Benoît Aimé SEILLIERE

[ Reims (51) , 30/04/ 1802 – Paris (75) , 20/05/ 1852 ]

industriel

Chevalier de la Légion d’Honneur.

Biographie vosgienne

1854 — Annuaire administratif et statistique des Vosges 1854 / Charles Charton

SEILLIÈRE Aimé Benoît.- Industriel. Chevalier de la Légion d’honneur, ancien membre du Conseil général des Vosges, né le 30 avril 1802, décédé le 20 mai 1852.

M. Seillière était issu d’une ancienne et riche famille de Lorraine, autrefois engagée dans les finances de l’État. Son père, industriel et négociant à Reims, accrut une fortune déjà brillante ; mais l’invasion de 1814, l’incendie, le pillage, le ruinèrent complètement, et le jeune Seillière tomba de sa haute position de fortune dans un état voisin de la gêne. Bien d’autres à sa place eussent perdu courage. Son énergie le sauva, le malheur lui donna de nouvelles forces et il se dit que le travail lui rendrait ce qu’il avait perdu.

Il fit son apprentissage à Senones, chez M. Heywood qui, un des premiers, introduisit l’industrie cotonnière dans le département des Vosges. Cet industriel lui donna sa fille en mariage. Devenu le chef d’une société puissante, Seillière fit faire de grands progrès à l’industrie vosgienne. On lui doit une construction économique de métiers à tisser, qui, de ses usines, se répandirent dans tout le département. Les manufactures les plus considérables de la vallée de Schirmeck ont été créées par lui. Le premier, il comprit que l’industrie si importante du tissage des laines pouvait s’implanter dans les Vosges, et il en dota le pays. Ses efforts pour le développement de l’industrie méritaient une récompense, et le roi Louis-Philippe lui donna la croix de chevalier de la Légion d’honneur.

Nommé maire de La Broque, M, Seillière se dévoua aux intérêts de sa commune. Son administration sage et éclairée lui valut bientôt de plus importantes fonctions, et il devint successivement conseiller d’arrondissement et conseiller général.

Les crises commerciales de 1848 n’atteignirent point ses nombreux ouvriers : sa prévoyance et sa générosité empêchèrent les chômages.

Le travail de M. Seillière lui avait acquis une grande fortune, mais il la dépensait noblement. La distribution fréquente de secours, la création d’institutions de prévoyance et de bienfaisance, l’organisation de services médicaux gratuits et le développement de l’instruction, sont des preuves irrécusables de sa constante sollicitude pour tous ceux qui travaillent et qui souffrent. La mort le surprit à Paris au moment où il allait y prendre un peu de repos, si nécessaire après sa laborieuse carrière. Son corps fut ramené dans son pays, et, au recueillement de la foule qui l’accompagnait à sa dernière demeure, on sentait qu’un homme de bien venait de quitter la vie.


1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

SEILLIÈRE (baron).- Né à Reims, d’une famille originaire de Saint-Mihiel (Meuse), le, 30 avril 1802, il fut l’un des plus grands industriels vosgiens à La Broque, à Senones, à Schirmeck ; il avait commencé par être employé chez Heywood, qui introduisit l’industrie cotonnière dans les Vosges lors du blocus continental. Devenu son associé, puis son gendre, il donna une grande impulsion à ses établissements et fut nommé chevalier de la Légion d’honneur. Maire de La Broque, conseiller d’arrondissement, il fut élu en 1848 conseiller général des Vosges pour le canton de Schirmeck ; il échoua aux élections pour l’Assemblée Constituante.

Il est mort à Paris, le 20 mai 1852.

Son fils, Nicolas Ernest Seillière, mort le 8 août 1864, a été de 1848 à 1852 conseiller général des Vosges pour le canton de Senones, dont son fils, Edgar Aimé Seillière, né à Reims le 21 juin 1835, mort subitement à Paris le 10 octobre 1870, ingénieur des arts et manufactures, a été aussi le représentant de 1864 à 1870.

La manufacture Seillière est aujourd’hui dirigée par MM. Vincent, Ponnier et Cie, anciens associés de la famille Seillière.

M. le baron Frédéric Seillière, frère d’Edgar Aimé, dirigeait l’usine de Senones au moment de la guerre et faillit être fusillé comme chef de francs-tireurs, le 4 octobre 1870, lors de l’occupation de la ville par les Prussiens. C’est ce dernier qui a retrouvé les restes de Dom Calmet dans l’église de Senones et a fait ériger la chapelle où repose l’historien lorrain. Les membres de la famille Seillière reposent tous dans le cimetière qu’ils ont donné, en 1857, à la ville de Senones.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

SEILLIERE (Benoît Aimé) , industriel
Reims, 1801 – Paris, 20 mai 1852


Fils aîné d’Aimé Benoît Seillière, manufacturier à Reims, et de Marie Victoire Le Lorrain, c’est à Senones que Benoît Aimé rencontre Jeanne Marie Heywood, fille de John Heywood, introducteur de la filature du coton dans cette ville dès 1805. Il l’épouse en 1828 et va travailler avec son beau-père dans la manufacture de filature et tissage de coton que celui-ci à établie à Schirmeck après la mort de sa femme en 1817.

En 1828, Aimé reçoit, en association avec son beau-frère Gustave Heywood, la direction de l’usine de Schirmeck, laquelle devient au même moment la propriété de Malapert tandis que John Heywood crée un tissage à La Broque.

En 1836, Aimé Seillière et Gustave Heywood monte une filature à Lutzelhouse et un tissage à Muhlbach. De 1848 à 1852, Benoît Seillière et conseiller général du canton de Schirmeck au conseil général des Vosges. Décédé à Paris, sa dépouille est ramenée à La Broque ultérieurement.


Bibl. : Seillière (F.).- Documents pour servir à l’histoire de la Principauté de Salm, préface d’A. Ronsin, p. I.
Poull (G.).- L’Industrie textile vosgienne, 1982.


[ Albert Ronsin ]

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