1842 —
Annuaire administratif et statistique des Vosges 1842 / Charles Charton
M. le conseiller ESTIVANT. M. Claude-Charles Estivant naquit à Mirecourt, au mois d’avril 1764. Dès sa plus tendre jeunesse, occupé de choses sérieuses, il se distingua dans ses humanités, son cours de philosophie et l’étude du droit, par son zèle, son application et sa facilité. Reçu avocat au parlement de Nancy, il exerça, pendant dix ans, cette profession au baillage et présidial de Mirecourt avec dévouement, probité et désintéressement, qualités qu’il avait héritées de son père, doyen des avocats attachés au même siège, et qu’il porta à un haut degré dans les diverses fonctions qu’il remplit dans le cours de son existence.
Lorsqu’en 1789, on établit auprès de chaque tribunal de district, un bureau de conciliation devant lequel les affaires devraient être préalablement portées, M. Estivant fut nommé membre du bureau de Mirecourt ; peu de temps après, il fit partie du conseil général de la commune. En 1793, le représentant Faure fit traduire tout le conseil devant le tribunal révolutionnaire, pour avoir consenti à la réascension des cloches, en attendant que le Gouvernement en disposât.
M. Estivant fut arrêté comme ses collègues, mais le même représentant, revenant sur cette mesure le rendit bientôt à la liberté, et le nomma, au mois de ventôse an 2, membre du directoire du district de Mirecourt, fonctions qu’il conserva jusqu’au mois de brumaire an 4 où il fut appelé à siéger, comme juge, au tribunal civil du département des Vosges. La suppression de ce tribunal ayant eu lieu en l’an 8, on organisa les tribunaux d’arrondissement, et M. Estivant devint président de celui de Mirecourt, en même temps que membre du conseil du même arrondissement.
Sous la république et sous l’empire, M. Estivant présida à plusieurs reprises le collège électoral de l’arrondissement de Mirecourt.
En l’an 11, il fut nommé membre du conseil général des Vosges et membre du jury d’instruction de Mirecourt. En 1807, le collège électoral le présenta comme candidat au corps législatif. Au mois de février 1811, il prit rang parmi les conseillers à la cour royale de Nancy, mais quelque temps après, le nombre de ces conseillers ayant été réduit de quatre, M. Estivant fut compris parmi ceux qui cessèrent de faire partie de la cour, et appelé, en 1816, à la place de président du tribunal civil de Saint-Mihiel. La même année, il vint reprendre son siége à la cour royale de Nancy.
Pendant le court séjour qu’il fit à Saint-Mihiel, ce magistrat sut se concilier l’estime et l’attachement des habitants de cette ville, à tel point qu’il fut vivement regretté à son départ, et que la population lui offrit une fête brillante, quand il reparut à Saint-Mihiel pour y présider, pour la première fois, en qualité de conseiller, la cour d’assises de la Meuse.
En 1815, le collège électoral de Mirecourt le nomma député à la chambre des représentants, et le Gouvernement membre du conseil général des Vosges.
En 1821, il fut promu au grade de chevalier de la légion d’honneur. Après avoir parcouru pendant 40 années consécutives la carrière des emplois publics, M. Estivant obtint, en 1831, son admission à la retraite, et mourut à Nancy, le 28 février 1839. Ainsi qu’il en avait témoigné le désir, son corps fut transféré à Mirecourt.
M. le conseiller Estivant fut un magistrat laborieux, instruit et probe : il fut aussi un homme bienfaisant, et c’est à ce double titre que sa mémoire sera toujours chère. En écrivant son testament, il obéit aux inspirations d’une prévoyante sollicitude pour les malheureux. Il a légué 80,000 francs aux pauvres de Nancy ; 8,000 francs à ceux de Mirecourt, sa ville natale, et 6,000 francs aux indigents de Saint-Mihiel. Il a légué une somme de 4,000 francs à un homme temporairement condamné aux galères et qu’il croyait innocent ; enfin il a disposé d’une rente annuelle et perpétuelle de 150 francs en faveur des étrangers pauvres et malades qui vont prendre les eaux de Bains. Certes, on ne saurait faire un emploi plus charitable de sa fortune. Du reste, la bienfaisance semble une vertu spéciale et commune aux membres de cette famille.
