Antoine FUSI ou FUZY

[ Épinal (88) , 11/04/ 1560 – Romainmôtier (Suisse) , 1628 ]

ecclésiastique

Biographie vosgienne

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

FUSIL Antoine.- Né à Épinal, le 11 avril 1560, entra dans la société de Jésus à l’âge de 17 ans, et en fut exclus trois ans après pour avoir développé quelques considérations sur l’autorité du pape. Il fixa alors son domicile à Paris, où il prit le bonnet de docteur de Sorbonne, et fut nommé successivement curé de Saint-Gilles, de Saint-Leu, prédicateur et confesseur de la maison du roi.

Ayant soutenu, dans ses discours, que les enfants morts sans baptême n’étaient point privés de la vue de Dieu, il fut censuré par l’Église, et condamné à une rétractation publique. La causticité de son esprit lui attira de puissants ennemis, et malgré sa position élevée, le lieutenant criminel instruisit contre lui, et le parlement le déclara coupable de sortilège, hérésie et paillardise. Après avoir passé cinq années dans les prisons, Fusil se réfugia à Genève, où il se maria après avoir embrassé le protestantisme.

Il eut un fils qui se fit turc pour échapper aux poursuites que l’ambassadeur de France voulait faire exercer contre lui, à l’occasion d’un crime dont il s’était rendu coupable.

Fusil est mort à Genève dans un âge très avancé. Il est l’un des trois docteurs de Sorbonne, qui accompagnèrent au supplice l’assassin de Henry IV.

Il est auteur des ouvrages suivants :
- Factum pour M. Antoine Fusil, docteur en théologie, etc. ; contre M. Vivian et autres marguilliers de Saint-Leu. Paris, in-8°. C’est une justification contre les faits d’hérésie dont il était accusé.
- Le Mastigafore, ou le Précurseur du Zodiaque [Note 1] ; Paris, in-8°; 1609. Cet écrit, extrêmement caustique, est encore une justification [Note 2].
- Le Franc-Archer de la vraie église, contre les abus et énormités de la fausse ; Paris, 1619 ; in-8°; dédié à Jacques 1er, roi de la Grande-Bretagne. Cet ouvrage est une défense du protestantisme contre le catholicisme.

On a écrit contre Fusil :
- Déclaration et décret de la Sorbonne de Paris, etc. ; contre les impiétés de M. Antoine Fusil. Paris,1619.
- Et La Banqueroute de M. Antoine Fusil, devenu apostat à Genève. Paris, 1619.

 

Note 1 : L’ouvrage annoncé sous ce titre n’a pas paru.

Note : Le Mustigafore est d’une rareté excessive. La bibliothèque royale en possède un exemplaire, qui est peut-être unique.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

FUSIL (Antoine), né à Épinal le 11 avril 1560, mort à Genève dans un âge très avancé.

Il entra à l’âge de 17 ans dans la société de Jésus, et prit le bonnet de docteur de Sorbonne, fut nommé curé de Saint-Gilles, de Saint-Leu, prédicateur et confesseur de la maison du roi. Son caractère bizarre et caustique lui attirèrent bien des haines. On l’accusa de sortilège et d’hérésie et fut enfermé pendant cinq années.

Après sa détention, il partit pour Genève où il se maria, et embrassa le protestantisme ; il eut un fils qui se fit mahométan. Fusil fut un des trois docteurs qui accompagnèrent au supplice de Ravaillac, assassin de Henri IV.

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

FUSIL Docteur Antoine.- [Né à Épinal en] 1560. Entré dans la société de Jésus, il s’en fit exclure pour ses opinions trop hardies. Il alla étudier en Sorbonne, à Paris, où il devint prédicateur de la maison du roi.

La causticité de son caractère lui attira des ennemis ; censuré pour l’hétérodoxie de ses principes, il fut condamné à une rétractation publique. Le lieutenant criminel instruisit contre lui ; le parlement le déclara coupable de sortilège et d’inconduite, et, après avoir passé cinq ans dans les prisons, il se réfugia à Genève, où il se maria publiquement.

Il mourut dans un âge très avancé. Il avait eu un fils qui se fit musulman, pour échapper à la punition d’un crime dont il s’était rendu coupable. Digne fils d’un tel père !

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

FUSIL (Antoine).- Né à Épinal le 11 avril 1560, le père Fusil entra dans l’ordre des Jésuites en 1577, en sortit en 1580. Il devint prêtre et professeur en Sorbonne, puis curé de l’église St-Gilles et St-Leu, à Paris.

Il fut aussi prédicateur et confesseur du roi et assista Ravaillac, l’assassin d’Henri IV, conduit à l’échafaud. Censuré pour des théories peu orthodoxes et accusé d’hérésie, on l’emprisonna cinq ans, puis il se réfugia à Genève où il se fit protestant et se maria.

Il mourut à Genève.

Un de ses fils se fit mahométan.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

FUSI ou FUZY (Antoine), jésuite puis pasteur calviniste

Épinal, 11 avril 1560 - Romainmôtier, 1628


Entré dans la Compagnie de Jésus en 1580 ou 1582, il est inscrit à l’Université de Pont-à-Mousson en 1582 mais en est chassé en 1584 pour indiscipline. Il se retrouve, de 1590 à 1595, étudiant à l’Université de Louvain, puis à Paris où il coiffe le bonnet de docteur en Sorbonne. Il obtient le titre de protonotaire apostolique, une charge de confesseur de la Maison du Roi et la cure de Saint-Barthélemy de Paris. Il aurait assisté Ravaillac au pied de son échafaud le 27 mai 1610.

Sa vie privée et ses idées peu orthodoxes lui valent un procès en hérésie de la part d’un maître de la Chambre des Comptes, marguillier de l’église Saint-Leu-Saint-Gilles, dépendant de la cure de Saint-Barthélemy. Sont alors mis en avant sa vie en concubinage avec une femme dont il a plusieurs enfants et son opinion selon laquelle les enfants non baptisés accèdent à la béatitude céleste.

Fusi publie un pamphlet violent contre son dénonciateur : Le Mastigophore ou précurseur de Zodiaque, 1609. Arrêté en 1612 et enfermé au Grand Châtelet, il est condamné par la Sorbonne, interdit a sacris par l’official, privé de ses bénéfices et ses enfants déclarés bâtards.

Il fait appel devant l’archevêque de Sens et devant le Primat des Gaules le 16 mars 1615. L’échec de cet appel le conduit à s’exiler à Genève et à adopter le calvinisme. Il épouse le 11 juillet 1619 Elisabeth Janvier, obtient le 20 juin 1620 des lettres de bourgeoisie et est employé comme pasteur à Romainmôtier de 1625 à sa mort.

Il a publié en 1619 un écrit de controverse religieuse : Le franc archer de la vraye Église contre les abus et énormités de la fausse.


Bibl. : Dictionnaire de biographie française, publié sous la dir. de M. Prévot, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert, Paris, Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome XIV, col. 1472.
Haag.- La France protestante, Paris, 1888, tome VI, col. 761-766.

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