Jean Martin MOYË

[ Cutting (57) , 27/01/ 1730 – Trèves (Allemagne) , 04/05/ 1793 ]

ecclésiastique

Fondateur de la congrégation des Soeurs de la Providence.

Biographie vosgienne

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

MOYË (Jean-Martin), prêtre, missionnaire, et fondateur de la Congrégation des Sœurs de la Providence
Cutting (Moselle), 27 janvier 1730 – Trèves (Allemagne fédérale), 4 mai 1793


Jean-Martin Moyë. Sixième enfant de Jean Moyë et de Catherine Demange, il passa son enfance à Cutting, petit village du diocèse de Metz près de Dieuze, où il fut élevé très chrétiennement. Il fut envoyé à l’Université de Pont-à-Mousson, puis au collège jésuite de Strasbourg ; il rentra peu après au grand séminaire de Metz et fut ordonné prêtre le 9 mars 1754. Vicaire de Saint-Victor puis de Ste-Croix, il se distinguait par son esprit de pauvreté, ses pénitences continuelles, une vertu mystérieuse qui touchait les âmes, affermissait les justes dans le bien et convertissait les pêcheurs (Vie des Saints du diocèse de Saint-Dié).

Frappé par l’abandon scolaire dans lequel se trouvaient les enfants des hameaux, et ce, malgré les efforts passés de saint Pierre Fourier, Alix Le Clerc et du chanoine Vathelot, il fonda la Congrégation de la Providence, regroupant des sœurs enseignantes des campagnes, vivant dans l’humilité et la pauvreté. Jean-Martin Moyë, traité de prêtre exalté, fut inquiété par le Parlement, et l’évêque de Metz en vint à le déplacer à Dieuze (1764) : cet exil lui permit en fait de parachever l’organisation de la Providence.

En 1767, il fut appelé par Mgr Dieudonné de Chaumont de Mareil, grand prévôt de la collégiale de Saint-Dié, pour prendre la direction du séminaire de Saint-Dié fondé par le prélat. La mort de ce dernier interrompit cette nouvelle fonction de Jean-Martin Moyë, mais la connaissance qu’il avait faite à Saint-Dié du chanoine Raulin donna un nouveau souffle à la Congrégation de la Providence : grâce à l’appui de son nouveau protecteur, l’abbé Moyë multiplia les écoles dans la région de Saint-Dié, et un noviciat fût même établi dans la ville.

C’est alors que le fondateur de la Congrégation répondit à un attrait qui le sollicitait depuis longtemps : partir pour les missions de l’Extrême-Orient. Après 2 courts séjours au séminaire des Missions Etrangères à Paris, Jean-Martin Moyë quittait la France le 30 décembre 1771. Nommé par ses supérieurs vicaire apostolique du Su-Tchuen, il évangélisa cette province chinoise au milieu des tourments et des difficultés : son œuvre missionnaire s’inscrivait dans la tradition inaugurée par les Jésuites (respect et assimilation de la culture chinoise) et dans la ligne de conduite qu’il s’était fixée au départ (instruire les campagnes) ; il fonda alors l’organisation des Vierges chrétiennes pour les écoles (1773).

Le 2 juillet 1773, il rentrait en France ; présenté à la famille royale et à Madame Louise de France, il revint en Lorraine en 1784 ; il fonda 2 nouveaux noviciats pour les Sœurs de la Providence, ceux de Cutting et d’Essegney, qui s’ajoutèrent à ceux de Saint-Dié et de Siersthal (Lorraine allemande).

L’activité missionnaire et organisatrice de l’abbé Moyë était alors à son apogée. La Révolution le contraignit à l’exil (1790), et il se réfugia à Trèves, avec les religieuses qui l’avaient suivi, il consacra ses dernières forces à instruire et consoler les soldats blessés et mourants, victimes de la guerre qui faisait rage. Atteint par le typhus, il mourut en présence de l’abbé Feys, futur fondateur de la Maison de la Providence de Portieux. Le Père Moyë fut inhumé dans le cimetière de la paroisse Saint-Laurent de Trèves. En 1891, le titre de Vénérable lui était donné, et il fut béatifié le 21 novembre 1954.


Bibl. : Marchal (Abbé J.).– La vie de Mr. l’Abbé Moyë, Paris 1872.
Tavard (Père G.).– La Doctrine spirituelle du bienheureux Jean-Martin Moyë, Paris, 1984.
Vazemmes (F.).– Jean-Martin Moyë et le noviciat des Sœurs de la Providence à Essegney, in Le Pays Lorrain, 1976, n°2.
Lemoigne (F.-Y.).– Les filles de Moyë et la Recherche historique, in Les Cahiers Lorrains, avril 1976.


[ Jean-François Michel ]

Nouvelle recherche