Roland CHOPARD


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En octobre 1998, le Magazine littéraire a publié un article élogieux, sous la signature de Serge SAFRAN (page 12) :



Libres encrages

Aux quelques rares mots français dont les lettres "a" et "e" se conjoignent, on peut désormais rajouter "aencrages". Roland Chopard a créé voilà vingt ans ce néologisme pour nommer sa maison d'édition. Un double désir de trouver un point d'ancrage dans le paysage poétique (avec un acolyte ancien marin, le peintre Gilbert Villemin) et de réaliser une revue vouée aux encrages, le pousse en 1978 à réaliser une première livraison.

Fils de fermiers, ce Franc-comtois d'origine suit d'abord des études techniques peu probantes. A l'âge où l'on passe le bac, lui s'enferme deux ans à la ferme pour ... écrire un roman ! Viennent ensuite des études de lettres à Besançon. Puis, enseignant en lycée professionnel, il apprend la typographie à Épinal.

La découverte de la parole poétique sur les ondes de France Culture et les joies de la linotypie le mènent vers la réalisation artisanale de ses propres ouvrages. Dès le N° 3 de la revue AEncrages & Co naît de la part des poètes qui y participent le désir de publier aussi des livres. A Jean-Luc Parant vont succéder, parfois à plusieurs reprises, Edmond Jabès, Joseph Guglielmi, Olivier Apert, Michel Butor, Julos Beaucarne ou Bernard Noël, sans parler de Roland Chopard qui en vingt ans a produit lui-même plus d'une vingtaine de titres, tous conçus avec un travail de peintre. Là est le principe ainsi que le secret de livres auxquels Jean Degottex, Olivier Debré, Jiri Kolar ou Jean-Pierre Pincemin ont su donner une valeur souvent inestimable.

En 1986, l'éditeur est victime d'un terrible incendie. Mais comme le Phénix, une nouvelle collection en surgit, Voix de Chants, soutenue par la DRAC de Lorraine. Y sont publiés Odile Massé, Bernard Vargaftig... En 1993, Réminiscences fait place aux livres d'artistes réalisés au cours de lectures en public.  La rencontre de Roland Chopard avec le peintre Jean-Michel Marchetti, l'année suivante, entraîne une douzaine de réalisations diverses. La plus inattendue est certes MW, poèmes de Robert Wyatt (ex Soft Machine), dont un M2W est annoncé, avec CD à la clef, pour fêter les 120 titres d'un catalogue déjà prestigieux.