2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
GUILLON Louis (Constant Etienne)
(25 août 1887, Epinal - le 27 novembre 1947, Paris, 15e)
• Premier adjoint au maire de Thaon-les-Vosges de 1919 à 1924
• Maire de Thaon-les-Vosges de 1924 à 1929 et de 1935 à 1942
• Conseiller général du canton de Châtel-sur-Moselle de 1933 à 1942
• Député des Vosges de 1932 à 1936
• Sous-préfet de Brest de 1942 à 1942
• Préfet du Finistère de 1942 à 1943
• Employé d'industrie
• Marié, trois enfants
Peu de temps après la naissance de leur fils Louis, le couple Guillon demeure à Mirecourt ; puis en 1899, vient se fixer à Thaon-les-Vosges. Fils d'un employé des chemins de fer, le futur parlementaire fréquente l'école primaire jusqu'à l'âge de treize ans puis il quitte l'école pour aider ses parents et entrer
petit ouvrier à la blanchisserie thaonnaise. En août 1914, la mobilisation l'appelle au 158e régiment d'infanterie. Combattant au front, une grave maladie le fait évacuer à l'intérieur où les commissions de réforme le déclarant inapte au service, le font entrer dans les formations auxiliaires. Après des demandes réitérées, il parvient à repartir au front en septembre 1916 ; mais le mal qui le tourmente le renvoie dans les hôpitaux. En septembre 1917, il est définitivement réformé et regagne sa région où l'attend son épouse, née Jeanne Lutringer, qui lui donne trois enfants : Marie, Yonne et Monique.
Directeur des services commerciaux de la
Société de blanchisserie et de teinturerie de Thaon-les-Vosges (B.T.T), il entre au sein du conseil municipal local suite au décès d'
Armand Lederlin. Adjoint au maire, sa liste sort vainqueur le mandat suivant face au sénateur Paul Lederlin… et Louis Guillon prend les rênes de la cité. Administrateur commercial de l'
Union Féculière des Vosges, président de
L'Union nationale des coopératives agricoles, il est candidat aux élections législatives de 1924. Alors que les votes s'éparpillent sur six listes en présence, la liste
Union républicaine et Nationale de Louis Guillon obtient à elle seule 38 % des voix. Ces suffrages ne suffisent pas. Ils le placent immédiatement après le dernier élu, l'écrivain-historien
Louis Madelin.
En 1928, le maire de Thaon-les-Vosges subit un nouvel échec dans la circonscription de Mirecourt où
René Porterat est élu. Le 8 mai 1932, enfin, sous l'étiquette de
candidat républicain d'action sociale et agraire, Louis Guillon l'emporte au second tour de scrutin sur le député mirecurtien. Il s'est déclaré devant les électeurs, partisan d'une agriculture prospère aux côtés de l'ancienne industrie nationale et ennemi d'un
industrialisme exagéré en France qui à une vocation essentiellement agricole. Pendant son unique mandat, les problèmes de l'agriculture ont sa faveur : crise du blé, surveillance des grands établissements de minoterie. Non réélu au Palais-Bourbon en 1936, il reprend ses fonctions municipales, tout en conservant son mandat de conseiller général du canton de Châtel-sur-Moselle qu'il détient depuis trois ans, suite au décès du docteur Paul Richard.
Appelé à d'importantes responsabilités nationales, Louis Guillon quitte les Vosges. L'administration lui propose la préfecture de la Dordogne mais c'est à Brest qu'il endosse en 1942 l'habit de sous-préfet. Devenu préfet du Finistère en fin d'année, il est nommé quelques mois après conseiller national de l'Etat, commissaire du gouvernement auprès de la corporation nationale paysanne. Toute sa vie, Louis Guillon reste proche du monde agricole et ses connaissances lui permettent de devenir directeur de cabinet du ministre de l'Agriculture et du Ravitaillement, Pierre Cathala. Remarié à Nancy, en 1942, Louis Guillon s'éteint à Paris le 27 novembre 1947. Son corps est ramené auprès des siens au cimetière de Thaon-les-Vosges.