Gabriel Léopold Charles Amé BEXON

[ Remiremont (88) , 10/03/ 1747 – Paris (75) , 15/02/ 1784 ]

ecclésiastique

Biographie vosgienne

1829 — Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel

BEXON Charles Amé.- Né à Remiremont en 1748 ; embrassa l’état ecclésiastique, et obtint, après avoir fait d’excellentes études au séminaire de Toul, la place de grand chantre à la Sainte Chapelle de Paris, où il est mort en 1784. On a de cet écrivain, l’un des plus beaux du 18e siècle, l’ami et l’un des collaborateurs du Pline français :
- Système de la fertilisation, in-8°, 1773 ;
- Catéchisme d’agriculture, in-8°, 1771 ;
- Oraison funèbre de l’abbesse de Remiremont, fille de Léopold, 1773 ;
- et Histoire de Lorraine, in-8°, dont il n’a paru qu’un volume, imprimé à Nancy en 1777 [Note 1] : le style plein de grâce et de chaleur, qui fait le premier mérite de cet ouvrage, fait vivement regretter qu’il n’ait pas été achevé.



Note 1 :Une mort prématurée, occasionnée par la difformité de son corps, ne permit pas à l’abbé Bexon de remplir envers ses souscripteurs l’engagement qu’il avait pris de leur fournir 2 volumes sur l’histoire civile et politique de la Lorraine, qui eussent été suivis d’un 3e sur l’histoire naturelle de cette Province ; et ce dernier d’un 4e vol qui, sous le titre d’anecdotes lorraines, eût présenté des essais historiques sur les différentes villes, et spécialement sur celle de Nancy. Un fait singulier, et qui est resté ignoré, c’est que l’abbé Bexon et François de Neufchâteau ont été renvoyés du séminaire de Toul, parce qu’ils avaient adopté l’orthographe dite de Voltaire.

1841 — Annuaire administratif et statistique des Vosges 1841 / Charles Charton

BEXON Gabriel Léopold Charles Aimé.- Prêtre et grand chantre de la sainte chapelle de Paris, né à Remiremont au mois de mars 1748 et décédé à Paris à la suite d’un catarrhe remonté, le 15 février 1784, fit de très bonnes études au séminaire de Toul, d’où il avait été renvoyé suivant quelques biographes pour avoir adopté l’orthographe dite de Voltaire, petit acte de sévérité qui expulsa, dit-on, du même séminaire notre célèbre compatriote François de Neufchâteau, coupable d’un semblable crime contre les vieilles lois de la grammaire.

Les premiers ouvrages publiés par l’abbé Bexon, furent :
- une Oraison funèbre de la princesse Anne-Charlotte de Lorraine, abbesse de Remiremont, in-4°, Nancy, 1773.
- De la Fertilisation des terres, in-8°, Nancy, même année,
- et le Catéchisme d’agriculture ou Bibliothèque des gens de la campagne, in-12, Paris, 1773.

C’est en 1777 que parut le premier volume de son histoire de Lorraine, une des meilleures de toutes celles que nous possédons jusqu’à ce jour, par la franchise avec laquelle elle est écrite et les nobles sentiments de patriotisme qui l’ont inspirée. Il est il regretter que ce beau monument élevé à notre chère patrie n’ait pas été achevé.

On doit encore au même savant ecclésiastique des observations curieuses sur le myriade et des matériaux intéressants pour l’histoire naturelle des salines de Lorraine, insérés dans le deuxième volume du Conservateur, par François de Neufchâteau, avec quelques lettres de Buffon, dont il était l’ami et le collaborateur zélé. Notre célèbre compatriote réunissait aux qualités de l’honnête homme toutes celles qui le rendent aimable dans la société, où la douceur de sou caractère, l’aménité de ses manières, son exquise politesse lui acquirent l’estime et l’attachement des hommes de lettres et des savants, justes appréciateurs de ses connaissances variées et de son mérite modeste.


[1841, signé : Richard, bibliothécaire de la ville de Remiremont].

1841 - — Dictionnaire encyclopédique de la France

BEXON (Scipion), né à Remiremont en 1748, mort à Paris en 1784, embrassa l’état ecclésiastique et obtint la place de grand-chantre à la Sainte-Chapelle de Paris. Son goût pour l’étude de la nature se développa dès sa jeunesse ; il y consacra sa vie, et mérita que Buffon l’associât à ses travaux pour les derniers volumes de son Histoire naturelle.

