Naissance le 3 avril à Mirecourt (Vosges). Il est le fils d’un juge de paix.
Lauréat des concours généraux des lycées, il fait de brillantes études au collège Rollin à Paris.
1878
Ses études en droit à la faculté de Paris sont sanctionnées par la licence, le 10 août. Le 2 décembre, il s’inscrit au barreau de l’ordre des avocats de Caen.
1879
Il débute dans l’administration préfectorale comme chef de cabinet du préfet du Calvados le 25 décembre.
1880
Du 1er au 10 décembre, il est chef de cabinet du préfet de l’Eure. Le 11 décembre, il entre dans la magistrature en qualité de substitut du procureur de la République près le tribunal civil de Tonnerre.
1883
A 25 ans, par décret du 8 février 1883, il est nommé procureur de la République près le tribunal de Saint-Calais.
1884
Le 14 juillet, il reçoit le brevet d’officier d’académie. Le 24 novembre, il est nommé substitut de 1ère classe au tout nouveau tribunal de Tunis.
Il entre dans la magistrature, est nommé président du tribunal civil à Saint-Quentin.
Procureur à Boulogne-sur-mer.
Avocat général à Rennes, puis à Douai.
1888
Il devient le premier procureur de la République française dans le Sahel tunisien (du 5 mai 1888 à octobre 1892). Chargé de la création et de l’organisation du tribunal civil de Sousse, il déclare dans un discours prononcé le 19 novembre 1888 devant les premiers assesseurs : "Vous oublierez si celui qui est devant vous est français ou étranger, s’il est catholique ou musulman. Vous ne vous rappellerez qu’une seule chose, c’est qu’il y a là un accusé, et que quelles que soient sa nationalité ou sa religion, sa langue ou son costume, il a droit à la même part de votre justice et de votre indépendance" (cité par L’Avenir de Sousse, 23 novembre 1888).
A Sousse, "au cours de [cette] période 1888-1898, les autorités politiques et judiciaires mettent en œuvre une stratégie d’ensemble pour donner de la justice française une image hautement valorisante. C’est à des juristes chevronnés autant qu’à des magistrats d’une trempe particulière que le garde des Sceaux et la Résidence générale vont confier le soin d’asseoir la justice française dans ces régions éloignées de la capitale tunisienne. Avant la première guerre mondiale, la plupart des magistrats, et particulièrement ceux qui ont exercé à Sousse dans les années 1888-1900, se font une idée particulière de la mission dont ils sont investis : culte du héros, réputation du magistrat intègre, placé au-dessus de tout soupçon, ce qui correspond, dans une large mesure, à la vérité. Parmi ces magistrats, certains sont animés d’un esprit missionnaire qui les amène à agir bien au-delà de ce que leur fonction leur dicte de faire. Louis Bossu, premier procureur de la République française dans le Sahel tunisien (mai 1888-octobre 1892) est le plus représentatif des magistrats de cette génération. Sous son mandat, la justice française de Sousse est fortement sollicitée par l’autorité politique, et, dans une certaine mesure, par l’opinion."
1891
Le 17 mai, le magistrat Louis Bossu, "serviteur de la justice républicaine, aurait bravé le danger, en se chargeant personnellement de mettre le criminel Erasmo Partenico sous les verrous : n’écoutant que son courage, le procureur aurait neutralisé Partenico au cours d’une descente de police effectuée dans la cabane du pêcheur sicilien. Le garde des Sceaux en personne est informé de cet exploit, largement rapporté par la presse locale".
Les deux paragraphes précédents trouvent leur source dans une communication d’Ali Noureddine, historien, professeur à la Faculté des Lettres de l’Université du Centre (Sousse) au colloque La Tunisie et ses étrangers (Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, 1er-2 novembre 1996), présentant un chapitre de sa thèse : La Justice pénale française sous le Protectorat (soutenue en juin 1998 à Tunis et publiée par L’Or du temps, septembre 2001).
1892
Le 5 février, il reçoit la rosette d’officier de l’instruction publique pour avoir créé à Tunis, avec Auguste Anterrien, le Journal des Tribunaux français de Tunisie, revue bi-mensuelle de législation et de jurisprudence en 1888, qu’il a dirigé seul pendant quatre ans. Le 8 octobre, le Gouvernement lui décerne une médaille d’honneur de 2e classe pour acte de courage et de dévouement dans le conflit cité plus haut. Le 18 octobre, il échange par décret le poste de président du tribunal de Saint-Quentin (attribué le 6 octobre) avec celui de procureur de la République à Boulogne-sur-Mer.