Son frère, M. Joseph Estivant, avocat à Mirecourt, qui, de son vivant, a déjà doté plusieurs établissements de charité, et qu’on trouve partout où il y a des malheureux à soulager, loin d’avoir eu la pensée de contester, comme unique héritier, la validité du testament, s’est empressé d’acquiescer à toutes ses dispositions et d’en faciliter l’exécution. On dit que la ville de Nancy , mue par un sentiment de reconnaissance, a le projet de donner le nom de M. le conseiller Estivant à l’une de ses rues. On ne saurait qu’applaudir à l’exécution de ce projet : il consacrerait un hommage public que peu de personnes ont mieux mérité que cet honorable magistrat.
1845 —
Le Département des Vosges / Henri Lepage, Charles Charton
Claude-Charles Estivant, né au mois d’avril 1764 [à Mirecourt].
Il fut successivement avocat au bailliage de Mirecourt, membre du bureau de conciliation de cette ville et du conseil général de la commune, membre du directoire du district de Mirecourt, juge au tribunal civil du département des Vosges, président du tribunal de Mirecourt, membre du jury d’instruction de cette ville et du conseil général des Vosges et candidat au corps législatif, président du tribunal civil de St-Mihiel, conseiller à la cour royale de Nancy ; en 1815, le collége de Mirecourt l’envoya a la chambre des représentants, et en 1821, il fut nommé chevalier de la légion d’honneur.
M. Estivant est mort à Nancy en 1839.
[Tome 2, page 335].
1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
ESTIVANT Claude Charles.- Conseiller à la cour royale de Nancy, né à Mirecourt, en avril 1764, mort à Nancy, le 28 février 1839, se fit recevoir avocat à Nancy et exerça cette profession à Mirecourt, pendant dix ans. En 1793, il faisait partie du conseil général de cette commune, que le représentant Faure fit traduire au tribunal révolutionnaire pour avoir autorisé la réascension des cloches, dont le gouvernement n’avait pas disposé.
Estivant fut arrêté avec tous ses collègues ; mais le même représentant le fit bientôt remettre en liberté, et le nomma même membre du directoire du district de Mirecourt. En l’an IV, il fut appelé en qualité de juge, au tribunal civil des Vosges. Depuis ce moment jusqu’en 1816, époque à laquelle il fut attaché, comme conseiller, à la cour royale de Nancy, il géra différentes fonctions judiciaires et mérita toujours l’estime de ses concitoyens.
Il demanda et obtint sa retraite en 1831. Il servait son pays, depuis quarante ans, avec le plus grand désintéressement.
Par son testament, il a légué :
80 000 francs aux pauvres de Nancy ;
8 000 francs à ceux de Mirecourt ;
6 000 francs à ceux de Saint-Mihiel ;
4 000 francs à un condamné aux travaux forcés, qu’il croyait innocent.
Enfin, une rente annuelle et perpétuelle de 150 francs au profit des indigents à qui les eaux de Bains sont nécessaires.
Ces chiffres disent plus, en faveur d’Estivant, que tous les éloges possibles.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
ESTIVANT (Claude-Charles), naquit à Mirecourt au mois d’avril 1764. Avocat au parlement de Nancy, il exerça pendant dix ans cette profession au bailliage et présidial de Mirecourt avec dévouement, probité et désintéressement : qualités dont il avait hérité de son père, doyen des avocats attachés au même siège, et qu’il porta à un haut degré dans les diverses fonctions qu’il remplit dans le cours de son existence.
Lorsqu’en 1789, on établit, auprès de chaque tribunal de district, un bureau de conciliation devant lequel les affaires devaient être préalablement portées, Estivant fut nommé membre du bureau de Mirecourt ; peu de temps après, il fit partie du conseil général de la commune. En 1793, le représentant Faure fit traduire tout le conseil devant le tribunal révolutionnaire, pour avoir consenti à la réascension des cloches, en attendant que le Gouvernement en disposât.
Estivant fut arrêté comme ses collègues ; mais le même représentant, revenant sur cette mesure, le rendit bientôt à la liberté, et le nomma, au mois de ventôse an II, membre du directoire du district de Mirecourt, fonctions qu’il conserva jusqu’au mois de brumaire an IV, où il fut appelé à siéger, comme juge, au tribunal civil du département des Vosges. La suppression de ce tribunal ayant eu lieu en l’an VIII, on organisa les tribunaux d’arrondissement, et Estivant devint président de celui de Mirecourt, en même temps que membre du conseil du même arrondissement. Sous la république et sous l’empire, Estivant présida à plusieurs reprises le collège électoral de l’arrondissement de Mirecourt.