On lui doit :
I. Système de la fertilisation, 1776, in-8°.
II. Catéchisme d’agriculture, in-8°, 1773, in-12. C’est un manuel simple et précis des connoissances propres aux laboureurs. Il devroit être plus répandu.
III. Oraison funèbre de l’abbesse de Remiremont, 1773, in-8°.
IV. Le premier volume d’une Histoire de Lorraine, que l’auteur n’a pas continuée.

In Dictionnaire encyclopédique de la France, tome 3 (BIL-CAI). Par M. Philippe LE BAS, membre de l’Institut.- Paris : Firmin Didot frères, 1841.

1845 — Le Département des Vosges / Henri Lepage, Charles Charton

Gabriel-Léopold-Charles-Aimé BEXON, prêtre et grand chantre de la Sainte Chapelle de Paris, né en 1748 et mort en 1784. On a de lui :
- une Oraison funèbre de la princesse Anne-Charlotte de Lorraine, abbesse de Remiremont ;
- De la fertilisation des terres (Nancy, 1773) ;
- Catéchisme d’agriculture ou Bibliothèque des gens de la campagne (Paris, 1773).

L’abbé Bexon fit paraître, en 1777, le premier volume d’une Histoire de Lorraine qui malheureusement ne fut pas terminée, car c’est ce qu’il y a de mieux écrit jusqu’à ce jour sur notre province.


[Tome 2, p. 423].

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

BEXON Gabriel Léopold Aimé.- Né à Remiremont en mars 1748, embrassa la carrière ecclésiastique et fit ses études au séminaire de Toul, dont il fut renvoyé, ainsi que François de Neufchâteau, pour avoir adopté l’orthographe dite de Voltaire. Il possédait une foule de connaissances variées, dont sa modestie relevait encore l’éclat. Simple de manières, bon par caractère, honnête homme surtout, il mérita l’estime des savants du dernier siècle, et devint le collaborateur infatigable de Buffon, qui attachait un grand prix à ses connaissances en histoire naturelle.

Bexon a publié :
1°- L’Oraison funèbre de la princesse Anne-Charlotte de Lorraine, abbesse de Remiremont, Nancy, 1773, in-4°.
2°- Catéchisme d’agriculture ; Paris, 1773, in-12.
3°- De la fertilisation des terres ; Nancy, 1773, in-8°.
4°- Enfin, en 1777, parut le premier volume de l’Histoire de Lorraine, qu’il avait entreprise et qu’une mort prématurée ne lui a pas permis de terminer. Ce volume est plein de science historique et respire, à chaque page, le patriotisme le plus pur. Cette histoire, complète, eût été un véritable monument pour notre pays.

Bexon est mort le 15 février 1784 à Paris, où il exerçait les fonctions de grand chantre à la Sainte-Chapelle.

1854 — Biographie universelle ancienne et moderne / Michaud

BEXON (Gabriel-Léopold-Charles-Amé), né à Remiremont, au mois de mars 1748, mourut à Paris, le 15 février 1785.

D’abord chanoine, puis grand chantre de la Ste-Chapelle, il dut son élévation à une Histoire de Lorraine (Nancy, 1777, in-8°), dont il n’a paru que le 1er volume. Il avait publié précédemment :
- 1° Système de la fertilisation (ibid., 1775, in-8° (1).
- 2° Catéchisme d’agriculture, Bibliothèque des gens de la campagne (Paris, 1775, in-12).
- 3° Oraison funèbre d’Anne Charlotte de Lorraine, abbesse de Remiremont (Nancy, 1773, in-4°).

On a encore de lui : Observation particulière sur le myriade, et Matériaux pour l’histoire naturelle des salines de Lorraine, opuscules imprimés dans le tome 2 du Conservateur par François de Neufchâteau. On trouve dans le même recueil vingt-cinq lettres de Buffon à l’abbé Bexon, qui était l’un de ses collaborateurs à l’Histoire naturelle.

N’osant pas publier sous son nom son premier ouvrage, il y mit le nom de Scipion Bexon ; de là, l’erreur dans laquelle sont tombés presque tous les biographes qui nous ont précédé.

A. B—T.


(1) Réimprimé sous ce titre : De la Fertilisation des terres, et moyens de faire de la chaux avec le feu solaire. Nécessité de conserver et d’améliorer les forêts par rapport à l’agriculture, la conservation de la fertilité de la terre et l’affermissement du gouvernement, etc (Paris, 1797, in-8°) - On attribue encore à Bexon Des rivières par rapport à l’agriculture, ouvrage posthume (Paris, 1797, in-8°).


[in Biographie universelle, ancienne et moderne, ou Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes. 2ème édition. Publiée sous la direction de M. Michaud, revue, corrigée et considérablement augmentée d’articles omis ou nouveaux. Ouvrage rédigé par une société de gens de lettres et de savants.- Paris : chez Madame C. Desplaces et chez M. Michaud, 1854. Tome IV, Page 253].

