Dieudonné THIEBAULT *

[ Rupt-sur-Moselle (88) , 26/12/ 1733 – Versailles (78) , 05/12/ 1807 ]

Écrivain. Membre de l’Académie de Berlin.

Auteur vosgien

1733
Fils de cultivateurs aisés, il naît le 26 décembre à La Roche, hameau du Ban de Longchamp (aujourd’hui Rupt-sur-Moselle, dans les Vosges).

Il est élevé par les jésuites qui le pressent d’entrer dans leur ordre, ce qu’il fait en 1752 sans recevoir toutefois la prêtrise.
1752
Thiébault professe d’abord les humanités et le latin dans divers collèges de sa compagnie (Nancy, Bar-le-Duc, Châlons, Chaumont), se livre en même temps à des travaux littéraires et écrit des poésies françaises et latines : il compose une tragédie chrétienne, ainsi qu’un pamphlet destiné à combattre les parlements de province.
1761
Il quitte l’habit de jésuite et se met à étudier le droit : il rêve de devenir avocat à Colmar. Mais, s’étant rendu quelque temps après à Paris, il change d’avis et décide de suivre la carrière des lettres.
1765
Entré en relation avec les hommes les plus distingués du parti philosophique, il commence à se faire connaître par quelques ouvrages écrits avec une extrême facilité et obtient, en 1765, sur la recommandation de d’Alembert et de d’Olivet, la chaire de grammaire générale à l’École militaire de Berlin.
1769
Dieudonné Thiébault s’est marié avant de partir pour Berlin. Son fils Paul Charles Dieudonné, baron Thiébault, y naît le 14 décembre (il décèdera en 1846).

Parfaitement accueilli par Frédéric II de Prusse, il gagne bientôt entièrement la confiance du roi, devient le lecteur de tout ce que ce prince envoie a l’Académie, le correcteur d’un grand nombre de ses ouvrages et l’éditeur de presque tout ce qu’il fait imprimer. Pendant vingt ans, Thiébaut vit dans l’intimité de ce souverain, qui lui donne une pension et une place à l’Académie.
1784
Il revient se fixer en France, où il retrouve Charles Nicolas Deslon, originaire comme lui de la haute vallée de la Moselle. Celui-ci est alors médecin du comte d’Artois, célèbre en raison de ses expériences sur le magnétisme. Dieudonné Thiébault publie une brochure destinée à vulgariser cette prétendue science.

Il rédige alors deux projets, l’un sur la formation d’une compagnie d’assurance contre l’incendie, l’autre sur la réorganisation de la librairie. Le premier, qui sera réalisé plus tard, est repoussé alors comme inexécutable ; le second, au contraire, plut tellement à M. Vidaud de La Tour, directeur de la librairie, que celui-ci le nomme chef de ses bureaux (1785), place à laquelle il joint ensuite celle de garde des archives et inventaires du garde-meuble de la couronne.
1789
Lors de la convocation des assemblées nationales et provinciales, il reçoit le privilège de créer l’unique journal autorisé à parler des travaux de ces assemblées, et est chargé, au commencement de la Révolution, de la direction de la librairie.

Peu après, il perd les diverses fonctions qu’il occupe ; mais, comme il est très favorable aux idées nouvelles, il devient successivement inspecteur des rôles à Épinal, commissaire pour la réunion du Tournaisis à la France, directeur d’une poste aux chevaux, chef du secrétariat du Directoire et président de l’École centrale de la rue Saint-Antoine, où il enseigne la grammaire générale (1799).
1803
Enfin, en 1803, il est nommé proviseur du lycée de Versailles.
1807
Décès à Versailles le 5 décembre.

D’après le Grand Dictionnaire universel du XIX° siècle, par Pierre Larousse, et la notice de Georges Poull dans Les Vosgiens célèbres (Gérard Louis éditeur, 1991).


Voir aussi : http://ub-dok.uni-trier.de/argens/pic/pers/Thiebault.php
et http://ub-dok.uni-trier.de/argens/texte/about/thiebault.htm

Il faut ajouter à la bibliographie qui suit les mémoires insérés dans le Recueil de l’Académie de Berlin, les articles publiés dans le Journal littéraire de cette ville (1772-1776) et dans le Journal de l’instruction publique (1793-1794).

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