En l’an XI, il fut nommé membre du conseil général des Vosges et membre du jury d’instruction de Mirecourt. En 1807, le collège électoral le présenta comme candidat au corps législatif. Au mois de février 1811, il prit rang parmi les conseillers à la cour royale de Nancy ; appelé, en 1816, à la présidence du tribunal civil de Saint-Mihiel, ce magistrat sut se concilier l’estime et l’attachement des habitants de celle ville.
En 1815, le collège électoral de Mirecourt le nomma député à la chambre des représentants, et le Gouvernement membre du conseil général des Vosges. En 1821, il fut promu chevalier de la Légion d’honneur.
Après avoir parcouru pendant 40 années consécutives la carrière des emplois publics, Estivant obtint, en 1831, son admission à la retraite, et mourut à Nancy, le 28 février 1839. Ainsi qu’il en avait témoigné le désir, son corps fut transféré Mirecourt. Le conseiller Estivant fut un magistrat laborieux, instruit et probe : il fut aussi un homme bienfaisant, et c’est à ce double titre que sa mémoire sera toujours chère.
En écrivant son testament, il obéit aux inspirations d’une prévoyante sollicitude pour les malheureux. Il a légué quatre-vingt mille francs aux pauvres de Nancy ; huit mille francs à ceux de Mirecourt, sa ville natale, et six mille francs aux indigents de Saint-Mihiel. Il a légué une somme de quatre mille francs à un homme temporairement condamné aux galères et qu’il croyait innocent ; enfin il a disposé d’une rente annuelle et perpétuelle de cent cinquante francs en faveur des étrangers pauvres et malades qui vont prendre les eaux de Bains. Certes, on ne saurait faire un emploi plus charitable, de sa fortune.
Du reste, la bienfaisance semble une vertu spéciale et commune aux membres de cette famille. Son frère, Joseph Estivant, ancien avocat à Mirecourt, qui, de son vivant, avait déjà doté plusieurs établissements de charité, et qu’on trouvait partout où il y avait des malheureux à soulager, loin d’avoir eu la pensée de contester, comme unique héritier, la validité du testament, s’était empressé d’acquiescer à toutes ses dispositions et d’en faciliter l’exécution.
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
ESTIVANT Claude Charles.- Né en 1764 à Mirecourt, magistrat distingué, mort conseiller à la cour de Nancy, en 1839.
Il servit son pays avec le plus grand désintéressement, et par son testament il disposa de plus de 100 000 francs en bonnes oeuvres.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
ESTIVANT (Claude Charles).- Magistrat et député, Estivant naquit à Mirecourt en avril 1764. Il y exerça la profession d’avocat au bailliage pendant dix ans, fut membre du conseil général de la commune en 1790, administrateur du district de Mirecourt en 1793.
En octobre 1795 il fut élu par 142 voix juge au tribunal civil des Vosges, puis en 1800 président du tribunal civil de Mirecourt. Conseiller général des Vosges, il fut élu député, en mai 1815, à la Chambre des Représentants, mais ne siégea que quelques semaines. Conseiller à la cour d’appel de Nancy en 1811 il devint, en 1816, président du tribunal civil de Saint-Mihiel, puis fut nommé de nouveau conseiller à la cour de Nancy ; il a été décoré de la Légion d’honneur en 1821 et admis à la retraite en 1831.
Estivant est mort à Nancy le 28 février 1829.
Son père était aussi avocat au bailliage de Mirecourt et son frère Joseph le fut également pendant de longues années.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
ESTIVANT (Claude-Charles) , avocat, magistrat et législateur
Mirecourt, 26 avril 1764 - Nancy, 28 février 1839
Il est le fils de Charles Estivant, avocat à la Cour et de Thérèse Regnier. Avocat à Mirecourt depuis dix ans lorsque la Révolution éclate, il participe à la rédaction des cahiers de doléances du Tiers-état de sa ville natale, puis du bailliage avant d’être élu membre du conseil général de la commune en 1790, puis du district en 1793. En octobre 1795, il est élu par 142 voix juge au tribunal civil des Vosges, puis en 1800 à celui de Mirecourt.
Nommé conseiller général des Vosges le 16 floréal an XI (1803), il garde cette fonction jusqu’en 1817. Le 23 février 1811, il est promu conseiller à la Cour impériale de Nancy et le 13 mai 1815, il est élu par l’arrondissement de Mirecourt représentant à la Chambre des Cent-jours. Il devient en 1816 président du tribunal civil de Saint-Mihiel avant de revenir conseiller à la Cour d’Appel de Nancy et d’être admis à la retraite en 1831.
Bibl. : Robinet.
Bouvier, p. 104.
Annuaire des Vosges, 1842, p. 160-162.
[Pierre Heili].