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

BEXON (Gabriel-Léopold-Charles-Amé), né à Remiremont, au mois de mars 1748, mourut à Paris, le 15 février 1785.

D’abord chanoine, puis grand-chantre de la Sainte-Chapelle, il dut son élévation à une Histoire de Lorraine, Nancy, 1777, in-8°, dont il n’a paru que le 1er volume.

Bexon avait fait de très bonnes études au séminaire de Toul. Il réunissait aux qualités de l’honnête homme toutes celles qui le rendent aimable dans la société, où la douceur de son caractère, l’aménité de ses manières, son exquise politesse, lui acquirent l’estime et l’attachement des hommes de lettres et des savants, justes appréciateurs de ses connaissances variées et de son mérite modeste.

1879 — Biographie alsacienne-lorraine / A. Cerfberr de Médelsheim

BEXON Gabriel.- Naturaliste, chanoine de la Sainte-Chapelle, né à Remiremont (1748-1784).

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

BEXON Gabriel Léopold.- Abbé. Né à Remiremont en 1747, fit ses études à Remiremont d’abord, puis au séminaire de Toul et embrassa la carrière ecclésiastique, après avoir reçu à Besançon le grade de docteur en théologie. Simple de manières, excellent de caractère, honnête par-dessus tout, le savant abbé possédait une masse de connaissances, dont sa modestie relevait l’éclat. Il devint pour le naturaliste Buffon un collaborateur infatigable et dévoué : il lui revient, de l’aveu même du maître, une part incontestable dans tous ses travaux. Le beau portrait du Cygne est dû à sa plume.

Ce savant prêtre avait entrepris de publier une histoire de Lorraine ; mais une mort prématurée ne lui permit pas de mener à fin ce grand travail. Il en parut, en 1777, un volume plein de science, d’un style simple, un peu froid, mais où respire le plus pur patriotisme : il dit de nos anciens ducs, qu’ils ont été les meilleurs et les premiers hommes de leur pays. Aussi leurs généreux sujets adoraient tout dans leur souverain, et sous Charles IV ils ne croyaient même pas aux faits dont ils étaient les victimes. Le souffle de tolérance et de liberté qui régnait à cette époque se fait sentir à chaque page dans ce volume.

L’abbé Bexon mourut à Paris en 1784, à l’âge de trente-cinq ans. Il avait obtenu le titre de grand chantre de la Sainte-Chapelle : c’était la deuxième dignité du chapitre. Le titulaire portait la crosse et la mitre, et recevait une pension de 8000 livres.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

BEXON (Gabriel Léopold Charles Aimé).- L’abbé Bexon naquit à Remiremont en mars 1748 ; il s’occupa surtout d’histoire naturelle et d’agriculture ; il fut le collaborateur de Buffon. Il a entrepris, en 1777, la publication d’une Histoire de Lorraine, arrêtée au premier volume.

L’abbé Bexon est mort à Paris le 15 février 1784.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

BEXON (Gabriel Léopold Charles Amé), abbé, historien et naturaliste
(Remiremont, 10 mars 1747 - Paris, 15 février 1784)

Fils de Amé Bexon et de Marthe Pillement. L’abbé Bexon tient une place honorable dans la foule des naturalistes et savants du XVIIIe siècle, écrit Richard Rognet, son meilleur biographe, à propos de celui qui fut, à partir de 1777, un des principaux collaborateurs de Buffon. Homme éclairé, il parvint malgré une jeunesse assez tumultueuse et turbulente, à concilier les principes traditionnels et conservateurs de son éducation religieuse, avec son net penchant pour l’esprit nouveau et la philosophie.

Sa mère, cultivée, avide de lecture, amie future de Madame Roland, suivra jusqu’à Paris la carrière d’un fils auquel elle avait tenu à transmettre sa solide éducation. Commencée dans sa ville natale, celle-ci se poursuit au séminaire de Toul de 1762 à 1765, puis à l’Université de Besançon où il obtient brillamment le doctorat de théologie. De retour à Toul, il reçoit les ordres mineurs et le sous-diaconat, mais sa rencontre avec François de Neufchâteau, poète de 20 ans déjà célèbre dans le monde des lettres, l’oriente vers l’esprit philosophique et les nouvelles sciences à la mode dont l’agronomie qu’ils pratiqueront tous deux leur vie durant.