1894
Le 23 mai, il est candidat malheureux aux élections législatives à Neufchâteau. Une seconde tentative en 1902 aboutira à un nouvel échec.
1895
En juillet, mis en ballottage lors des élections pour le conseil général, dans le canton de Bulgnéville, il se désiste au second tour en faveur de son concurrent, dans un souci de concentration républicaine.
1897
Il fait restaurer la chapelle de Notre-Dame de la Compassion (XVI° siècle), à l’écart de Jainvillotte.
1900
Il est nommé procureur de la République à Reims.
Première publication.
1911
A Reims, le 16 mars, sa femme Marie Way, compositeur, professeur de piano et de violon, lui donne un fils : Jean, qui deviendra journaliste et historien.
1925
Procureur général à Chambéry.
Distingué généalogiste, il est en outre correspondant de plusieurs revues de Champagne et de Brie, d’Ardennes et d’Argonne, membre de la Société archéologique de Nancy.
1929
Décès à Jainvillotte (Vosges), le 11 mars.
Notices documentaires
1897 —
Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve
BOSSU Louis François Léon.- Né à Mirecourt le 3 avril 1857.
Procureur de la République près le tribunal civil de Boulogne-sur-Mer.
Officier de l’instruction publique. Commandeur du Nicham-Iftikar, de Tunisie.
Titulaire d’une médaille d’honneur en argent de 2e classe.
Lauréat des Concours généraux dés lycées, M. Bossu fit de brillantes études au collège Rollin à Paris.
Reçu licencié en droit par la faculté de Paris, le 10 août 1878, il se fit inscrire au barreau de l’ordre des avocats de Caen le 2 décembre 1878, puis il débuta dans l’administration préfectorale comme chef du cabinet du préfet du Calvados le 25 décembre 1879 et du préfet de l’Eure le 1er décembre 1880. Le 11 du même mois, il entrait dans la magistrature en qualité de substitut du procureur de la République près le tribunal civil de Tonnerre. A 25 ans, il était nommé procureur de la République près le tribunal de Saint-Calais, par décret du 8 février 1883, et il recevait le 14 juillet 1884 le brevet d’officier d’Académie. Le 24 novembre suivant, il était nommé substitut de 1re classe au tribunal récemment créé à Tunis et le Gouvernement Tunisien lui conférait le 4 juillet 1885, le brevet de commandeur du Nicham-Iftikar, pour services rendus dans la commission chargée d’organiser la législation immobilière tunisienne. Le 5 mai 1888, M. Bossu était envoyé à Sousse (Tunisie) comme procureur de la République, pour organiser le tribunal civil qui venait d’y être créé. Il y fondait bientôt la revue judiciaire de la Régence : Le journal des tribunaux français de Tunisie, publication qu’il dirigea seul pendant 4 années et qui a atteint aujourd’hui sa 9ème année d’existence. Cette création lui valut la rosette d’officier de l’instruction publique le 5 février 1892. La même année, le 8 octobre, le Gouvernement lui décernait une médaille d’honneur en argent de 2e classe, pour acte de courage et de dévouement dans un conflit entre Italiens et Français. Enfin, le 6 octobre 1892, il était appelé en France comme président du tribunal de Saint-Quentin, poste qu’il échangeait par décret du 18 du même mois avec celui de procureur de République à Boulogne-sur-Mer.
M. Bossu s’est présenté aux élections législatives le 23 mai 1894, dans l’arrondissement de Neufchâteau contre le prince d’Hénin-Liétard, comte d’Alsace, le général de division Thomas et trois autres candidats : resté seul des cinq candidats républicains au scrutin de ballottage comme ayant eu le plus grand nombre de voix au premier tour, il réunit sur son nom le 4 juin suivant 6 019 suffrages contre M. le prince d’Hénin-Liétard, rallié qui fut élu avec 7 200 voix. Depuis lors, en juillet 1895, cédant aux sollicitations de ses compatriotes du canton de Bulgnéville, M. Bossu accepta la candidature au conseil général dans ce dernier canton ; il obtint 870 voix contre M. Clément qui en obtint 907 ; il y eut ballottage, mais M. Bossu, dans un but de concentration républicaine, n’hésita pas à se désister au second tour en faveur de son concurrent.
