Catherine DE BAR

[ Saint-Dié (88) , 31/12/ 1614 – Paris (75) , 06/04/ 1698 ]

ecclésiastique

En religion : Mectilde du Saint-Sacrement. Fondatrice de la Congrégation des Bénédictines du Saint-Sacrement.

Biographie vosgienne

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

MECTHILDE Catherine.- Née à Saint-Dié le 31 décembre 1619, morte à Paris le 6 avril 1698. Entra au monastère des dix vertus à Bruyères en 1631. Les guerres de Lorraine ayant obligé les religieuses de quitter cette ville en 1635, elle passa quelques années à Commercy, à Saint-Dié et à Rambervillers.

Elle se retira ensuite à Paris, et fonda sous le titre de Bénédictines de l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement, un ordre de religieuses qui a été fort répandu et a eu des maisons dans la plus grande partie de la France et même en Pologne. Catherine Mecthilde réunissait à un mérite incontestable un caractère d’une persévérance constante pour le bien.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

MECTHILDE (Catherine), née à Saint-Dié le 31 novembre 1619, morte à Paris le 6 avril 1698, institutrice des dames bénédictines de l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement ; elle se consacra à Dieu dans le monastère des Dix-Vertus, au faubourg de Bruyères, en 1631, sous le nom de Sœur Saint-Jean.

Après bien des vicissitudes occasionnées par les guerres de Lorraine, Catherine se retira à Paris où elle fonda un ordre de religieuses sous le nom de Bénédictines de l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement, qui se répandit immédiatement dans les villes de Paris, Toul, Nancy, Bayeux, Caen, Dreux et autres, ainsi qu’en Pologne, à Varsovie.

Cette femme toute chrétienne est morte dans son monastère de Paris. Les constitutions de sa maison sont confirmées en 1668 par le cardinal de Vendôme, légat en France, et de nouveau par le pape Innocent XI en 1676 et par Clément XI en 1705.

1879 — Biographie alsacienne-lorraine / A. Cerfberr de Médelsheim

BARE Catherine, dite la mère Mathilde.- Institutrice des bénédictines de l’Adoration perpétuelle, née à Saint-Dié.

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

BARRE Catherine, dite sœur Mecthilde.- […] une de ces grandes âmes, que Dieu donne de temps à autre à son Église, pour faire briller les merveilles de sa grâce, à Catherine Barre. Née en 1614, fille de Jean Barre et de Marguerite Guyon, elle reçut le nom de Catherine au baptême. Elle perdit l’usage de la vue dans une maladie, à l’âge de huit ans ; mais heureusement elle le recouvra. Le récit navrant des sacrilèges commis par les hérétiques, toucha si vivement sa jeune âme, qu’animée d’un zèle ardent pour l’honneur du plus auguste des mystères de l’amour divin, elle s’offrit à la divine Majesté en victime d’expiation. Elle entra chez les Annonciades, à Bruyères, en 1631, à l’âge de dix-sept ans.

Arrivèrent bientôt d’effroyables désastres : en 1635, la ville fut prise par les Suédois, et les religieuses furent contraintes de fuir devant le torrent fanatique et furieux qui ravageait la Lorraine, et d’errer dans le monde, à la merci de tous les orages. Accueillie, au bout de deux ans, au monastère des Bénédictines de Rambervillers, qui se trouvaient sous la protection de la France, alliée des Suédois, elle y fit sa profession sous le nom de soeur Mecthilde ; mais la paix dont elle jouit ne fut pas de longue durée. La tempête, qui l’avait chassée de Bruyères la chassa encore de Rambervillers, devenu la proie des armées allemande et lorraine, et la pauvre fugitive se trouva de nouveau errante au sein du monde, en proie à tous les besoins. Rien ne put abattre son courage ; elle fut recueillie, à Paris, par les soins du charitable Vincent de Paul, la providence des infortunés Lorrains, et elle put réunir à Saint-Maur ses consoeurs dispersées en divers lieux.

Ces épreuves aboutirent à la réalisation d’une pensée intime, qu’elle nourrissait depuis sa jeunesse, c’était de fonder l’adoration perpétuelle du Saint Sacrement, qui commença en 1652. Ce fut alors un déchaînement de toutes les passions contre cette pauvre mère : on eût dit que tous les démons de l’Enfer se fussent réunis pour faire échouer son oeuvre réparatrice. Cette grande âme garda une paix profonde au milieu de toutes les attaques. Le Seigneur, a-t-elle dit à ce propos, me fait une grâce qui n’est pas petite, c’est qu’en tout je trouve que ceux qui me blâment, ont raison : que Dieu fasse son oeuvre en m’anéantissant. Sublime antilogie, qui confond l’orgueil humain ! Le bonheur suprême de cette âme, taillée sur le type de saint Paul, était à se voir détruire et consumer en victime de son amour pour Dieu. Aussi Dieu combla-t-il son institut des plus abondantes bénédictions. Elle put, de son vivant, établir sept monastères de ses filles du Saint-Sacrement.

