François DE RIGUET

[ Nancy (54) , 1618 – Nancy (54) , 02/09/ 1701 ]

ecclésiastique

Biographie vosgienne

1829 — Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel

RIGUET François.- Grand aumônier de Lorraine, conseiller d’état et du parlement de cette province, etc., fils de Riguet, capitaine des gardes du prince François, célèbre dans l’histoire du pays, par la mort de De Lucy, qu’il tua à son retour de Bavière.

François Riguet refusa des évêchés ; il est mort à Nancy en 1699. Il a composé l’histoire de l’église de Saint-Dié, que Sommier, archevêque de Césarée, a fait imprimer en 1726. On a encore de lui des Mémoires historiques et chronologiques sur la vie de saint Dié ; et plusieurs manuscrits.

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

RIGUET François.- Grand prévôt de Saint-Dié, grand aumônier de Lorraine, conseiller d’État, etc., mort à Nancy en 1699, est auteur des ouvrages suivants :
- Histoire des grands prévôts de Saint-Dié, imprimée par Sommier, dans son Histoire de l’église de Saint-Dié, en 1726.
- Discours prononcé en Pologne, où il avait été envoyé comme ambassadeur pour procurer l’élection de Charles V au trône de Pologne ; imprimé dans les preuves de l’Histoire de Lorraine.
- Notes sur l’histoire de Saint-Dié, pour les bollandistes.
- Dissertations où on prouve que les ducs de Lorraine descendent de Gérard d’Alsace.
- Commentaire sur les titres de l’église de Saint-Dié.
- Mémoires historiques et chronologiques pour la vie de saint Dié, évêque de Nevers ; Nancy, 1680.
- Mémoire contre la prétendue mouvance du duché de Bar (Manuscrit).

Riguet est encore auteur de quelques autres écrits de peu d’importance.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

RIGUET (François), grand-prévôt de Saint-Dié, grand-aumônier de Lorraine, conseiller d’État et du parlement, prieur comandataire de Châtenois et de Flavigny, et de Notre-Dame-du-Bourg, était fils de Riguet, capitaine des gardes du prince François de Vaudémont, père du duc Charles IV.

Le capitaine Riguet est célèbre dans l’histoire de Lorraine, par la mort de M. de Lucy, envoyé du duc Henri II, auprès du duc de Bavière, que Riguet tua au retour de son voyage près de Nancy.

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

RIGUET François.- Moine prémontré, homme d’un rare mérite et d’une grande érudition, fut placé à la tête du Chapitre de Saint-Dié, en 1659 : le règne des faveurs réussit parfois à élever quelques gens de mérite. Ce grand prévôt demeura peu dans son monastère ; il vécut à Nancy, où il mourut en 1699.

Il composa plusieurs ouvrages, entre autres l’Histoire des grands prévôts de Saint-Dié : il doit compter, pour ses recherches et ses dissertations, au nombre des historiens de Lorraine.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

RIGUET (François de), grand prévôt de Saint-Dié, conseiller prélat à la cour souveraine de Lorraine
Nancy, ? – Nancy, 2 septembre 1701


François de Riguet est le fils de François de Riguet, chevalier, commandant des gardes du corps de la duchesse Nicole de Lorraine, et de Catherine de Baillivry, fille d’un conseiller d’Etat du duc de Lorraine. Il fait ses études à Paris, probablement au collège de Clermont et y prend le grade de docteur en théologie.

De retour en Lorraine, il entre dans l’ordre de Prémontré à l’abbaye de Jovilliers, dont il devient rapidement abbé. Il prend possession le 11 mai 1643.

Le duc de Lorraine Nicolas-François lui confie le préceptorat de son fils qui était alors destiné à l’Eglise et qui n’est autre que Charles V, duc de Lorraine, général des troupes impériales, vainqueur des Turcs. Résidant à Paris avec son élève, François de Riguet juge utile, en 1657, de demander l’annulation de ses vœux afin d’être sécularisé. Désormais, il entreprend des missions diplomatiques pour le compte du duc de Lorraine et de son élève Charles, à Paris, et notamment à Vienne lors de la vacance du trône de Pologne en 1669, trône auquel Charles est candidat.

