraine, depuis sa thèse sur Neufchâteau au moyen-âge (1924). Son livre sur Le Vieux Nancy est un guide particulièrement apprécié ici et constamment remis à jour (dernière édition : 1980).
Le Pays lorrain est heureux et fier de féliciter son ancien directeur de sa récente promotion.
[
Le Pays Lorrain , 1987, N° 4, p. 228 ]
1992 —
Le Pays lorrain
Les lecteurs du Pays lorrain, les amis du Musée historique lorrain et les membres de la Société archéologique lorraine ont appris avec tristesse que Pierre Marot était mort le 28 novembre 1992.
En 1927, il avait rejoint avec quelle joie sa chère Lorraine natale comme archiviste départemental. Membre de notre Société, abonné au Pays lorrain depuis 1920, il avait poussé la porte du Musée lorrain un jeudi matin de 1928, pour se joindre à la réunion informelle que tenaient chaque semaine les conservateurs et amis du Musée. Il avait écouté leurs projets d’une extension espérée depuis des années et c’est à lui que revint la chance de les réaliser si parfaitement entre 1935 et 1937.
Après la mort de Charles Sadoul, c’est grâce à Pierre Marot que Le Pays lorrain continue à paraître et c’est encore grâce à lui qu’en 1951, la revue reprend sa parution.
Devenu, durant la guerre, professeur puis directeur de l’Ecole des Chartes, Pierre Marot, multipliant les voyages Paris-Nancy, continue avec fougue et enthousiasme ses fonctions de conservateur du Musée lorrain, puis devient en 1969 président de la Société, charge qu’il n’abandonnera qu’en 1981. Sans cesse, il travaillait à l’enrichissement des collections, usant de son influence pour obtenir le dépôt d’oeuvres lorraines et guettant les ventes pour acheter de précieux objets.
Ses travaux érudits lui avaient valu l’honneur de devenir, en 1958, membre de l’académie des Inscriptions et Belles-Lettres dont il suivit fidèlement les séances jusqu’à ce que son état de santé ne lui permette plus de quitter la chambre. Il suivait avec le plus grand intérêt l’activité de la Société d’Archéologie lorraine et celle du Musée.
Fin juin 1992, il avait tenu à dicter une lettre au Député-Maire de Nancy pour le remercier de l’envoi du volume consacré à l’exposition Jacques Callot. Dans ses dernières phrases, il tenait à évoquer la continuité de la Société et du Musée : Ainsi se poursuit l’oeuvre entreprise avec foi par les générations qui se succèdent et s’efforcent de donner une preuve de l’unité de leur conception... Pour ce qui me concerne, je n’ai aucun mérite : le travail accompli n’étant que l’expression d’un attachement à notre petite Patrie qui a tant souffert des guerres... et il terminait ainsi : Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l’assurance de ma fidélité à notre terre et aux institutions qui en maintiennent le caractère.
Le N° 2 de l’année 1993 publiera, en hommage à Pierre Marot, plusieurs articles consacrés à l’oeuvre de ce grand Lorrain auquel notre Société, le Musée lorrain et Le Pays lorrain doivent tant de reconnaissance.
[
Le Pays Lorrain , octobre-décembre 1992, N° 4, p. 223 ]