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Prosper ANTOINE

[ Harol (88) , 11/07/1830 Saint-Dié-des-Vosges (88) , 19/10/1897 (67 ans) ]

architecte

Biographie vosgienne

Notices documentaires

1897 — Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

© Dictionnaire H. Jouve, 1897

ANTOINE Prosper.- Né à Harol le 11 juillet 1830.

Conseiller municipal à Saint-Dié.

Président de la société de secours mutuels.








1897-1898 — Bulletin de la Société philomatique vosgienne

Né à Harol (Vosges), le 14 juillet 1830, Prosper Antoine, par son long séjour parmi nous, était devenu un véritable Déodatien. Il était arrivé à Saint-Dié en qualité d’agent-voyer d’arrondissement vers 1860. Doué d’une santé robuste et d’une grande activité, il parcourait sans cesse nos montagnes non seulement pour les besoins de son service, mais aussi pour sa satisfaction personnelle. Il avait un goût prononcé pour les études géologiques et topographiques, et il pouvait le contenter à merveille dans cette partie des Vosges. C’est ainsi qu’il put mener à bonne fin la confection d’une fort belle carte de l’arrondissement de Saint-Dié. On conçoit que ce fut là une œuvre difficile et longue, mais son ardeur au travail ne se démentit pas ; il la conserva jusqu’à la fin de sa vie, où il menait de front, avec un zèle et un dévouement qui lui font le plus grand honneur, sa profession d’architecte et ses fonctions de président de la Société de secours mutuels, de conseiller municipal et de vice-président du Conseil d’administration de la caisse d’épargne. C’est bien ici le cas de rappeler la part importante que prit notre collègue Antoine lorsque, peu de temps avant l’année terrible, s’agitait la grave question de relier, par chemin de fer, la vallée de la Bruche à celle de la Meurthe, l’Alsace à la Lorraine à travers le col de Saales. Il s’agissait de raccorder avec la ligne de Mutzig à Strasbourg le réseau vosgien, qui avait déjà reçu un commencement d’exécution par l’ouverture à l’exploitation de l’embranchement d’Arches à Laveline-devant-Bruyères et à Granges. Le prolongement sur Saint-Dié était décidé et mis à l’étude. Franchirait-on la trouée de Saales ? Cela semblait tellement difficile que l’on n’y songeait même pas, malgré tout ce qu’avaient pu dire l’ingénieur Doré dès 1842 et M. Paul Champy en 1847. Grâce à une étude approfondie du terrain, dit M. Gaston de Golbéry dans une remarquable étude sur le Col de Saales (Annuaire du Club alpin français, 15° vol., 1886), Prosper Antoine résolut le problème du passage des Vosges à Saales sans viaduc, ni tunnel, presque sans remblais ni tranchées, en utilisant simplement la conformation naturelle du sol. Soumise au Conseil supérieur des Ponts-et-Chaussées, cette traversée des Vosges à ciel ouvert fit d’abord sourire..., la dépression transversale de Saales était encore si peu connue ! Puis elle séduisit par sa nouveauté, en même temps qu’elle intéressa par la sûreté des vues et par les connaissances techniques de son auteur. L’ingénieur ordinaire de l’arrondissement avait appuyé ce travail d’un mémoire favorable ; il fut pris en considération et adopté conformément au rapport d’un ingénieur chargé d’en examiner sur les lieux le mérite. Des plans et devis détaillés de l’entreprise joints au projet permettaient de donner le premier coup de pioche aussitôt après l’accomplissement des formalités administratives. Il fut décidé qu’on irait vite. À l’encontre du proverbe, M. Antoine allait donc être prophète en son pays. C’était en Juillet 1870. Trois semaines après éclatait la guerre... Au milieu des malheurs de cet hiver néfaste, et dans un tel déchaînement de calamités, les infortunes privées ont passé inaperçues. Il en est pourtant d’irrémédiables, où les espérances les plus légitimes sombrent dans le désastre de la patrie ! Que reste-t-il à M. Antoine de ce couronnement d’une laborieuse et déjà longue carrière, et de travaux dont l’incontestable utilité lui eût assuré la reconnaissance de ses concitoyens ? Avec quelle tristesse ses yeux ne doivent-ils pas se porter journellement vers la silhouette des Vosges, dessinant sur l’horizon la frontière de la France mutilée ? Sa conduite pendant la guerre fut des plus louables. Il avait, à la fin de septembre, conçu le projet d’aller faire sauter le tunnel de Lutzelbourg. L’expédition était approuvée, concertée avec l’autorité militaire, et tout semblait marcher à souhait ; mais il était trop tard ! On apprit que les Vosges venaient d’être envahies, et la défaite de Nompatelize fit abandonner cette idée patriotique.
M. Antoine comptait parmi les plus dévoués philomates. II était entré au Comité le 25 février 1883, par suite de la modification apportée à l’article 4 des Statuts qui portait à 12 au lieu de 8 le nombre des membres de ce Comité. Sa bonne volonté et son obligeance étaient à toute épreuve, et, chaque fois que l’occasion se présentait d’avoir recours à ses services, il répondait à l’appel.

(p. 361-362).

Sources structurées

  1. Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve 1897
  2. Bulletin de la Société philomatique vosgienne 1897-1898
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Prosper ANTOINE », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=863 (consultée le 1 septembre 2026).

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