La célébrité de la Femme à barbe grandit rapidement dans la région et assure une activité soutenue à son café et dont l’enseigne porte Café de la Femme à barbe. Partie à Paris en 1902 pour visiter la capitale, elle rencontre le directeur du cirque Barnum qui veut l’engager à 2000 francs par mois. Elle refuse à cause de l’état de santé de son mari mais, en 1903, elle accepte à la ménagerie Camiluis d’entrer dans la cage aux lions lors de représentations à la foire à Épinal, à Saint-Dié et à Charmes, au profit d’oeuvres de bienfaisance. En 1904 elle sollicite et obtient l’autorisation de porter des vêtements masculins. La vente de cartes postales la représentant à bicyclette, vêtue en homme, devant son café, lui assure d’importants revenus. Ne pouvant avoir d’enfant, elle adopte en 1919 une jeune orpheline, Fernande, et en 1922 le couple et l’enfant quittent Thaon, où leur maison est expropriée pour des raisons d’urbanisme, et vont s’installer à Plombières, où Paul Delait pourra être traité par les eaux thermales. Clémentine ouvre dans la cité une boutique de lingerie fine et de dentelles, très fréquentée. Elle rencontre à Vittel le roi d’Égypte et celui d’Espagne, à Contrexéville le shah de Perse. Elle décline toutes les invitations à voyager à cause de l’infirmité de son mari.
A la mort de ce dernier, en 1928, Clémentine, âgée de 63 ans et pesant 100 kilos, revient ouvrir à Thaon un Palace-Bar où chaque dimanche un orchestre joue. En 1930, libre de voyager depuis le décès de son mari, elle entreprend avec sa fille adoptive, devenue adolescente, plusieurs voyages pour se montrer en spectacle. En 1932, elle est engagée à Londres à l’Olympia pour six semaines, à Paris à Luna Park puis au Marigny, pour quatre mois, à Vichy pour la saison de 1933, enfin en Irlande à Belfast. Souffrant de rhumatismes, elle cesse de voyager en 1934 et les deux femmes se retirent dans un appartement à Thaon, vivant modestement des leçons de violon que donne Fernande. Celle-ci se marie en 1938 avec André Leclerc et tous habitent alors Épinal, place des Vosges, où Clémentine meurt l’année suivante.
Bibl. : Maffeis (M.-A.) : La Femme à barbe, une femme de chez nous ou histoire de Clémentine Clattaux épouse Delait 1865-1939, Thaon-les-Vosges, 1986.
[Albert Ronsin].
Sources structurées
Carte postale
1909
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
1990
Référence suggérée : ecriVOSGES, « Clémentine DELAIT, née CLATTAUX », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=4199 (consultée le 8 septembre 2026).