En récompense de son dévouement à la maison de Lorraine, Riguet reçoit la grande prévôté de Saint-Dié le 16 août 1659. Il en prend possession le 3 décembre suivant, obtient du chapitre le bénéfice supplémentaire d’une prébende de chanoine. Par lettres patentes du 28 janvier 1667, le duc de Lorraine crée pour Riguet la charge de conseiller prélat à la cour souveraine aux gages de 2000 francs.

A partir de 1670, François de Riguet se fixe à Saint-Dié et s’attache à l’exercice de sa fonction de grand prévôt. Il érige plusieurs paroisses nouvelles : Mandray, Clefcy, Le Valtin. Par contre, à la demande du chapitre, il refuse l’établissement à Saint-Dié d’un couvent de Bénédictines du Saint-Sacrement que Catherine de Bar, native de la ville, veut y créer. Il se consacre également à la rédaction de ses Mémoires qu’utilisera l’abbé Hugo d’Etival lorsqu’il sera historiographe de Lorraine.

Surtout François de Riguet s’applique à rédiger sa Vita Sancti Déodati Nivernensis Episcopi et insignis Ecclesia San Deodatensis in Vosago fundatoris publiée à Nancy en 1679, suivie en 1680 des Mémoires historiques et chronologiques pour la vie de St Dié…, puis il entreprend, à partir des archives du chapitre, de prouver que l’Eglise de Saint-Dié est exempte de la juridiction de Toul, qu’elle était nullius diocesis. Son travail intitulé Mémoires historiques et chronologiques pour l’Insigne Eglise de Saint Diez en Lorraine, resté manuscrit, est à la Bibliothèque Municipale de Saint-Dié. Enfin, pour défendre la dignité et les droits de sa prélature contre les chanoines, il met au point un ouvrage Des grands prévôts de l’Insigne Eglise de Saint-Dié en Lorraine et de leurs droits et juridictions, resté manuscrit, et plusieurs études sur la généalogie de la maison de Lorraine.

En 1682, il accueille à Saint-Dié dom Mabillon et dom Germain de retour d’Allemagne.

Lors de l’arrivée du duc Léopold, fils de son ancien élève Charles V, en Lorraine, Riguet gagne Nancy et se met à son service. Il reçoit la charge de grand aumônier et de conseiller d’Etat. C’est lui qui préside la cérémonie de mariage de Léopold avec Elisabeth Charlotte d’Orléans, en octobre 1698 à Bar-le-Duc, et le service funèbre organisé lors du retour de Charles V, inhumé dans le caveau ducal de Nancy en avril 1700.

Il résigne alors les bénéfices qu’il possédait : le prieuré de Flavigny avait été cédé dès 1692 à un parent. En 1700, c’est celui de Bourg-Sainte-Marie qu’il transmet à son neveu puis, encore en 1700, la grande prévôté de Saint-Dié à l’abbé Durfort. Il réside alors à Nancy et, après avoir consulté le P. Benoît Picard, vend à un libraire de Nancy, Paul Barbier, son manuscrit du Sistème chronologique, historique des evesques de Toul qui est imprimé au début de 1701. Lorsque Barbier le met en vente, à la fin de l’année, François de Riguet est décédé et c’est l’abbé Hugo qui aura surveillé l’impression et préfacé l’ouvrage.


Bibl. : Digot (A.).– Eloge historique de François de Riguet.– Nancy, 1846. (Mémoires Société Royale des Sciences… de Nancy).
Goovaert.– Ecrivains artistes de l’Ordre de Prémontré, tome II, p. 96.
Petiot (A.).– L’Abbé François de Riguet et sa famille, in Généalogie Lorraine, n° 57, 1985, p. 161. 165.


[ Albert Ronsin ]

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