STEINHEIL (Georges).- Né à Strasbourg en 1818, il devint manufacturier à Rothau. Élu député des Vosges à l’Assemblée nationale le 12 février 1871, le 8e sur 8, par 21 290 voix, il vota contre la paix et donna sa démission le 15 mai 1872. Il fut remplacé par M. Méline. M. Steinheil est chevalier de la Légion d’honneur depuis le 12 août 1868.
STEINHEIL (Gustave) , manufacturier, député des Vosges
Strasbourg, 19 décembre 1818 – Rothau, 8 février 1906
Né au sein d’une famille protestante originaire de Ribeauvillé, il est le fils d’un employé du magasin d’étoffes de Matthias Pramberger, dont l’épouse et l’attente de cet employé. Gustave, seul garçon de cette famille qui compte quatre filles, fait ses études au gymnase protestant de Strasbourg et, en 1834, il est envoyé dans une école commerciale de Leipzig.
De 1837 à 1841, il travaille soit dans les usines de Rothau, soit dans des maisons de commerce à Sainte-Marie-aux-Mines, Paris ou Rouen.
En 1842, il revient à Rothau pour y prendre la place de directeur des usines Pramberger, dont s’occupe sa grande tante, Mme Veuve Pramberger. À son décès en 1847, il en hérite avec ses sœurs et constitue avec son beau-frère, Christophe Dieterlin, une société pour l’exploitation des usines.
Il est nommé maire de Rothau en juillet 1852 et démissionne lors de l’annexion des deux cantons vosgiens de Saales et Schirmeck à l’Allemagne en 1871.
Il est élu représentant à l’Assemblée nationale par la circonscription de Saint-Dié le 8 février 1871 et siège au sein de la Gauche démocratique.
Pour ne pas abandonner les usines, il opte pour la nationalité allemande tandis que ses collaborateurs Lederlin et Dieterlin viennent s’établir dans les Vosges françaises, et il démissionne de sa charge de député le 15 mai 1872.
Il se consacre alors entièrement à son travail de directeur d’usine et à des travaux de théologie. Il est attentif aux conditions matérielles et morales des ouvriers et penche vers le christianisme social.
Il avait épousé Emma Eyth (+ 1885) le 28 janvier 1847 et le couple eut huit enfants, dont deux garçons.
Il était chevalier de la Légion d’honneur depuis le 12 août 1868.
Bibl. : Robert.- Dictionnaire des parlementaires français 1789-1889, tome VII, p. 343.
Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 514.
Dieterlin (Pierre).- Gustave Steinheil 1818-1906.- Strasbourg, Paris, 1908.
Le membre le plus connu de cette grande famille est sans conteste Gustave Steinheil, industriel, maire, député, paroissien très actif. Il naît à Strasbourg de l'union de Gustave (1788-1856), employé dans le magasin d'étoffes de Matthias Pramberger, propriétaire d'usines à Rothau, et de Sophie Beck, nièce de madame Pramberger. Gustave Steinheil fait ses premières études au Gymnase protestant à Strasbourg. Son professeur et futur beau-frère, Henri Bœgner, épousera en secondes noces sa sœur aînée, Pauline. Paul, le second enfant du couple Boegner-Steinheil, deviendra sous-préfet de Saint-Dié, puis préfet des Vosges à Épinal. Tandis que leur petit-fils, Marc, sera le célèbre pasteur Bœgner, membre de l'Académie française.
En 1834, Gustave Steinheil est envoyé à l'école de commerce de Leipzig. De retour en France, il effectue diverses formations et commence sa carrière chez sa tante, madame Pramberger, en 1842. Le 28 janvier 1847, il se marie avec Emma-Pauline Eyth (1824-1885) au Temple-Neuf de Strasbourg et le cercle familial s'agrandit avec les naissances d'Amélie-Cécile, Marie-Noémie, Maria, Hélène, Aimée, Gustave, Sophie-Alice et Robert. Cinq ans plus tard, les électeurs de Rothau l'appellent à la mairie où pendant dix-huit ans, il assure les fonctions de premier magistrat. L'apogée de sa brillante carrière est sans nul doute en 1867 à Paris, lors de l'Exposition universelle. Son entreprise obtient les plus hautes récompenses et lui-même reçoit la Légion d'honneur.
En 1847, après le décès de sa tante, il crée, en association avec son beau-frère Christophe Dieterlen et avec ses trois autres sœurs, la société en commandite G. Steinheil-Dieterlen & Cie, spécialisée dans le textile. Le 8 février 1871, Gustave Steinheil est le représentant des Vosges à l'Assemblée nationale, le huitième et le dernier de la liste. Il se rend à Bordeaux et s'abstient sur les préliminaires de paix, vote contre l'abrogation des lois d'exil, contre le pouvoir constituant de l'Assemblée et donne sa démission pour continuer à diriger son importante manufacture à Rothau. L'éminent Jules Méline le remplace le 12 octobre 1872. Membre de la chambre de commerce de Strasbourg, Gustave Steinheil s'éteint à Rothau le 8 février 1906, malgré les soins éclairés de ses deux filles, Marie-Noémie et Maria, restées célibataires. L'industriel, maire et parlementaire, repose au cimetière de Rothau, dans la concession Steinheil-Dieterlen.