1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
FOURIER (Jean), jésuite, recteur d’université, provincial
Xaronval, vers 1559 - Saint-Mihiel (Meuse), 26 janvier 1636
Destiné à l’état ecclésiastique, Jean Fourier quitte la ferme familiale pour débuter l’étude des lettres avec un bénédictin, curé de Dommartin-les-Remiremont et, à la fin de 1575, part terminer ses humanités et commencer sa philosophie à l’université de Pont-à-Mousson. Il décide d’entrer dans le sein de la Compagnie de Jésus et est reçu au noviciat de Verdun en décembre 1577.
C’est à Rome qu’il étudie la philosophie de 1579 à 1582, puis il revient l’enseigner au collège des Godrans à Dijon jusqu’en 1587, date à laquelle il retourne à Rome pour ses études de théologie. A son retour en Lorraine, il est ordonné prêtre et devient professeur de théologie à l’université de Pont-à-Mousson en 1591. Docteur en théologie en 1592, il continue son enseignement et y retrouve son cousin Pierre Fourier, dont il devient le directeur de conscience ; en 1597 il le pousse à accepter la pauvre cure de Mattaincourt.
Principal du pensionnat jésuite en 1594, il est promu recteur de l’université le 14 janvier 1596. Sa rectitude, son exigence morale mais aussi son ascendant sur les jeunes lui aliènent l’amitié de certains confrères. Le général des Jésuites le met en surveillance dans un collège des Pays-Bas puis, convaincu qu’il avait été calomnié, lui confie en 1599 les charges de préfet des études au collège d’Avignon et de consulteur du provincial. Détaché à Thonon, il fait la connaissance de François de Sales. Jean Fourier est nommé ensuite recteur du collège de Chambéry, noue des liens de confiance avec François de Sales devenu évêque de Genève, et s’occupe de la publication de L’Introduction à la vie dévote qui parait en 1609.
Jean Fourier devient recteur de l’université d’Avignon de 1609 à 1615 puis, de 1615 à 1618, chancelier de l’université de Tournon, ensuite préfet des études et à nouveau recteur d’Avignon de 1618 à 1620. Il effectue des missions dans les Cévennes protestantes et en 1621 il est nommé provincial de Lyon. Il s’emploie à faire ouvrir des collèges et des maisons à Arles, Aix, Grenoble, Salins, Pontarlier. Enfin, en 1627, il assure le gouvernement de la province de Champagne et en 1631 il refuse la direction de la province d’Aquitaine, alléguant son âge, et il devient supérieur de la résidence de Saint-Mihiel. Il s’emploie à des missions jusqu’en 1635, ensuite la maladie le retient à Saint-Mihiel. Il a l’occasion et le plaisir d’y rencontrer son cousin Pierre Fourier, accueilli par les soeurs de sa congrégation, notamment en septembre 1634.
Bibl. : Dictionnaire de biographie française, publié sous la dir. de M. Prévot, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert, Paris, Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome XIV, col. 776-778.
[Albert Ronsin].