M. Bossu passe chaque année ses vacances à Jainvillotte près Neufchâteau où il possède d’importantes propriétés.
Sources structurées
Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve
1897
1. Paris : A. Picard et fils, 1912.- In-8°, 13 p., pl.
Concerne la commune de Villargois. Extrait de la Revue d’Ardenne et d’Argonne.
Maisons barroises éteintes. La famille Moyer de Lescamoussier
(
1923 )
1. Paris : A. Picard, 1923.- In-8°, 61 p.
Extrait des Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc, tome 44.
Une famille du pays de Langres. Le poète St.-Lambert et ses ancêtres
(
1924 )
1. Paris : A. Picard, 1924.- In-8°, paginé 136-168, 189-201, tableau généalogique.
Maisons barroises éteintes. La famille de Cranne et un épisode du siège de Dun
(
1925 )
1. Paris : A. Picard, 1925.- 16 p. ; 26 cm.
Extrait du Bulletin de la Société des naturalistes et archéologues du nord de la Meuse, 3e et 4e trimestre 1925.
Maisons Barroises éteintes. La Famille de Sologures
(
1925 )
1. Paris : A. Picard, 1925.- 16 p. ; 23 cm.
Extrait du Bulletin de la Société des naturalistes et archéologues du Nord de la Meuse, 3e trim. 1925.
L’Ermitage de Notre-Dame de la Compassion à Jainvillotte
(
1925 )
1. Longuyon : Impr. longuyonnaise ; Paris : Auguste Picard, 1925.- In-8°, 39 p.
Concerne la commune de Jainvillotte dans les Vosges.
Ermitages de la région de la Mothe. Ermitage de N. D. de l’Annonciation d’Offrécourt
(
1926 )
1. Paris : A. Picard, 1926.- In-8°, 15 p.
La Branche des Failly du Hainaut
(
1927 )
1. Paris : Auguste Picard, 1927.- In-8 °, 23 p.
Extrait du Bulletin de la Société des naturalistes et archéologiques du nord de la Meuse, 4e trimestre 1926.
L’Hermitage de Saint-Joseph, à Harréville
(
1927 )
1. Paris : Auguste Picard, 1927.- In-8, 10 p.
Extrait de la Revue de Champagne et de Brie, janvier, février, mars 1927.
Les Gascons d’Armagnac au secours du duc René
(
1927 )
1. Nancy : impr. A. Humblot et Cie ; Paris : Auguste Picard, 1927.- In-8, 16 p.
Extrait du Bulletin de la Société d’archéologie lorraine, N° 4-6, avril-juin 1927, p. 44-56.
L’Ermitage de Notre-Dame de Bellefontaine, à Bourmont
(
1927 )
1. S. l. : s. n., 1927. (23 mai.).- In-4 °, 8 p.
Les Lorrains en Corse. La Colonie des Porettes
(
1927 )
1. Metz : les Arts graphiques de Metz ; Paris : Auguste Picard, 1927.- In-8, 20 p.
Extrait de l’Annuaire de la Société d’histoire et d’archéologie lorraine, Tome XXXVI, 40e année, 1927. In-8°, 430 p.
Les Villelongue d’Epiez
(
1928 )
1. Paris : A. Picard, 1928.- In-8 °, 46 p.
Extrait du Bulletin de la société des naturalistes et archéologues du nord de la Meuse, 3e trim. 1927.
Les Ermitages de Sommerécourt et de Nijon
(
1928 )
1. Paris : A. Picard, 1928.- In-8°, 9 p.
Extrait de la Nouvelle revue de Champagne et de Brie, octobre-décembre 1927.
Ermitages vosgiens de la région de La Mothe
(
1928 )
1. Paris : A. Picard, 1928.- In-8 °, 52 p.
Extrait des Mémoires de la Société d’archéologie lorraine, 1928.
Ermitage de Sainte-Anne à Hâcourt
(
1928 )
1. S. l. n. d.- In-4 °, 6 p.
Ermitages de la région de La Mothe.
Les Villelongue de la branche aînée
(
1929 )
1. Paris : Auguste Picard, 1929.- In-8 °, 75 p. et tableau.
Référence suggérée : ecriVOSGES, « Louis François Léon BOSSU », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=24 (consultée le 28 août 2026).