Le jeune Bexon veut compléter sa formation dans la capitale et surtout se faire un nom. A Paris, en 1770, il rencontre Rousseau et une première fois Buffon qu’il séduit en faisant étalage de ses connaissances scientifiques. Bexon revient à Toul en 1771 où il reçoit le diaconat en dépit des soupçons de déisme que ses relations récentes font peser sur lui. En 1771-1772, il séjourne à Remiremont dans sa famille où il rédige un Catéchisme d’agriculture dont le sous-titre est un véritable résumé du programme des Physiocrates : Bibliothèque des gens de la campagne dans laquelle on enseigne par des procédés très simples l’art de cultiver la terre, de la faire fructifier, et de rendre les hommes qui la cultivent meilleurs et plus heureux. La même année, Bexon termine un traité intitulé : De la fertilisation des terres. Ces deux travaux ne seront publiés qu’en 1773.

Entre-temps, Bexon avait été ordonné prêtre le 18 avril 1772. Peu de temps après son ordination, il est compromis dans un scandale qui éclate dans le jeune clergé toulois : l’abbé Bexon est accusé d’être l’âme d’une société secrète de jeunes philosophes épris de Voltaire et de Rousseau ; il se fait oublier en séjournant à nouveau à Remiremont dans l’hiver 1772-1773. Mais la petite cité vosgienne ne convient guère à l’épanouissement de son talent. Il accomplit alors de fréquents séjours à Nancy, partageant son temps entre sa ville natale et la capitale lorraine où il retrouve son frère, le juriste Scipion Bexon, son ami François de Neufchâteau et le poète Gilbert. Sa plume ne reste pas inactive ; il ébauche un Discours sur les phénomènes de l’Univers qu’il ne terminera pas, compose en 1773 L’Oraison funèbre de la Princesse Anne-Charlotte de Lorraine, abbesse de Remiremont qu’il ne prononcera jamais, mais qui sera néanmoins publiée, et surtout il achève le premier volume, seul paru, d’une Histoire de Lorraine (1777). Avec cette parution s’achève pour l’abbé Bexon une période d’incertitude,de recherches et de tâtonnements au cours de laquelle il s’est essayé à la poésie, à l’agronomie, à l’histoire et à la théologie.

L’année 1777 est décisive pour sa carrière scientifique. Elle marque le début de sa collaboration active avec Buffon. A trente ans, l’abbé Bexon s’installe définitivement à Paris où sa voie, désormais, sera celle du grand naturaliste. Il fréquente les salons, celui de Mme Trude, sa logeuse, où il se lie d’amitié avec Madame Roland encore demoiselle Philipon. Il prend une part très importante à la rédaction des quatre derniers volumes des Oiseaux, de l’Histoire naturelle parus en 1779, 1780, 1781 et 1783. Pour cette oeuvre, il compile un nombre considérable d’ouvrages antérieurs, de notes de voyageurs, d’informations recueillies et d’observations faites par Buffon ou par lui-même. Il rédige à partir de là un texte de base que Buffon corrige. Les parts de l’un et de l’autre sont donc intimement liées. Il s’intéresse aussi à la minéralogie. L’article consacré au granit est entièrement de sa main.

Dans sa préface des Oiseaux en 1790, Buffon reconnaît officiellement la part prise par l’abbé Bexon. Pour le savant vosgien, c’est une sorte de consécration. Le nombre de ses correspondants augmente. On fait appel à lui pour être introduit auprès du maître... ainsi que pour augmenter les collections du Cabinet du Roi. De hautes protections lui valent un canonicat à la Sainte-Chapelle dont il deviendra ensuite grand chantre. Le bénéfice ecclésiastique, lucratif et convoité, n’est pas de tout repos. Bexon prend à coeur ses fonctions et administre la Sainte-Chapelle avec beaucoup de conscience et d’assiduité.

Le cercle de ses relations s’élargit encore : Mme Necker, Mme de Genlis. Il a des appuis à la Cour de Versailles grâce aux Beauvau. Partout il fait preuve de ses qualités si appréciées au XVIIIème siècle : une érudition jamais pesante, une grande facilité de parole, un goût discret pour l’épigramme et l’ironie, une remarquable sociabilité qui font de lui, en dépit d’une certaine disgrâce physique (il était petit et bossu) une des personnes les plus recherchées des milieux intellectuels parisiens.

Le 15 février 1784, en ouvrant une caisse de minéraux dont la vapeur maligne tomba sur sa poitrine, il fut pris d’une toux suffocante qui l’emporta en quelques heures. Il n’avait que 37 ans.


Bibl. : Rognet (Richard).- L’Abbé Bexon (1747-1784), in Le Pays de Remiremont, N° 2/1979, p. 4-15.


[Pierre Heili].

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