La vénérable institutrice s’immola définitivement : devenue victime d’expiation, elle porta les peines dues aux pécheurs, en son corps par des souffrances continuelles, en son âme par des angoisses affreuses, qui lui semblaient être un poison que l’Enfer lui versait à pleine coupe. Dieu fait son ouvrage, disait-elle, en m’anéantissant et en me détruisant, jusqu’aux fondements de mon être.

Ce séraphin de notre terre, animé de l’amour divin le plus pur dont une créature puisse être favorisée, s’endormit paisiblement dans le Seigneur, en 1698, à l’âge de quatre-vingt-trois ans.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

BAR (Catherine de), en religion Mechtilde du Saint-Sacrement, religieuse, fondatrice de la Congrégation des Bénédictines du Saint-Sacrement
(Saint-Dié, 31 décembre 1614 - Paris, 6 avril 1698)

Catherine de Bar. Née au sein de la famille Barre (mais Catherine adoptera toute sa vie la forme de Bar) qui compte sept enfants, elle est très tôt attirée par la vie religieuse. Elle entre chez les Annonciades de Bruyères en novembre 1631 et prend l’habit sous le nom de soeur Saint-Jean-l’Evangéliste. Sa vive piété incite ses compagnes à l’élire supérieure malgré son jeune âge, en 1635. Devant l’armée suédoise, les soeurs se réfugient à Badonviller puis s’installent à Commercy où soeur Saint-Jean-l’Evangéliste ouvre un pensionnat (1636). La peste atteint le nouvel établissement et beaucoup de soeurs meurent. Soeur Saint-Jean-l’Evangéliste se réfugie à Saint-Dié chez ses parents.

En 1639, elle entre chez les Bénédictines et le 2 juillet 1640 elle fait profession et prend le nom de Catherine de Sainte Mechtilde au couvent de Rambervillers. La même année, toujours à cause de la guerre, elle fuit Rambervillers, se retrouve à Saint-Mihiel où elle est secourue par des prêtres envoyés par saint Vincent-de-Paul pour secourir la population. Ce sont eux qui avisent l’abbesse de Montmartre de la détresse des bénédictines de Saint-Mihiel. En 1641, cette abbesse les accueille ; Mechtilde y subit l’influence mystique de Mère Charlotte Le Sergent.

Mechtilde est envoyée à Caen pour diriger le couvent Notre-Dame de Bonsecours de 1647 à 1650 puis, celui de Rambervillers s’étant reformé, elle y revient et est élue prieure. Dès l’année suivante, elle regagne Paris, la guerre s’étant rallumée en Lorraine.

Elle décide alors de créer un nouvel institut voué à l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement de l’autel et en rédige la Règle. Avec la protection de la reine Anne d’ Autriche et l’aide matérielle de Parisiens, s’ouvre rue Férou, en 1653, le premier monastère qui accueille les soeurs lorraines réfugiées à Paris et qui est transféré rue Cassette en 1658. L’institut est approuvé par le pape Alexandre VII le 20 septembre 1660. Plusieurs couvents acceptent la règle : celui de Toul (créé en 1664), de Rambervillers (agrégé en 1666), Notre-Dame de Consolation de Nancy (1669). En 1670, Louis XIV officialise les fondations et le pape Innocent XI érige l’institut en Congrégation et lui octroie de nombreux privilèges (1676). Les monastères se développent à la diligence de Mère Mechtilde : Rouen (1676), Paris rue Neuve Saint Louis (1684), Caen (1695), Chatillon-sur-Loing (1688), Varsovie (1688), enfin Dreux (1696).

Notons que Mechtilde souhaita établir à Saint-Dié le premier monastère lorrain de sa congrégation; elle avait l’appui du duc de Lorraine et des habitants mais le chapitre des chanoines s’y opposa.


Bibl. : Daoust (J.).- Catherine de Bar, mère Mechtilde du Saint-Sacrement, Paris, Téqui, 1979.
D.B.F., tome V, col. 111, 113.
Pfister (C.).- Catherine de Bar, sa vie et son œuvre, in Bulletin de la Société Philomatique Vosgienne, tome 22, 1896-1897, p. 215-238.
Duquesne.- Vie de la vénérable mère Catherine de Bar, 1775.


[Albert Ronsin].

Nouvelle recherche